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6 octobre 2014

Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard – Philippe Corcuff

Bonnes feuilles et entretien vidéo

Par Philippe Corcuff

 

 

En France aujourd’hui, ça schlingue comme dans un polar !

(extrait de l’introduction, pp.9-11)

 

Dans la France de 2014, les interférences entre des indices diversifiés nourrissent une légitime inquiétude humaniste et démocratique :

– le Front national de Marine Le Pen arrivé en tête aux élections européennes de mai ;

– un humoriste populaire, jadis opposant public au Front national, Dieudonné, qui joue avec les dérapages négationnistes et antisémites ;

– des essayistes médiocres comme Alain Soral et Éric Zemmour qui passent pour des intellectuels « rebelles » sur fond de xénophobie ;

– des amalgames islamophobes qui se répandent avec une certaine complaisance du côté des Z’élites politiques de droite et même parfois de gauche ;

– une ministre de la Justice, Christiane Taubira, cible de caricatures négrophobes d’un autre âge ;

– une homophobie et une nostalgie de la famille patriarcale qui s’épanouissent dans les « manifs pour tous » ou, plus exactement, dans les manifs contre l’égalité des droits ;

– une romophobie galopante ;

– les attaques contre l’égalité entre les sexes, orientées contre la prétendue « théorie du genre », avec les « Journées pour le retrait de l’école », initiées en janvier par Farida Belghoul, ancienne militante antiraciste de gauche et aujourd’hui alliée au « national-socialiste français » autoproclamé Alain Soral ;

– une manifestation dite « Jour de colère » qui réunit à Paris le 26 janvier des milliers de personnes aux rancœurs hétéroclites et parfois contradictoires ; ce que la journaliste de Mediapart Carine Fouteau a appelé fort justement « l’extension du domaine de la haine » (1) ;

– un espace public empli de discours diabolisant l’Europe (qu’on nomme souvent « allemande » dans des accès de germanophobie) et valorisant un repli national ; etc. etc.

 

Il y a aujourd’hui quelque chose de pourri au royaume dit « républicain » de France !

La triple lepénisation, soralisation et zemmourisation des esprits devient étouffante. Notre situation ressemble à celles décrites par le roman noir de tradition américaine, de Dashiell Hammett et Raymond Chandler à James Lee Burke et Dennis Lehane(2). Nous avons à nous coltiner le tragique de circonstances qui nous échappent et qui pourraient nous écraser. Osons dire tout d’abord que ça suffit !

Puis, en prenant du recul, comment pouvons-nous analyser ce climat idéologique et politique nauséabond ? Et comment tenter d’y réagir au mieux ? Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui restent attachés aux idéaux historiques de la gauche, qu’ils se sentent « réformistes » ou « révolutionnaires », soucieux de compromis, « antilibéraux » ou « anticapitalistes », étatistes ou libertaires, adeptes de la voie des urnes ou critiques radicaux des mécanismes des régimes représentatifs contemporains… et même au-delà de la gauche à ceux qui tiennent encore à des acquis républicains-démocratiques minimaux et à des repères humanistes (3).

 

les annees 30 reviennent corcuffPlan du livre

(extrait de l’introduction, pp.18-20)

 

Ce livre politique à tonalités pamphlétaires et nourri de ressources philosophiques, sociologiques et historiennes est divisé en cinq grandes parties.

La première partie commence à approfondir l’analogie avec les années 30, en puisant dans des travaux sociologiques et historiques, afin de mieux saisir la portée des parentés entre idéologie « révolutionnaire conservatrice » et fascismes d’hier, d’une part, et idéologie néoconservatrice et « postfascisme » d’aujourd’hui, d’autre part.

La deuxième partie ouvre les couvercles des marmites peu ragoûtantes d’une mangeaille idéologique néoconservatrice xénophobe-sexiste-homophobe-nationaliste en phase de cuisson en France aujourd’hui. Deux pôles sont identifiés : l’un plutôt porté sur les propos à connotations antisémites (comme Alain Soral), l’autre sur les interventions à connotations islamophobes et négrophobes (Éric Zemmour).

