{"id":3950,"date":"2018-01-20T15:25:37","date_gmt":"2018-01-20T13:25:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/?p=3950"},"modified":"2018-01-20T15:25:37","modified_gmt":"2018-01-20T13:25:37","slug":"robert-michels-et-la-critique-sociologique-des-partis-de-foucault-a-bourdieu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/?p=3950","title":{"rendered":"Robert Michels et la critique sociologique des partis, de Foucault \u00e0 Bourdieu"},"content":{"rendered":"<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Par Jean-Christophe Angaut<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><\/sup><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Lorsqu\u2019on s\u2019interroge sur les ressources sociologiques dont on dispose pour mener une critique des partis (qui n\u2019implique pas imm\u00e9diatement une condamnation) du point de vue de leur apport aux luttes d\u2019\u00e9mancipation, il est in\u00e9vitable de rencontrer la figure de Robert Michels, qui fut le premier \u00e0 tenter de mettre en place une sociologie critique des partis dans son ouvrage de 1911 Sociologie du parti dans la d\u00e9mocratie moderne, dont j\u2019ai r\u00e9cemment propos\u00e9 une traduction int\u00e9grale<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">. Cela tient au moins \u00e0 quatre s\u00e9ries de raisons.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">La premi\u00e8re, c\u2019est l\u2019ampleur du propos de Michels (qui fait \u00e0 la fois sa force et sa faiblesse, on le verra). D\u2019une part, il s\u2019agit de proposer une sociologie du parti (voire de la vie des groupes) en g\u00e9n\u00e9ral (Parteiwesen), ce qu\u2019assur\u00e9ment plus personne aujourd\u2019hui ne tenterait dans cette discipline. D\u2019autre part, il s\u2019agit sur cet objet d\u00e9j\u00e0 vaste de prononcer une loi g\u00e9n\u00e9rale, \u00e9galement ample, celle de la n\u00e9cessaire d\u00e9rive oligarchique des partis politiques (et m\u00eame de toute organisation en g\u00e9n\u00e9ral), la fameuse loi d\u2019airain de l\u2019oligarchie.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">La deuxi\u00e8me s\u00e9rie de raisons pour s\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce texte, c\u2019est la richesse de la mati\u00e8re empirique qu\u2019il mobilise, et la quantit\u00e9 d\u2019analyses qu\u2019il produit \u00e0 propos des m\u00e9canismes \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les partis politiques. Cette qualit\u00e9 de l\u2019ouvrage n\u2019apparaissait pas n\u00e9cessairement si l\u2019on se r\u00e9f\u00e9rait \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9dition fran\u00e7aise, puisque la moiti\u00e9 du livre manquait, l\u2019introduction ayant \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e, nombre de passages litt\u00e9ralement caviard\u00e9s par le traducteur, toutes les notes ayant saut\u00e9 et, cerise sur le g\u00e2teau, deux chapitres ayant \u00e9t\u00e9 intervertis. Il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 de faire la part, dans tout cela, de ce qui rel\u00e8ve du projet \u00e9ditorial et de la d\u00e9sinvolture (fr\u00e9quente \u00e0 l\u2019\u00e9poque) du traducteur. Il faut n\u00e9anmoins signaler que le texte traduit en 1914 par Samuel Jank\u00e9l\u00e9vitch constitue un \u00e9tat interm\u00e9diaire du manuscrit\u2009: certains ajouts qui ne figurent que dans la seconde \u00e9dition allemande s\u2019y trouvent d\u00e9j\u00e0, et quelques passages sont m\u00eame sp\u00e9cifiques \u00e0 cette \u00e9dition.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Troisi\u00e8me raison pour relire ce texte\u2009: les tr\u00e8s forts effets d\u2019actualit\u00e9 qu\u2019il procure (j\u2019en donnerai quelques exemples un peu plus tard). Ceux-ci peuvent certes \u00eatre trompeurs car le contexte dans lequel est \u00e9crit ce livre est bien diff\u00e9rent du n\u00f4tre, mais ils ne manquent pas de nous interroger\u2009: qu\u2019est-ce qui fait la permanence apparente du ph\u00e9nom\u00e8ne partisan\u2009? Et \u00e0 quoi sert une sociologie critique des partis si l\u2019on est amen\u00e9 finalement \u00e0 revivre les m\u00eames impasses politiques\u2009?