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29 mars 2015

Révolutions précaires, un manifeste pour une écosophie du précariat | Cyprien Tasset

 

Rapport « compréhensif » d’un texte de Patrick Cingolani – séance 12 du séminaire ETAPE

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Par Cyprien Tasset

 

Doctorant en sociologie à l’EHESS

 

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Révolutions précaires est un essai de sociologie du possible. Sans être étayé à proprement parler sur une enquête originale, il s’appuie sur des entretiens menés dans le cadre d’une enquête collective en 2011 (Tasset et al., 2013), et prolonge un parcours profondément influencé par les philosophes Jacques Rancière et André Gorz. La thèse du livre est que l’avenir de l’émancipation doit être recherché du côté des « formes de liberté des précaires » (p. 87) [1]. Cette thèse résonne comme une provocation à l’encontre des connotations de pauvreté, de souffrance et d’injustice sociale qui sont attachées à la notion de précarité. La provocation est délibérée, parce qu’il y a lieu discuter de ce qu’on entend par « précaire », et que cette discussion n’est pas seulement une affaire de conventions de langage, mais implique un affinement du récit historique que l’on associe à cette notion. Celle-ci est polysémique, et sa polysémie découle de la conflictualité sociale qui se trouve à ses origines, et qui est trop souvent oubliée.

Cette discussion sur les mots et l’histoire sera le premier d’une série de sept points dans lesquels nous organisons l’exposé schématique des principales idées du livre, en insistant sur les pistes politiques qui y sont suggérées [2].

 
Ecosophie
 

Genèse de la précarité et ambivalence du salariat

 

  1. Cingolani a déjà montré dans son Que-Sais-Je ? sur la précarité (Cingolani, 2005) que les expressions de travail et d’emploi « précaires » se cristallisent à la fin des années 1970, notamment autour de la loi qui codifie les CDD, et symbolise une rupture de la dynamique d’unification d’une « société salariale » au sens développé par Robert Castel (Castel, 1995). Dans Révolutions précaires, il admet évidemment que le salariat équipé d’un droit du travail modelé par les luttes sociales a représenté un grand progrès largement partagé. Cependant, il rappelle un aspect souvent négligé de la crise de la société salariale : le fait que celle-ci a été précipitée par les révoltes contre le travail qui font partie de « [L]’héritage lumineux et contestataire des années 1960 » et 1970 (10). Face à « l’aliénation et l’altération du sujet constitutives de la subordination au sein du salariat » (90), différentes formes de désertion s’étaient en effet développées, qui passaient souvent par un usage des emplois précaires couplés aux allocations de chômage. Penser à la fois ces deux fils historiques permet de construire un concept de « précariat » à partir de la tension entre une « condition objective » d’éclatement de l’emploi et d’assujettissement marchand et des « expériences et aspirations subjectives » (14) qui pointent vers une voie d’émancipation.

 

L’épicentre de la révolution précaire

 

L’ambivalence du précariat culmine au sein de fractions bien particulières. Dans les années 1960-1970, la révolte contre le travail avait un centre de gravité : le tertiaire et ses jeunes diplômés. Mais elle ne s’y limitait pas, et animait des courants socialement beaucoup plus diffus. Les conditions historiques qui avaient favorisé cette révolte contre le travail n’ont fait que se renforcer jusqu’à maintenant, notamment sous la stimulation de l’élévation des durées d’études. Le premier chapitre affirme que les « désir[s] de réalisation » et d’« authenticité » (39-40) sont aujourd’hui très prononcés chez de nombreux jeunes. Ils le sont d’autant plus que les solidarités communautaires, ouvrières ou autres, sont de moins en moins capables de jouer un rôle de support à la construction des identités (43). L’aspiration à être individu au sens fort risque de se résoudre en « narcissisme » et en « pseudo-authenticité », écrit P. Cingolani (42). Mais elle s’exprime aussi sur le terrain du travail, par la recherche d’« emplois en adéquation avec leurs exigences axiologiques et émotionnelles » (37). Ces tendances sont exacerbées dans une fraction du précariat : « les précaires des « industries culturelles » » (44).