La troisième partie s’intéresse à l’installation, à travers des écrits diversifiés, d’une tyrannie du « politiquement incorrect » dans les espaces publics, facilitant la progression des discours néoconservateurs et participant à détourner la critique sociale à leur profit.

La quatrième partie s’arrête sur des ambiguïtés et des imprudences cultivées à gauche, productrices d’interférences dommageables avec le néoconservatisme. Des textes du philosophe Jean-Claude Michéa et du politiste Laurent Bouvet sont mis sur la sellette, comme des tendances dans les gauches les plus critiques et radicales à se replier sur la nation dans une diabolisation de l’Europe face à la phase actuelle de la crise du capitalisme.

La cinquième et dernière partie explore la dynamique propre du Front national et les réponses qui pourraient lui être apportées d’un point de vue de gauche.

Par ailleurs, cinq encadrés à visée pédagogique feront le point sur certains problèmes à teneur philosophique et/ou sociologique, de manière à éclairer la lanterne des non-spécialistes sans constituer des obstacles dans le cours de la lecture (ils peuvent être sautés, ou lus avant ou après la lecture du texte principal).

L’ensemble propose une vue globale des risques portés par « la période » (pour parler comme Merleau-Ponty), une radiographie ramassée, sans prétendre remplir toutes les cases, des processus en cours. Il s’agit surtout de dessiner quelques arêtes facilitant l’interprétation de ce qui est en train de se passer sous nos yeux. Pour que nous soyons moins nombreux à pouvoir nous placer dans le cas de figure pointé par Boltanski et Esquerre, si jamais les prévisions les plus sombres se réalisaient :

« Quant aux catastrophes qui s’ensuivront, chacun des témoins pourra dire, en toute bonne foi, qu’il ne les a ni voulues ni même anticipées. » (4)

 

La tyrannie du « politiquement incorrect »

(extrait de la troisième partie, pp.68-71 et p.84)

 

Cette troisième partie explore des postures paralysantes qui plombent la critique sociale au profit des schémas néoconservateurs et qui entretiennent la confusion idéologique. On a vu que le combat du prétendu « politiquement incorrect » contre le supposé « politiquement correct » constituait un axe partagé des Soral et autres Zemmour. Or cette figure va bien au-delà des cercles xénophobes pour exercer une tyrannie élargie qui prétend détenir le monopole de la rebellitude, sans avoir besoin le plus souvent de développer des arguments, d’enquêter sur des faits ou de préciser les appuis éthiques et politiques à partir desquels la critique est énoncée. Ce tuyau idéologique est susceptible de relier des segments de la « droite décomplexée » et de la gauche tourneboulée, de l’extrême droite et de la gauche radicale, de l’écologie réactionnaire et de l’écologie sociale. Comme « les non-conformistes des années 30 » étudiés par Jean-Louis Loubet del Bayle (5), les non-conformistes des années 2010 participent à brouiller les repères intellectuels et politiques.

Jean Birnbaum et Raphaël Chevènement ont montré que l’émission de Thierry Ardisson sur France 2 « Tout le Monde en parle » (1998-2006) a constitué un des premiers laboratoires de ce confusionnisme tétanisant :

« Or que raconte Ardisson ? Il parle des hommes, de leurs origines (« ethniques ») et de leur pouvoir (« occulte »). (…) Sur ce plateau, tout un monde fantasmagorique se trouve convoqué, où rien n’arrive au hasard, où l’ »omerta » demeure sans cesse à briser, et où la vérité, comme dans la fameuse série américaine X-Files, est toujours « ailleurs ». » (6)

Dans ce conformisme de l’anticonformisme, les significations sont renversées, puisque le stéréotype devient « levée des tabous », le brouillage confus des repères, « vérité », les diktats de la transgression obligatoire, « liberté »… :

