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11 avril 2014

Le tout-numérique à l’école : iPads et iPocrisie

 

L’introduction des iPads et autres tablettes dans les établissements scolaires, dont François Hollande, alors député de la Corrèze, a été le fer de lance en France, ne suscite guère de réactions indignées. Seuls ceux que les médias ont pris la déplorable habitude de classifier comme « technophobes » s’y opposent. Hélas, la « crainte de la technologie » ne porte en elle rien de positif, puisqu’elle s’inscrit d’emblée dans le registre de la peur, dont on sait qu’elle peut produire le pire. Rien de mieux, pour discréditer toute critique, que de la réduire à une crainte irrationnelle et réactionnaire. C’est une autre attaque, beaucoup plus profonde, qui est portée ici, contre le tout-numérique à l’école.

 

Refus anti-industriel et fractures numériques

Les raisons du rejet par les « technophobes » des technologies numériques, à force d’être seules relayées par la plupart des médias, même sur leur habituel mode décrédibilisant, sont finalement bien connues. Ce sont de bonnes raisons :

1 – Les tablettes polluent gravement – bien davantage que les livres, notamment au moment de leur production, par les métaux rares entrant dans leur composition et l’eau nécessaire à leur fabrication. De plus, leur obsolescence programmée permet aux fabricants de rendre rapidement vétuste un matériel présenté un ou deux ans plus tôt comme « le meilleur au meilleur prix ». Les études abondent désormais, qui montrent toutes à quel point une tablette, dont la durée de vie est programmée aux alentours de trois petites années, sans doute à peine plus pour les iPads, est beaucoup plus polluante que le livre [1] – et nettement plus chère pour le budget des collectivités et celui de la nation [2].
2 – Les tablettes sont très vraisemblablement dangereuses pour la santé, d’un point de vue neurophysiologique, d’autant plus que leurs utilisateurs sont jeunes [3].
3 – Il n’est pas certain que l’apprentissage sur les tablettes, en facilitant le « zapping » et en distrayant l’œil de l’utilisateur, soit plus aisé que sur les livres, bien au contraire [4].
4 – Leur achat représente un transfert massif d’argent vers des pays lointains, au grand dam des libraires, des éditeurs et des imprimeurs d’ici, qui plongent dans une situation économique de plus en plus délicate. Cette rançon de la « mondialisation » est sur le point de détruire toute l’industrie culturelle – le monde de la culture n’a pas su, en son temps, refuser la massification, mais c’est un autre débat que nous n’aborderons pas ici [5].
5 – L’utilisation généralisée des tablettes dans les seuls pays riches constitue un aspect crucial de la fracture numérique, révélée par l’Unesco dès les années 1990. Au pluriel : fractures numériques entre les pays riches et les pays pauvres ; à l’intérieur des pays riches, entre connectés et non connectés ; au sein des connectés, entre ceux qui utilisent le net de façon intelligente, et les autres, qui gaspillent leur temps en téléachat, en pornographie ou en enchères de tout ce qui se vend et s’achète.

Certes, ce sont de bonnes raisons, mais c’est une autre fracture, qui nous semble encore plus fondamentale, que nous évoquons ici.

dessin de Killian Scartezzini
Dessin de Killian Scartezzini paru dans la revue Moins ! n° 3

 

Qui produit les iPads ? Et où ?

Les légitimes préoccupations écologiques ont tendance à nous faire négliger le fait que les iPads (Apple), Kindle (Amazon), Playstations et autres matériels numériques sont produits par une entreprise néo-esclavagiste, Foxconn [6]. Chez Foxconn, les ouvrières et les ouvriers sont soumis à des rythmes de travail « just in time », dans un secteur où, précisément, la commercialisation des produits doit s’adapter à la demande – pressante – des consommateurs, en hausse vertigineuse lors des périodes de fêtes, en berne au moment de l’annonce d’une prochaine évolution du matériel. La durée du travail peut être de plus de soixante heures par semaine, tandis qu’à d’autres moments, une partie du personnel est placée au chômage forcé. Ceci n’est pas anecdotique : Foxconn emploie plus d’un million de personnes, en Chine et ailleurs ; de plus, l’entreprise est liée à plusieurs des entreprises phares du monde de la globalisation : Apple, Microsoft, Amazon, Sony…

En 2012, lorsque Apple s’est trouvé accusé de faire travailler des « iEsclaves » via Foxconn, l’entreprise américaine avait habilement joué sur un registre politique : la supériorité absolue du modèle capitaliste néolibéral allait finir par « moraliser » Foxconn. D’ailleurs, la Chine était passée, en moins de trente ans, de l’ère maoïste au néolibéralisme le plus brutal. Il suffisait d’attendre quelque peu pour voir bientôt Foxconn rentrer dans le rang, mieux payer ses ouvriers et harmoniser les rythmes de travail. C’est l’inverse qui s’est produit : désormais, c’est l’anti-modèle de Foxconn qui s’exporte dans le monde, jusque dans l’Union européenne. Foxconn a en effet ouvert plusieurs usines en Tchéquie, à Parbudice et Kutna Hora [7], et en Slovaquie, dans lesquelles les conditions de travail s’apparentent à des formes de néo- esclavagisme, les travailleuses et travailleurs se trouvant dans un état de dépendance absolue par rapport à l’encadrement et à la direction de l’entreprise [8].