<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">La quatri\u00e8me s\u00e9rie de raisons pour repartir de ce texte, c\u2019est qu\u2019il est constamment mentionn\u00e9 par les auteurs qui ont eux-m\u00eames tent\u00e9 d\u2019engager une critique des partis politiques, qu\u2019il s\u2019agisse de th\u00e9oriciens critiques radicaux comme Guy Debord, de sociologues comme Pierre Bourdieu, ou d\u2019activistes politiques (verts, anarchistes) \u2013 il y a aussi une r\u00e9ception politique conservatrice de Michels, mais elle m\u2019int\u00e9resse moins ici.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Je vais d\u2019abord fournir quelques \u00e9l\u00e9ments g\u00e9n\u00e9raux sur la personne de Robert Michels, sur le plan g\u00e9n\u00e9ral de sa Sociologie du parti et sur la th\u00e8se qu\u2019il d\u00e9fend dans cet ouvrage. Je vais ensuite montrer qu\u2019on peut d\u00e9celer au moins trois choses qui viennent limiter la pertinence de cette th\u00e8se\u2009: son inscription dans un contexte historique pas n\u00e9cessairement transposable \u00e0 notre actualit\u00e9, l\u2019h\u00e9sitation entre une conception statique et une conception dynamique de la loi d\u2019airain de l\u2019oligarchie, et la mani\u00e8re cavali\u00e8re dont Michels traite ce qu\u2019il appelle les mesures prophylactiques contre l\u2019apparition d\u2019une oligarchie dans les organisations. Enfin, \u00e0 partir d\u2019une mise en valeur de quelques passages pr\u00e9cis qui me semblent justifier qu\u2019on s\u2019int\u00e9resse aujourd\u2019hui \u00e0 ce livre, j\u2019interrogerai deux mani\u00e8res de prolonger son propos, chez Pierre Bourdieu et chez Michel Foucault.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><br \/>\n<span style=\"font-size: medium;\"><b>Michels, son livre, sa th\u00e8se<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Quelques donn\u00e9es sur la vie et l\u2019\u0153uvre de Robert Michels (1876-1936), pour autant que cela contribue \u00e0 \u00e9clairer mon propos. Il faut d\u2019abord retenir le parcours partisan de Michels\u2009: d\u2019abord militant de l\u2019aile gauche du Parti social-d\u00e9mocrate d\u2019Allemagne (SPD, qu\u2019il avait rejoint moins sur des positions marxistes que d\u00e9mocratiques radicales), avec des liens avec le syndicalisme r\u00e9volutionnaire (au moins dans son acception italienne, consistant \u00e0 faire usage de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale pour parvenir \u00e0 des conqu\u00eates politiques), il a connu une d\u00e9sillusion progressive tout en voyant se fermer toute perspective de carri\u00e8re acad\u00e9mique en Allemagne (malgr\u00e9 le soutien que lui apporta Max Weber). Il fut \u00e9galement en lien avec l\u2019Italie (et le Parti socialiste italien) et avec la France (syndicalisme r\u00e9volutionnaire). C\u2019est d\u2019ailleurs en Italie que, d\u2019un point de vue acad\u00e9mique, il fera carri\u00e8re, s\u2019\u00e9loignant progressivement du socialisme avant la premi\u00e8re guerre mondiale. Celle-ci le voit rallier la cause italienne et rompre avec Max Weber pour cette raison. En 1928, pour des raisons qui tiennent en partie \u00e0 des consid\u00e9rations de carri\u00e8re, il adh\u00e8re au parti fasciste et conna\u00eet une triste fin comme caution universitaire du r\u00e9gime. Ce parcours a pu \u00eatre mis \u00e0 contribution par ceux qui tentent de voir une continuit\u00e9 entre syndicalisme r\u00e9volutionnaire et fascisme (l\u2019historien isra\u00e9lien des id\u00e9es Zeev Sternhell), mais Michels est loin d\u2019\u00eatre le meilleur exemple pour cette th\u00e8se, par ailleurs justement contest\u00e9e. Dans ce parcours, la Sociologie- du parti se situe vers la fin de son engagement socialiste, et l\u2019ouvrage repr\u00e9sente pour une part la mise en forme sociologique d\u2019une d\u00e9sillusion (de m\u00eame que les premi\u00e8res esquisses, parfois reprises telles quelles, pouvaient appara\u00eetre comme la mise en forme sociologique d\u2019un engagement contre l\u2019appareil \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du SPD).