En s’appuyant sur l’enquête, P. Cingolani distingue chez eux 1/ un « horizon d’accomplissement dans le travail » qui relègue le niveau de revenu au second plan, 2/ une interpénétration entre le travail et l’intimité, 3/ une importance des réputations et des réseaux de sociabilités, 4/ une « recherche d’intensité » émotionnelle, et 5/ un lien entre « travail gratifiant » et « frugalité » : le besoin de consommer est atténué par les expériences intenses vécues dans le travail (p. 59-69). Chacune de ces caractéristiques débouche sur des possibilités de subordination retorse aussi bien que d’émancipation, dans des équilibres jugés ambigus par ceux-là même qui les vivent.

 

La politique du précariat

 

Le dernier chapitre propose de prolonger ces expériences en une ambitieuse « politique du précariat » (125), qui doit établir une « démocratie […] « postindustrielle » » (113). Sur le terrain du droit d’abord, il faut revendiquer une sécurisation des mobilités et des discontinuités, même si le livre ne se prononce pas sur le revenu universel garanti, classiquement évoqué dans ce genre de contexte (voir par exemple Guattari, 1989, 66, et plus récemment Standing, 2011). Cependant, réactualisant la connexion que l’on trouve chez André Gorz entre réflexion sur le travail et écologie, P. Cingolani affirme que les modes de vie et de travail qui s’expérimentent dans la précarité permettent de briser le cycle morbide entre vacuité au travail et besoin de consommer. L’« ascétisme » (128) précaire, la « frugalité précaire » (130) ne sont pas seulement « ajustement, réaction à la nécessité » (127) mais aussi la contrepartie d’« agencements émotionnels et joyeux » (134) et la « construction […] d’une liberté » (127). De plus, dans un contexte de « catastrophe écologique » (132) en cours, un tel régime de vie mérite une attention particulière : il faut s’interroger sur les possibilités de le répandre. Pour cela, il faut commencer par clarifier les catégories qui structurent la dynamique de la révolution précaire.

 

Structure et dynamique de la révolution précaire

 

  • Premièrement, les révolutions précaires ont un centre, un « foyer », un « ferment alternatif », que l’auteur identifie aux précaires des « industries culturelles ». On peut discuter la reprise de cette catégorie, empruntée à la littérature de gestion du développement économique urbain (Camors et al., 2006) D’une part elle aurait pu être rétrécie, car les analyses de P. Cingolani se focalisent sur une fraction des professionnels créatifs, celle qui éprouve l’expérience d’une précarité ambivalente. Or, beaucoup se reconnaissent dans un professionnalisme sans problème de travailleurs indépendants ; pour d’autres c’est un moratoire en attendant le succès ou la titularisation ; d’autres encore se sentent menacés d’éviction et connaissent une précarité avec peu de contreparties en termes d’autonomie. D’autre part, la catégorie aurait aussi bien pu être élargie. Le noyau du précariat pourrait englober des secteurs plus intellectuels de l’enseignement et de l’université, qui sont un foyer classique des vocations anticapitalistes (Löwy, 1976). Il pourrait aussi s’étendre aux professions de l’animation et du travail social, souvent employées d’associations, qui partagent l’exposition massive à l’emploi précaire, un niveau de diplôme relativement élevé, et qui peuvent jouer un rôle important au sein du précariat (Nicolas-le-Strat, 2005). Il serait donc possible, et cohérent avec la notion de « foyer » utilisée par l’auteur, de rendre plus vaporeuse, plus indéterminée, la catégorie placée en position de noyau [3].

 

  • Deuxièmement, les précaires des industries culturelles ne sont qu’une petite partie de l’aire sociale concernée par la dégradation des formes d’emploi. On observe dans ce « précariat » des aspirations et des expériences d’autonomie qui font écho à celles des précaires créatifs.

 

  • Troisièmement, les problématiques et les expérimentations sociales du précariat résonnent, à un degré amoindri, dans la société toute entière, qui est en proie à une crise écologique urgente, et où les individus sont animés d’aspirations à se réaliser à travers un travail autonome.

 

La dynamique du précariat présente donc une structure en foyer/halo/fond que l’on pourrait rapprocher, à titre d’analogie, de celle des récits du premier christianisme et, plus généralement, des mouvements qui reposent sur le charisme : on aurait au centre des apôtres ou des saints, peu nombreux mais joyeusement ascétiques et chargés d’une spiritualité/expérience de l’activité intense ; ils annoncent une voie de salut en premier lieu au précariat, ici homologue d’Israël ; et en un deuxième temps à l’ensemble de l’humanité. Cette analogie permet de poser la question des moyens concrets de la diffusion des promesses d’émancipation contenues dans l’ambivalence précaire : il va de soi qu’on ne compte pas ici sur le Saint Esprit ou la Foi. Mais la description d’« un bonheur nouveau » (132) peut-elle suffire à le propager ?