« Thierry Ardisson a toujours présenté la liberté de parole comme la raison d’être d’une émission qui serait l’ultime refuge des vérités « interdites ». » (7)

La mise en scène télévisée de la quête infinie d’une « vérité » située toujours plus loin « derrière les versions officielles » et supposant toujours davantage de « transgressions » de « tabous » aboutit à un relativisme du « tout se vaut », où l’établissement patient et raisonné de vérités partielles et provisoires se perd dans les sables d’une désorientation généralisée :

« Un monde où l’absolue équivalence des discours rendrait toute pensée et toute parole vaines » (8).

On observe des parentés ici avec « les vertiges relativistes » propres au « négationnisme d’ultra-gauche » du début des années 80 (9) ou, plus récemment, avec le « relativisme hyperbolique » en jeu dans les provocations antisémites de Dieudonné (10). Une fois les notions de « vérité » et de « réalité » pratiquement dissoutes sous la férule d’un doute illimité, il ne reste qu’une posture consolidant le narcissisme de ces faux « rebelles » : le sentiment de faire partie de l’infime minorité dotée de « lucidité », contrairement à « la masse grugée », « manipulée » et « aliénée ».

 

La journaliste Élisabeth Lévy est aujourd’hui une figure médiatique de « la critique des médias », proche du néoconservatisme zemmourien. Elle est directrice de la rédaction du mensuel Causeur, feuille de chou de la propagande « anti-propagande ». Elle n’a pas toujours eu les traits du dogmatisme de « l’anti-dogmatisme » : je l’ai jadis connue jeune journaliste curieuse du monde (11).

 

Déjà en 2002, son pamphlet Les maîtres censeurs. Pour en finir avec la pensée unique (12) a accompagné l’émission d’Ardisson dans les premiers pas de l’idéologie du « politiquement incorrect ». La préface à la réédition en poche de l’ouvrage déploie en seulement 12 pages la lexicologie ambulatoire de cette nouvelle langue de bois : « maîtres censeurs », « l’étouffement du débat public », « sous une chape de vertu », « les grands prêtres de l’orthodoxie dominante », « bonne conscience habituelle », « la classe intellectuelle et médiatique », « bobos », « les médias unanimes », « les épurateurs d’aujourd’hui », « une défense de rire », « les avant-garde éclairées », « les gardiens de la bonne pensée », « vieille arme de guerre idéologique des élites contre le peuple », « propagandistes du monde nouveau », « escamoter le réel », « les représentants du journalisme officiel », « la censure », « une pensée dominante étouffant toute dissidence », « les propagateurs de la nouvelle foi », « le parti du Bien », « ex-soixante-huitards reconvertis dans le sans-frontiérisme béat », « la nouvelle religion », « les méthodes staliniennes », « les importants », « les moulins à vent du mensonge et du conformisme », « les bobards », « le nouvel ordre intellectuel », « la domination bruyante de petits imprécateurs », « campagnes d’intimidation », « le manichéisme », « les confortables certitudes du temps », « l’orthodoxie qui nous écrase »…Mazette, pour quelqu’un ayant eu toutes ces années pignon sur rue à la télévision, à la radio et dans la presse écrite ! […]

 

Une des grandes difficultés de la critique du « politiquement incorrect », c’est la circularité qui tend à protéger cette tyrannie idéologique de toute mise en cause. Car, dans le cadre de son jeu d’évidences, ce genre de critique ne peut être inspiré que par le « politiquement correct », ce qui constitue un indice supplémentaire de sa puissance et de la nécessité de le combattre… Ainsi le « politiquement incorrect » prétend avoir un monopole de la critique et être hors de portée de la critique. La critique a été victime d’un rapt. La reformulation de la critique sociale, en s’assurant davantage de ses appuis émancipateurs, apparaît plus que jamais d’actualité. Luc Boltanski a ouvert magistralement la voie en sociologie en 2009 avec son ouvrage De la critique. Précis de sociologie de l’émancipation (13). Parmi d’autres, j’ai poursuivi en empruntant le chemin de dialogues transfrontaliers entre sciences sociales, philosophie, cultures ordinaires (cinéma, chanson, polars, etc.) et mouvement sociaux (14).