<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c0 ces informations biographiques, il faut ajouter deux \u00e9l\u00e9ments qui touchent au contexte de r\u00e9daction du texte. Son contexte historique et g\u00e9ographique d\u2019abord\u2009: celui du Reich allemand, qui ne conna\u00eet pas de d\u00e9mocratisation de ses institutions, et au sein duquel la social-d\u00e9mocratie, tout en \u00e9tant marginalis\u00e9e, conna\u00eet une croissance spectaculaire (au moment o\u00f9 para\u00eet le livre, elle s\u2019appr\u00eate \u00e0 devenir le premier parti allemand, aussi bien en voix qu\u2019en si\u00e8ges au Reichstag). Son contexte th\u00e9orique ensuite\u2009: on classe parfois Michels parmi les \u00e9l\u00e8ves de Max Weber, ce qui est loin d\u2019\u00eatre \u00e9vident, d\u2019autant qu\u2019il semble bien plus proche de ce qu\u2019on appelle parfois l\u2019\u00e9cole \u00e9litiste italienne (Gaetano Mosca, Vilfredo Pareto) et que joue aussi chez lui sa lecture de la psychologie des foules de Gustave Le Bon.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Un aper\u00e7u ensuite sur la mani\u00e8re dont le livre s\u2019organise. Le plus simple est de consid\u00e9rer que l\u2019oligarchie y est consid\u00e9r\u00e9e comme une pathologie de la modernit\u00e9. Cela renvoie au fait que la sociologie allemande qui na\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e9poque se d\u00e9veloppe comme une \u00e9tude de ces pathologies, dans un pays o\u00f9 la modernisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de l\u2019\u00e9conomie et de la soci\u00e9t\u00e9 les rend plus visibles<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">. Il s\u2019agit pour les auteurs repr\u00e9sentatifs de cette tendance (Ferdinand T\u00f6nnies, Georg Simmel, Max Weber) de proposer un diagnostic orient\u00e9 vers la possibilit\u00e9 d\u2019une intervention politique, mais avec des r\u00e9serves sur les possibilit\u00e9s de contrecarrer ces tendances. On trouve un \u00e9quivalent de cette perspective chez Michels\u2009: la modernit\u00e9 a d\u00e9couvert la puissance de l\u2019organisation, mais avec l\u2019organisation se d\u00e9veloppe aussi l\u2019oligarchie, consid\u00e9r\u00e9e comme une pathologie. Cette approche se traduit dans la structure d\u2019ensemble de l\u2019ouvrage, dont certaines parties ont recours \u00e0 un vocabulaire m\u00e9dical qu\u2019on peut tenter d\u2019\u00e9tendre aux autres\u2009: l\u2019introduction cerne la pathologie, la premi\u00e8re partie pr\u00e9sente explicitement une \u00e9tiologie (soit la recherche des causes d\u2019une maladie), les deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me parties d\u00e9crivent les sympt\u00f4mes, la quatri\u00e8me partie d\u00e9livre un diagnostic, la cinqui\u00e8me partie passe en revue un certain nombre de mesures prophylactiques (d\u00e9sign\u00e9es comme telles), et la sixi\u00e8me partie tient \u00e0 la fois du bilan et du pronostic.