 

Comment le cynisme s’introduit dans la culture

La fracture numérique ne relève donc pas seulement du suréquipement des uns et du sous- équipement des autres. La véritable et profonde fracture est avant tout politique : cyniques suréquipés d’un côté, pauvres hères à l’autre extrémité, à commencer par ces iEsclaves qui produisent pour les premiers.

La nouveauté est que, dans les écoles républicaines d’un pays comme la France, l’on voudrait donner à nos enfants, afin que s’ouvre devant eux le monde radieux de la culture, de l’émancipation et de la liberté, du matériel fabriqué selon les normes de l’esclavagisme moderne [9]. Soit : construire notre propre liberté en piétinant celle de millions d’autres êtres humains de par le monde.

Il ne faudrait pas réduire cet état de fait à une simple extension de la fabrication des vêtements, outils divers, etc., dans des pays-ateliers. Cette réalité est bien connue, en effet, et dans ce cas se produit un conflit entre l’éthique personnelle de l’individu et l’offre disponible sur le marché. Entre un pantalon à 35 € fabriqué au Bangladesh et un autre, beaucoup plus cher, venu d’Italie ou de France, le travailleur français, aux revenus modestes, choisira souvent la première solution. Telle est la réalité d’un pays qui compte plus de 10 % de sa population active au chômage. Pour les tablettes commandées et répandues désormais par l’État dans les écoles, collèges et lycées de la République, le conflit est d’un autre ordre. Il ne s’agit plus de pantalons ou de calculettes, mais d’outils censés apporter la culture et l’émancipation. Car l’Éducation nationale l’annonce elle-même : la tâche des enseignants est désormais de « faire vivre la culture humaniste dans la société numérique [10] » (c’est nous qui soulignons).

 

Le grand écart entre culture humaniste et société numérique

Comment envisager, avec sérieux et rigueur éthique, de promouvoir l’humanisme en se servant d’outils qui incarnent la négation même de cet humanisme ? Cet humanisme qu’évoquent les plus hauts responsables du système scolaire français implique au minimum le respect des autres êtres humains, et bannit l’idée de les exploiter au profit d’une poignée de privilégiés : nos propres enfants. La contradiction est flagrante entre la fin et les moyens.

Ce dilemme philosophique, certes classique si on le résume en ces termes, revêt de nos jours une ampleur et une acuité inconnues auparavant. Car c’est le gouvernement lui-même qui organise le cynisme en collant de force, dans les mains des professeurs et des jeunes, du matériel fabriqué par des néo-esclaves. Le parallèle avec les modes de décervelage dictatoriaux de la jeunesse dans la première moitié du XXe siècle n’est pas anecdotique : lorsque le capitalisme se trouve dans une phase critique, ce qui est le cas depuis 2007 [11], la tentation est grande, chez une partie de l’élite, de s’en remettre à des formes dictatoriales de pouvoir. C’est cela et rien d’autre qui se joue aujourd’hui ; l’introduction des iPads à l’école ou la montée des droites extrêmes dans la quasi-totalité des pays européens en sont des indices certains.

Ne confondons pas le « libre choix » de chacun, y compris d’acheter des produits non éthiques, avec l’imposition, par l’État lui-même, d’un matériel issu de l’esclavage moderne. Surtout lorsque ce matériel, comme les iPads, est destiné à un secteur tout à fait particulier : les enfants, les jeunes et leur éducation. Tout se passe comme si les générations adultes, sur le déclin, montraient l’exemple le pire aux générations montantes : un monde dans lequel, en dernière analyse, chacun peut écraser son prochain sans état d’âme. Ce n’est pas une sorte de prétendue pureté de l’enfance qu’il faudrait conserver – pieux mensonge réactionnaire. Mais, comme l’expliquait Hannah Arendt dans La crise de l’éducation [12], si les nouvelles générations doivent être protégées par le monde des adultes car elles en représentent l’avenir, ce monde des adultes doit aussi se protéger des nouvelles générations. Plus précisément : les valeurs positives que le monde a su développer ne doivent pas être mises en péril par des générations qui pourraient, si l’on y prend garde, les balayer. Arendt pensait aux jeunes qui, à son époque, versèrent majoritairement dans le nazisme, avec les conséquences apocalyptiques que nous savons. De nos jours, ce dilemme se formule ainsi : ne léguons pas aux jeunes générations nos valeurs négatives, à commencer par le cynisme de nos dirigeants. La question est politique et éthique.