 

Philippe Corcuff

 

_______

Notes :

(1) C. Fouteau, « Juifs, homos, Noirs, Roms, musulmans : l’extension du domaine de la haine », Mediapart, 14 février 2014, [http://www.mediapart.fr/journal/france/140214/juifs-homos-noirs-roms-musulmans-l-extension-du-domaine-de-la-haine].

(2) Voir P. Corcuff, Polars, philosophie et critique sociale, Paris, Textuel, collection « Petite Encyclopédie Critique », 2013, et « En ce moment en France, ça pue comme dans un polar », Rue 89 ; 16 novembre 2013, [http://www.rue89.com/2013/11/16/moment-ca-pue-france-comme-polar-247570].

(3) Les analyses présentées ici ont été esquissées lors de trois séances de l’Université Populaire de Lyon (http://unipoplyon.fr/) en février 2014.

(4) L. Boltanski et A. Esquerre, Vers l’extrême. Extension des domaines de la droite, Bellevaux, Éditions Dehors, 2014, p.14.

(5) J.-L. Loubet del Bayle, Les Non-conformistes des années 30 (1e éd. : 1969), Paris, Seuil, collection « Points Histoire », 2001.

(6) J. Birnbaum et R. Chevènement, La face visible de l’homme en noir, Paris, Stock, 2006, p.21.

(7) Ibid., p.199.

(8) Ibid., p.205.

(9) P. Corcuff, « Négationnisme d’ultra-gauche et pathologies intellectuelles de la gauche. Á propos d’un texte de Jean-Gabriel Cohn-Bendit de 1981 », dans P. Mesnard (éd.), Consciences de la Shoah. Critique des discours et des représentations, Paris, Kimé, 2000, p.270.

(10) F. Jobard, « La troublante séduction Dieudonné », Mediapart, 22 janvier 2014, [http://blogs.mediapart.fr/edition/politolog/article/220114/la-troublante-seduction-dieudonne].

(11) Voir P. Corcuff, « Si jamais vous retrouvez la vraie Élisabeth Lévy… », Rue 89, 24 février 2014, [http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/24/si-jamais-retrouvez-vraie-elisabeth-levy-250207].

(12) É. Lévy, Les maîtres censeurs. Pour en finir avec la pensée unique, Paris, éditions Jean-Claude Lattès/Le Livre de Poche, 2002.

(13) L. Boltanski, De la critique. Précis de sociologie de l’émancipation, Paris, Gallimard, 2009.

(14) P. Corcuff, Où est passée la critique sociale ? Penser le global au croisement des savoirs, Paris, La Découverte, collection « Bibliothèque du MAUSS », 2012.

 

 


 

Entretien vidéo avec Thierry Le Roy

 Télé Sud Est, 28 septembre 2014, 8 mn 45

 

 


 

 


 

 

Sommaire de Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard

Par Philippe Corcuff

 

Paris, Éditions Textuel, collection « Petite encyclopédie critique », 1er octobre 2014, 144 pages, 13,90 euros, ISBN : 978-2-84597-505-7

 

 

 

Introduction : Air du temps néoconservateur et risques « postfascistes »

En France aujourd’hui, ça schlingue comme dans un polar !

Une galaxie affinitaire face à l’actualité néoconservatrice

De l’analogie avec les années 30

Encadré 1 : La comparaison analogique comme outil d’analyse

Trames idéologiques et individus

Plan du livre

Encadré 2 : L’essentialisme comme rail savant et ordinaire peu visible

 

Partie I : Les années 30 reviennent ?

