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28 novembre 2013

Rencontre Grand Angle : Cédric Durand – Anselm Jappe

DE QUOI L’EUROPE EST-ELLE LE NOM ?

– 15 octobre 2013 –

 

Le débat a fait venir près de soixante personnes. Les présentations des auteurs étaient de grande qualité et l’échange contradictoire qui a suivi a porté sur des éléments d’analyse aussi essentiels qu’ignorés la plupart du temps par les commentateurs les plus autorisés. Ce genre de confrontation est rarissime.

 

 

Cédric Durand et Anselm Jappe parlent tous deux de « grande fatigue du capitalisme » (C. Durand) ou d' »épuisement de sa dynamique » (A. Jappe), mais ce qu’ils entendent l’un et l’autre par là les conduit à formuler des propositions politiques fort différentes. Cédric Durand appelle à sortir de l’euro et de l’Europe en raison, avance-t-il, de leur caractère intrinsèquement ou congénitalement néolibéral et aussi du fait de la quasi impossibilité de voir émerger un mouvement social européen « synchrone » capable de s’opposer à des instances dirigeantes jugées anti-démocratiques. Cette position n’est pas selon lui souverainiste, puisqu’il affirme ne pas croire qu’un État seul puisse faire face aux difficultés de l’heure dans le cadre d’un capitalisme mondialisé. Le retour à la nation ne serait d’abord et surtout qu’une façon de se dégager du corset néolibéral, un levier stratégique en somme qui doit déboucher le plus rapidement possible sur une internationale des prolétaires.

Anselm Jappe considère que les déficits démocratiques dénoncés s’observent précisément déjà à l’échelon national. Pour le représentant de la critique de la valeur, ces déficits sont en outre rigoureusement conformes à la logique capitaliste. Ainsi, le « césarisme » des décideurs répondrait à la crise « objective » du capitalisme, condamnée pour des raisons internes à prendre un tour toujours plus dramatique. Dans cet ordre d’idées, l’avènement du néolibéralisme signale moins l’arrogance retrouvée des élites du pouvoir et de l’argent que la fin irrémédiable de la prospérité fordiste. C’est d’ailleurs cette dernière et non le sens de la vertu des politiques qui a fait des « trente glorieuses » ce qu’elles ont été ou paru être. Anselm Jappe affirme donc qu’aucune alternative favorable aux populations ne saurait voir le jour dans le cadre du capitalisme, que sa réforme est impraticable.

Grand Angle libertaire vous propose de revisiter cette soirée riche en pistes qui se confrontent et à partir desquelles nous vous invitons à continuer le débat en vous exprimant dans la partie commentaires de cet article !

 

Rencontre Grand Angle - 15 10 2013

 

Cédric Durand est maître de conférences en économie à l’Université Paris 13 et participe à l’animation de la revue Contretemps. Il a coordonné  l’ouvrage « En finir avec l’Europe » (La fabrique,  2013).

 

Anselm Jappe enseigne la philosophie en Italie. Il est un théoricien de la « nouvelle critique de la valeur » et spécialiste de la pensée de Guy Debord. Son dernier ouvrage paru : « Crédit à mort : la décomposition du capitalisme et ses critiques« (Lignes, 2011).

 

 

 

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