 

Du côté de l’édition

Tout ce qui relève de la culture – ou presque – est désormais victime de cette formidable illusion numérique. Dans l’édition française, la plupart des éditeurs se sont lancés dans le numérique, en pensant suivre la pente ascendante du digital aux États-Unis. Dans ce pays, les ventes d’ouvrages numériques dépassent depuis 2012 celles d’ouvrages papier. Mais en France, elles n’en représentent pas même le vingtième, malgré une ardente politique de promotion des écrans, des tablettes, des smartphones et autres liseuses. Les explications de ce phénomène sont sans aucun doute complexes. L’incapacité des éditeurs à penser le contenu numérique de façon différente du contenu papier en est une, de même que l’attachement des Français à leurs librairies – très touchées cependant par la pénétration, sur le marché français, de l’une des entreprises phares du nouveau capitalisme, Amazon, là encore favorisée outrageusement par les gouvernements de tous bords.

L’étonnant est que ce sont les lecteurs eux-mêmes qui maintiennent à flots le livre papier, alors que ceux qui le produisent marquent une tendance nette à abandonner leur savoir-faire et à saborder leur propre marché – leur propre source de profits. Ce sont bien les élites autoproclamées qui décident de passer avec armes et bagages au tout-numérique, contre l’évidence même de l’état du marché en France, contre la nécessité de maintenir un tissu de libraires et jusque contre les goûts mêmes des lecteurs.

 

Vers le pire en politique ?

Nous ne pourrons plus dire que « nous ne savions pas ». Déjà, en 1950, Norbert Wiener, mathématicien et inventeur de la cybernétique, dans The human use of human beings (« L’usage humain des êtres humains »), avait prévenu : « Nous avons modifié notre environnement de manière si radicale que nous devons désormais nous modifier nous- mêmes afin de parvenir à vivre dans ce nouvel environnement. » Wiener pensait aux conditions matérielles induites par notre environnement technologique ; désormais, ce sont les « environnements numériques de travail », les ENT, qui aboutiraient à nous modifier, à balayer toute éthique, et devraient nous faire accepter le retour de l’esclavagisme.

Le dilemme est pour l’essentiel politique, et pas seulement philosophique ni individuel et quotidien. Aujourd’hui plus encore qu’à l’époque de Wiener, le pouvoir est tombé dans les mains des pires. Les pires sont ceux qui gravissent dans leur jeunesse les échelons des grandes écoles, de Sciences Po et des Hautes Études Commerciales jusqu’à Centrale [13], puis, entrant dans le monde des affaires, les ministères, les banques ou l’édition, s’acoquinent avec les réseaux qui comptent, cela au prix de mille renoncements, compromissions et corruptions. Plus personne n’aurait l’inconscience de qualifier d’aristocratie, de « pouvoir des meilleurs », ces personnages qui se partagent la direction du pays depuis au moins quatre décennies. Au contraire, aujourd’hui, ceux qui se sont hissés au sommet de l’État et de l’Entreprise forment une kakistocratie : un « pouvoir des pires ». En s’imposant, ils ont banni toute forme de démocratie réelle et foulé aux pieds la république, au sens de « bien commun ».

Mais le vent souffle et la roue tourne : la kakistocratie fait désormais les délices de tous les démagogues, surtout de la droite nationaliste et de l’extrême droite fasciste, voire néonazie. Les médiocres qui prennent les décisions les plus dommageables pour la planète et pour notre émancipation ne semblent pas remarquer que leur politique ouvre la voie à la résistible ascension du Front national en France et des néofascistes dans la plupart des pays de l’Union européenne. Nos dirigeants préfèrent malgré tout privilégier, jusqu’à l’école, la valorisation du cynisme et de la médiocrité qui fait le lit des néofascistes.

 

Le boycott à l’ordre du jour !

Travailler sur une tablette, c’est accepter que des esclaves l’aient fabriquée à 500 km de chez nous, au cœur même de l’Union européenne, ou en Extrême-Orient ; c’est faire de la médiocrité et du cynisme des vertus cardinales, et abolir toute forme de honte.