 

L’objection petite-bourgeoise

 

Des voix sceptiques pourraient s’élever pour réduire ce message à une idiosyncrasie socialement située. Par exemple, le sociologue urbain Jean-Pierre Garnier raillait dès 1979 le discours écologique des modes de vie alternatifs et des « « expérimentateurs sociaux » » comme idéologie de la « nouvelle petite bourgeoisie » culturelle : « l’idéal de la frugalité vécu dans la « convivialité » venait à point convaincre les petits-bourgeois touchés par la crise de s’y installer et de s’en accommoder » (Jean-Pierre Garnier, 2010 [1979], 78). Autrement dit, la frugalité précaire ne serait rien de plus qu’un discours d’enchantement socialement circonscrit, un mode de vie idéalisé fantasmatiquement érigé en modèle politique. On peut rapprocher cette objectivation polémique de la théorie du « faire de nécessité vertu » que l’on trouve, également en en 1979, dans La Distinction de Pierre Bourdieu (Bourdieu, 1979). Avec ces analyses, la sociologie se place dans la continuité d’un siècle et demi d’invectives marxistes contre l’idéalisme et le moralisme « petit-bourgeois », incapable d’accéder à la compréhension réaliste des principes (économiques) du changement social.

 

Il faut prendre au sérieux cette objection. La manière la plus forte d’y répondre aurait nécessité des analyses du changement du capitalisme, et de la position que les différentes fractions du précariat occupent dans ses chaînes de valeur [4], ou bien de travailler empiriquement plus en détail sur les rapprochements de condition et de trajectoires entre les précaires des industries culturelles et les autres travailleurs précaires. Autrement dit, il aurait fallu se situer précisément sur le plan de ce que la tradition du opéraïste, à laquelle P. Cingolani fait allusion dans le premier chapitre, appelle la « composition technique » de classe.

 

Mais on peut aussi repousser l’objection de particularisme social du point vue de ce que la même tradition appelle « composition politique » [5], en montrant que les échappées émancipatrices décrites surtout à partir de l’observation de précaires des secteurs créatifs peuvent effectivement dépasser leur base sociale étroite. Autrement dit, on doit se demander quelle coalition sociale est promise par la politique du précariat, en particulier, pour reprendre des termes des années 1970, entre la petite-bourgeoisie intellectuelle (en dépouillant le terme de ses connotations stigmatisantes) et la jeunesse des classes populaires (en évitant de la réifier) (Mauger et Fossé, 1977).

 

Quels supports pour quelle alliance de classes ?

 

Sur ce point crucial, la réponse de Révolutions précaires est au moins partiellement convaincante.
Tout d’abord, P. Cingolani ne commet pas l’erreur d’octroyer aux précaires créatifs le monopole des pratiques qui pointent vers des horizons d’émancipation. Les autres fractions du précariat développent elles aussi des modes d’engagement dans le travail tendus vers l’autonomie, parfois (mais pas toujours) à travers l’économie dite informelle [6]. Le livre reconnaît une créativité instituante du précariat, diffuse bien au-delà du seul précariat créatif.
Mais cette convergence des différentes strates du précariat en une même tendance vers l’autonomie est limitée par les inégalités économiques en son sein, en particulier en ce qui concerne la possibilité de soutien familial, qui est souvent décisif chez les précaires des secteurs créatifs, surtout en ce qui concerne le logement. Ce type de ressource n’est probablement pas sans relations avec l’élitisme du recrutement social de ces secteurs, où les actifs « en emploi » sont deux fois plus souvent d’origine favorisée que dans le reste de la population active [7]. Face à cette situation, Révolutions précaires place les « classes moyennes », pourvoyeuses de travailleurs créatifs précaires, devant une alternative sévère : soit le statu quo du repli sur les solidarités privées, soit « s’inscrire dans une dynamique d’alliance avec les classes populaires dont l’horizon n’est rien de moins qu’une guerre sociale contre la classe la plus riche » (94).
Quel serait en pratique le contenu d’une alliance entre les fractions précaires des classes moyennes et des classes populaires dans une politique du précariat ? Cette alliance reposerait sur un autre type de ressources que celles des familles : celles, décrites dans le troisième chapitre, d’une « constellation d’expériences » (99) collectives, héritières des mouvements de chômeurs des années 1980 et 1990, et qui comportent à fois les espaces de travail partagés, les Coordinations, le syndicalisme de Sud, et les Coopératives d’Activité et d’Emploi, dont les plus actives se soucient explicitement de fédérer par-delà les différences sociales [8]. Ce passage (pp. 96-112) n’est pas aussi détaillé qu’on pourrait le souhaiter, ce qui ne tient peut-être pas seulement à l’auteur, mais aussi à l’état inchoatif de ces formes d’organisation elles-mêmes. C’est aussi l’un des passages où une perspective internationale s’affirme, à travers des exemples étasuniens de syndicats qui s’organisent à partir des sociabilités locales plutôt que sur la base de l’entreprise, et créent des Centers for Contingent Workers (104-105). La politique du précariat peut donc s’appuyer sur le répertoire « des pratiques, des dispositions, des expériences et des luttes qui sont déjà là » (145), et qui pourraient être développées de façon à conjuguer l’autonomie individuelle et l’acquisition de force collective.