1 – Bourdieu et l’humeur idéologique « révolutionnaire conservatrice » de l’Allemagne de Weimar

2 – Coups de sonde dans quelques travaux historiques sur les années 30 en France

Noiriel et le « national-sécuritaire », d’hier à aujourd’hui

Loubet del Bayle et « les non-conformistes des années 30 »

Laborie et l’opinion publique troublée d’avant Vichy

Burrin et les processus de fascisation de Déat et Doriot

Encadré 3 : Théories du complot et tuyauterie conspirationniste

 

Partie II : Terreau idéologique pour un « postfascisme » : un néoconservatisme xénophobe, sexiste, homophobe et nationaliste

1 – Un pôle aux tendances antisémites : Alain Soral

Un antisémitisme obsessionnel

Les multiples complots du « Système »

Antiféminisme et homophobie

Un Peuple national et social contre les bobos sociétaux et antiracistes

Raisonnements et argumentations branlants

Tensions dans les thèses soraliennes

Encadré 4 : Islamophobie et antisémitisme : l’impasse Soral

2 – Un pôle aux dérapages islamophobes et négrophobes : Éric Zemmour

Le complot des femmes blondes, des Noirs et des Arabes contre les « petits Blancs »

Du complot Taubira au complot homosexuel

3 – Schémas néoconservateurs transversaux

 

Partie III : Tyrannie du « politiquement incorrect » et extension des domaines de la confusion

1 – Jeux troubles avec « l’affaire Dieudonné » : le cas d’Élisabeth Lévy

Perles rhétoriques de l’anti-« pensée unique »

Une ambiguïté ludique et glauque

Abus de tabous ou effondrement des tabous ?

2 – Alain Finkielkraut ou l’engrenage identitaire

Finkielkraut contrasté

De la doxa néoconservatrice à la célébration essentialiste de l’identité nationale

Finky contre Finky ?

3 – Séductions de la transgression : Daniel Schneidermann face au rire de Dieudonné

 

Partie IV : Des gauches intellectuellement tourneboulées

1 – Brouillages à gauche : Laurent Bouvet et Jean-Claude Michéa

Dans la galaxie du PS : Bouvet et les équivoques de « l’insécurité culturelle »

Socialisme populaire et ambiguïtés conservatrices chez Michéa

2 – La nation transformée en fétiche : quand des figures « critiques » paralysent les résistances internationalistes

Démondialisation : du Made in chauvin montebourgeois au brave soldat Todd

Lordon : un fast thinker aux glissades germanophobes

Ruffin ou le rebelle sous protectionnisme

Le marxisme national-magique de Durand, Keucheyan et Kouvelakis

Nation et internationalisme…dans une conjoncture périlleuse

 

Partie V : Dynamique socio-politique d’un « postfascisme » : le Front national, de Jean-Marie à Marine

1 – Mise en perspective historique et sociologique du FN de Marine Le Pen : en partant de Bourdieu

Un éclairage historique

Le moment « sarkozyste » et le relookage mariniste du FN

Encadré 5 : Luttes des classements et clivages sociaux pertinents dans la sociologie de Bourdieu

2 – Quels chemins pour combattre le FN ? Solutions erronées et pistes alternatives

Des réponses erronées à gauche

Pistes autour d’une question sociale élargie et pluralisée

Se coltiner les menaces du présent en se dotant de repères dans le passé et dans l’avenir

 

 


 

Philippe Corcuff est maître de conférences HDR de science politique à l’IEP de Lyon et membre du laboratoire CERLIS (Centre de recherche sur les liens sociaux, Université Paris Descartes/CNRS). Co-fondateur de l’Université Populaire de Lyon et de l’Université Critique et Citoyenne de Nîmes, membre du Conseil Scientifique de l’association altermondialiste ATTAC, il est aussi militant de la Fédération Anarchiste. Il a notamment publié Où est passée la critique sociale ? (La Découverte, 2012), La gauche est-elle en état de mort cérébrale ? (Textuel, 2012) et Polars, philosophie et critique sociale (Textuel, 2013).

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