Bien sûr, les tablettes ne sont pas les seules ni même les principales responsables de la montée de la kakistocratie, mais elles en sont désormais un outil de choix. En touchant les enfants et les jeunes, elles les habituent très tôt à l’hypocrisie lamentable d’un discours émancipateur et mensonger à la fois ; elles installent ce cynisme du monde et du système de plus en plus tôt dans la vie des individus [15]. Et les dirigeants, qui attentent à notre volonté d’émancipation en voulant nous contraindre à participer à leurs ignominies, finissent par se convaincre eux-mêmes que leurs victimes sont, après tout, consentantes… puisque nous les acceptons ou ne les renions pas. Or, si demain nous travaillions sur des iPads ou des Kindle sans avoir honte le soir de nous regarder dans le miroir – et tout est mis en place pour que nous n’en ressentions aucune honte -, alors ce serait en effet que nous aurions consenti à l’infâme.

Telle est la pente très dangereuse sur laquelle nous devons tous refuser, adultes, éducateurs, enseignants, parents et jeunes, de nous engager. La refuser maintenant ! Le boycott de tous ces instruments destructeurs de vie – des vies d’autres que nous – est à l’ordre du jour. Comme le disait Brecht : « De qui dépend que l’oppression demeure ? De nous. De qui dépend qu’elle cesse ? De nous encore. »

 HUKO

(Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell, Copyleft intégral, texte libre de droits, peut être reproduit, en tout ou en partie, même sans indication de provenance), mars 2014

Merci à Killian Scartezzini pour son autorisation de publier son dessin.

 

 Références

1. Voir entre autres ce qu’en dit Roberto Casati dans Contre le colonialisme numérique (Albin Michel, 2013).

2. Dans un département peu peuplé comme le Jura (258 000 hab.), avec une population scolaire peu élevée, le Conseil général consacre pas moins de 2,4 millions d’euros pendant quatre ans (10 millions au total…) à l’équipement des collèges en iPads, sans compter les formations pour les enseignants ni l’installation de la wifi dans les établissements… pour des matériels à remplacer d’ici trois à cinq ans – ou peut-être moins, il n’existe pas d’étude en la matière qui soit suffisamment étendue dans l’espace et la durée.

3. Voir par exemple : Michel Desmurget, TV lobotomie – La vérité scientifique sur les effets de la télévision, J’ai lu, 2013 ; Nicholas Carr, L’Internet rend-il bête ? – Réapprendre à lire et à penser dans un monde fragmenté, Robert Laffont, 2011 ; les sites http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2011-05-0006-001 ou http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3660 et encore http://affordance.typepad.com//mon_weblog/.

4. Voir Umberto Eco, À reculons, comme une écrevisse, Livre de poche, 2008, et surtout Raffaele Simone, Pris dans la Toile, Gallimard, 2012, ainsi que, là encore, Michel Desmurget et Nicholas Carr.

5. Voir par exemple La Société de masse et sa culture, Étienne Gilson, 1975. Par la suite, des dizaines et des centaines de livres ou d’études ont été produits sur ce thème majeur, ainsi que d’innombrables articles. Voir par exemple http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=439 ou http://sniadecki.wordpress.com/

6. Voir http://www.gongchao.org/fr/iesclaves/10-paragraphes-contre-1-pomme-pourrie

7. Voir http://www.czech.cz/fr/News/Economie-Commerce/Foxconn,-une-multinationale-taiwanaise-au-coeur-de et https://www.wsws.org/en/articles/2013/10/10/foxc-o10.html

8. Voir http://www.emf-fem.org/content/download/28353/240224/version/1/file/Case+studies+agency+workers+in+electronics+sector+CEE+FR.pdf (en français)

9. Et non pas antique, certes, mais esclavagisme, oui, si l’on considère la dépendance absolue du travailleur et son incapacité de fait à s’organiser, ce qui ne s’était pas produit depuis bien longtemps. La révolution industrielle avait entraîné la création de l’Association Internationale des Travailleurs, tandis que désormais, l’organisation des travailleurs, coupés de leur milieu social, isolés par la barrière de la langue, s’en trouve bien plus complexe, voire impossible.

10. Tel est le cinquième pilier du Socle commun des connaissances et des compétences (décret du 11 juillet 2006), qui en compte sept au total. Cette formulation se retrouve dans nombre d’ouvrages destinés aux enseignants, par exemple Vers des centres de connaissances et de culture (2012).

11. Nous faisons ici référence à l’émergence de la crise dite des subprimes. Voir Massimo Amato et Luca Fantacci, Fine della Finanza, Donzelli, Milan, 2012.

12. Hannah Arendt, « La crise de l’éducation », in La crise de la culture, coll. « Folio Essais », Gallimard, Paris, 1989.

13. Voir à ce sujet le livre, toujours actuel, de Claude Neuschwander sur les réseaux : L’acteur et le changement. Essai sur les réseaux, Le Seuil, 1991.

14. Ce point avait déjà été développé dans un livre de Ph. Godard, Au travail les enfants !, publié en 2006 par les éditions Homnisphères.

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