 

Ecosophie précaire et contradictions du capitalisme

 

GuattariQu’en est-il du mot « révolutions » qui figure dans le titre ? La dernière page du livre évoque les « révolutions moléculaires » de Félix Guattari. En effet, les révolutions précaires appelées par P. Cingolani illustrent parfaitement « la promotion de pratiques innovantes, l’essaimage d’expériences alternatives, centrées sur le respect de la singularité et sur un travail permanent de production de subjectivité, tout en s’articulant convenablement au reste de la société » que promouvait Guattari (Guattari, 1989, 57). Au-delà, on peut noter que les thèmes recouverts par Révolutions précaires correspondent aux Trois écologies que Guattari invitait à penser ensemble (Guattari, 1989). En effet, le travail de P. Cingolani s’est toujours intéressé à la qualité des expériences individuelles, dans leur rapport aux agencements collectifs. Il ajoute dans ce livre la dimension de l’environnement. Autre rapprochement avec Guattari, la sociologie et la politique du précariat développées ici relèvent de la « logique des intensités », que Guattari associe aux trois écologies, et qui privilégie les subjectivations et les mouvements, à la différence d’une « logique des ensembles discursifs [qui] se propose de bien cerner ses objets » (Guattari, 1989, 36). Le pari du livre est qu’une politique du précariat doit compter sur les intensités individuelles et collectives qui y sont décrites, et sur leur capacité à bouleverser les individus et les structures sociales.
Ce type de projet est toujours entré en tension, au sein de la gauche radicale, avec un autre style sociologique et politique, plus proche du droit, de la statistique et des organisations syndicales. La position de Révolutions précaires vis-à-vis de cet autre style qui investit tout autant la notion de précarité oscille entre des passages polémiques ciblant une gauche « bureaucratique » et même « stalinien[ne] » (121), et d’autres passages plus équilibrés de positionnement par rapport à Robert Castel et Bernard Friot (89). La confrontation entre ces courants est centrale pour évaluer la portée politique du livre, et il serait dommage qu’elle se limite aux échanges d’invectives entre « staliniens » et « individualistes petits-bourgeois ». Une façon plus compréhensive d’évaluer la contribution de Révolutions précaires aux réflexions sur l’émancipation est d’y reconnaître un effort d’articulation entre « critique sociale et critique individualiste du capitalisme » (Corcuff, 2006, § 10). On voit alors que le livre concerne à la fois trois contradictions du capitalisme : la contradiction capital/individu, mais aussi la contradiction capital/travail, et enfin la contradiction capital/environnement.
À partir d’expériences individuelles de précaires des activités culturelles, Révolutions précaires indique la charge de possibles d’une zone d’enchevêtrement entre ces trois tensions sociales majeures. L’incertitude reste cependant de savoir si les « intensités » que le livre met en lumière seront suffisamment fortes et suffisamment communicatives pour répandre, par-delà des disparités sociales, les dispositifs d’une politique du précariat. Comme manifeste pour une écosophie du précariat, c’est un essai stimulant, qui demande à être intégré dans un cycle plus large comprenant des épisodes de luttes sociales, d’expérimentations et de subjectivations, mais aussi les analyses relevant de différents styles de recherche empirique.