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">La th\u00e8se que d\u00e9fend le livre s\u2019inscrit dans un raisonnement d\u2019ensemble que l\u2019on peut tenter de restituer, \u00e0 partir du questionnement originel dans lequel il s\u2019enracine. Celui-ci consiste \u00e0 se demander s\u2019il est possible de r\u00e9aliser la d\u00e9mocratie. Or la modernit\u00e9 a d\u00e9couvert la puissance de l\u2019organisation, de sorte que d\u00e9sormais, pour triompher, toute cause politique, et notamment la cause d\u00e9mocratique, doit en passer par l\u2019organisation\u2009; mais l\u2019organisation conduit n\u00e9cessairement \u00e0 l\u2019oligarchie\u2009; donc la d\u00e9mocratie est impossible. Cette th\u00e8se, \u00e0 laquelle on a tendu parfois \u00e0 r\u00e9sumer l\u2019ensemble de l\u2019ouvrage, appelle plusieurs remarques\u2009: seule une lecture rapide de l\u2019ouvrage peut l\u2019y r\u00e9duire\u2009; la conception de la d\u00e9mocratie qui la sous-tend est tr\u00e8s instable\u2009; surtout il y a une pr\u00e9misse qui n\u2019est vraiment explicit\u00e9e par Michels qu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ouvrage (SP 484-485), celle de l\u2019impossibilit\u00e9 de parvenir \u00e0 la d\u00e9mocratie par des moyens non-d\u00e9mocratiques. Cela peut renvoyer \u00e0 l\u2019affirmation d\u2019une n\u00e9cessaire homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 entre fins et moyens, entre organisation pratiqu\u00e9e en interne et organisation promue en externe. Cette pr\u00e9misse, Michels l\u2019\u00e9tablit en montrant que l\u2019organisation devient sa propre fin (en visant la pure croissance num\u00e9rique).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Trois limites de l\u2019ouvrage<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Premi\u00e8re limite\u2009: le contexte dans lequel \u00e9crit Michels n\u2019est pas le n\u00f4tre. Il s\u2019agit du contexte politique allemand, marqu\u00e9 \u00e0 la fois par l\u2019absence de d\u00e9mocratie et l\u2019essor des organisations ouvri\u00e8res. Cette limite n\u2019est pas forc\u00e9ment la plus grave\u2009: \u00e0 condition d\u2019en \u00eatre conscient, cela nous dit quelque chose, par contraste, sur notre actualit\u00e9. On peut par exemple penser \u00e0 un passage du chap. II de la 4<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">e<\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"> partie (SP\u00a0347-348) o\u00f9 Michels souligne, d\u2019une part, l\u2019id\u00e9alisme du bourgeois qui se joint au mouvement ouvrier et, d\u2019autre part, le sacrifice que repr\u00e9sente le fait, pour quelqu\u2019un issu des classes favoris\u00e9es, de se joindre \u00e0 un parti politique comme le SPD (quelque chose qu\u2019il a lui-m\u00eame v\u00e9cu avec le sacrifice de sa carri\u00e8re universitaire en Allemagne). Aujourd\u2019hui, \u00e7a fait partie d\u2019un plan de carri\u00e8re.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Deuxi\u00e8me limite\u2009: ce qu\u2019on pourrait appeler la tentation de la \u00ab\u00a0statique sociale\u00a0\u00bb (pour d\u00e9tourner une expression d\u2019Auguste Comte), encourag\u00e9e par le recours \u00e0 un vocabulaire m\u00e9dical, au mod\u00e8le nomoth\u00e9tique des sciences de la nature, mais peut-\u00eatre aussi par une certaine d\u00e9sillusion. En simplifiant un peu, il semble que Michels passe de l\u2019id\u00e9e que \u00ab\u00a0toute organisation tend n\u00e9cessairement \u00e0 devenir une oligarchie\u00a0\u00bb \u00e0 la th\u00e8se plus statique selon laquelle \u00ab\u00a0toute organisation devient n\u00e9cessairement une oligarchie\u00a0\u00bb. Cela dit, m\u00eame la premi\u00e8re partie de l\u2019assertion m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre discut\u00e9e\u2009: sous quelles conditions la tendance \u00e0 l\u2019oligarchie appara\u00eet-elle et se manifeste-t-elle\u2009? On verra que c\u2019est la critique adress\u00e9e par Bourdieu \u00e0 la loi d\u2019airain de l\u2019oligarchie, mais plus g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 cette conception de la loi sociologique. On peut citer \u00e0 l\u2019appui de cette remarque quelques formules frappantes\u2009: \u00ab\u00a0qui dit organisation dit tendance \u00e0 l\u2019oligarchie\u00a0\u00bb (SP 71 \u2013 formule reprise SP 401)\u00a0; mais dans la 6<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">e<\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"> partie, qui