Travaux cités :

  • Luc Boltanski, Arnaud Esquerre, « La « collection », une forme neuve du capitalisme. La mise en valeur économique du passé et ses effets », 2014, https://www.academia.edu/9086572/La_collection_une_forme_neuve_du_capitalisme._La_mise_en_valeur_économique_du_passé_et_ses_effets_avec_Luc_Boltanski_2014_
  • Pierre Bourdieu : La Distinction. Paris, éditions de Minuit, 1979.
  • Carine Camors, Odile Soulard, Pascale Guery, Les industries culturelles en Île de France, IAURIF, avril 2006, https://www.academia.edu/3312127/Les_industries_culturelles_en_Ile-de-France
  • Robert Castel : Les métamorphoses de la question sociale. Paris, Fayard, 1995.
  • Patrick Cingolani : L’Exil du précaire. Récits de vie en marge du travail. Paris, Méridiens-Klincksieck, 1986.
  • Patrick Cingolani : La Précarité. Paris, PUF, coll. Que-sais-je ?, 2005.
  • Philippe Corcuff, « Individualité et contradictions du néo-capitalisme », SociologieS [En ligne], Théories et recherches, mis en ligne le 22 octobre 2006. URL : http://sociologies.revues.org/index462.html
  • Jean-Pierre Garnier, Une violence éminemment contemporaine. Essais sur la ville, la petite bourgeoisie intellectuelle et l’effacement des classes populaires. Marseille, Agone, 2010.
  • Félix Guattari : Les trois écologies. Paris, Gallilée, 1989.
  • Michael Löwy, pour une sociologie des intellectuels révolutionnaires. Paris, Presses Universitaires de France, 1976.
  • Gérard Mauger et Claude Fossé : La Vie buissonnière. Paris, Maspero, 1977.
  • Pascal Nicolas-Le Strat, 2005, L’Expérience de l’intermittence dans les champs de l’art, du social et de la recherche, Paris, L’Harmattan.
  • Guy Standing : The Precariat: The New Dangerous Class. London and New York, Bloomsbury Academic, 2011.
  • Cyprien Tasset, Thomas Amossé, Mathieu Grégoire : « Libres ou prolétarisés ? Les travailleurs intellectuels précaires en Ile-de-France ». Rapport n°82 du CEE, mars 2013, https://www.academia.edu/3052087/Libres_ou_prolétarisés_Les_travailleurs_intellectuels_précaires_en_Île-de-France._Avec_Thomas_Amossé_et_Mathieu_Grégoire

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Notes

[1] Sauf indication contraire, tous les numéros de page renvoient à Révolutions précaires.

[2] Nous avons déjà écrit une note critique de Révolutions précaires ici : « L’émancipation dans la précarité », La vie des idées.fr, 12 janvier 2015, http://www.laviedesidees.fr/L-emancipation-dans-la-precarite.html. .

[3] En plus de la question du périmètre du « foyer », la nature de la catégorie utilisée pour le saisir soulève des interrogations : les « industries culturelles » sont en effet une notion d’ordre avant tout économique, alors que le livre ne s’engage pas dans les discussions sur les forces productives, que l’on trouve par exemple dans les théories du capitalisme cognitif.

[4] On en trouvera une esquisse dans « La forme collection du capitalisme » (Boltanski, Esquerre, 2014).

[5] C’est dans cette direction que Stevphen Shukaitis suggère d’infléchir les usages de la notion de précarité : il faudrait « pousser la précarité encore plus loin dans la direction d’une machine spécifiquement recompositionnelle plutôt que dans celle d’un cadre descriptif ou d’analyse structurelle. Cela ne veut pas dire que les analyses de structures ne sont pas importants et utiles pour la recomposition, mais plutôt qu’elles entrent à titre de composantes au sein des agencements de l’imaginaire au lieu de servir de cadre à leur construction » (Shukaitis, 2012, p. 247, notre traduction, http://www2.warwick.ac.uk/fac/soc/wbs/research/irru/ywesrc/seminar2/paperssem2/shukaitis_paper.pdf).

[6] Voir par exemple la thèse de Denis Giordano sur les mécaniciens de rue, citée p. 80, ou Le Travail en friches de Laurence Roulleau-Berger.

[7] Les données du DEPS, tirées de l’Enquête emploi, indiquent que 49 % des actifs en emploi des professions artistiques et culturelles en 2011 sont enfants de cadres ou de professions intermédiaires, contre 25 % pour l’ensemble des actifs en emploi (Gouyon et Patureau, « Vingt ans d’évolution de l’emploi dans les professions culturelles 1991-2011 », 2014, tableau 2 p. 5).

[8] Selon une communication orale d’Antonella Corsani.

 

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