porte pourtant pour titre \u00ab\u00a0les tendances oligarchiques de l\u2019organisation\u00a0\u00bb, on trouve des formules sur la \u00ab\u00a0loi de la n\u00e9cessit\u00e9 historique de l\u2019oligarchie\u00a0\u00bb (SP 517 \u2013 voir aussi dans la 5<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">e<\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"> partie SP 448 l\u2019id\u00e9e que \u00ab\u00a0l\u2019oligarchie constituerait une n\u00e9cessit\u00e9 naturelle\u00a0\u00bb). Et dans le m\u00eame chapitre final, Michels peut \u00e9voquer la formation d\u2019oligarchies comme \u00ab\u00a0une tendance \u00e0 laquelle toute organisation, aussi les socialistes et m\u00eame les libertaires, est soumise d\u2019une mani\u00e8re n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb et affirmer aussit\u00f4t que \u00ab\u00a0toute organisation partisane pr\u00e9sente une oligarchie puissante reposant sur des pieds d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb (SP 519). Tout cela peut faire penser que la tendance \u00e0 la formation d\u2019oligarchies n\u2019est en fait contrecarr\u00e9e par rien. Cette tentation est accentu\u00e9e par la seconde \u00e9dition de l\u2019ouvrage, qui rabat le contenu ultime de l\u2019ouvrage sur une loi de psychologie collective. Il faut \u00e9galement signaler que la (trop) grande g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 du propos va de pair chez Michels avec la non moins grande h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des arguments mobilis\u00e9s \u2013 qui est peut-\u00eatre cependant la contrepartie de l\u2019importante mati\u00e8re qui est brass\u00e9e. D\u2019o\u00f9 la tonalit\u00e9 pessimiste qui se d\u00e9gage de l\u2019ouvrage\u2009: \u00ab\u00a0rien n\u2019indique que ce pouvoir empiriquement constatable de l\u2019oligarchie dans la vie partisane puisse \u00eatre bris\u00e9 dans un temps pr\u00e9visible\u00a0\u00bb (SP\u00a0246).<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Troisi\u00e8me limite\u2009: la mani\u00e8re dont Michels traite dans la 5<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">e<\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"> partie de l\u2019ouvrage ces mesures prophylactiques que sont le r\u00e9f\u00e9rendum, le \u00ab\u00a0postulat de la renonciation\u00a0\u00bb (qui fait allusion \u00e0 des pratiques du populisme russe \u2013 aller au peuple \u2013 mais peut-\u00eatre aussi la th\u00e9matique du refus de parvenir<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\">4<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">, th\u00e9matis\u00e9e quelques ann\u00e9es plus tard dans le syndicalisme r\u00e9volutionnaire), le syndicalisme r\u00e9volutionnaire et l\u2019anarchisme. Autant on peut admettre ce qu\u2019il dit du rapport entre r\u00e9f\u00e9rendum et bonapartisme (mais cela m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre contextualis\u00e9 et de tenir compte du fait que l\u2019on peut r\u00e9pondre non \u00e0 une question pos\u00e9e), autant sur les trois autres mesures, qui sont toutes plus ou moins li\u00e9es \u00e0 l\u2019anarchisme, il est n\u00e9cessaire de discuter. On soulignera en particulier l\u2019impossibilit\u00e9 pour Michels de prendre en consid\u00e9ration le refus de parvenir comme instrument efficace (ce qui peut \u00eatre mis en rapport avec son propre parcours et son propre d\u00e9sir de parvenir<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\">5<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">). Ou encore sa confusion entre minorit\u00e9s agissantes et oligarchie dirigeante s\u2019agissant du syndicalisme r\u00e9volutionnaire. Et enfin sa connaissance par trop livresque et caricaturale de l\u2019anarchisme (qu\u2019il reconduit \u00e0 un refus de l\u2019organisation). Mais, plus g\u00e9n\u00e9ralement, le probl\u00e8me tient \u00e0 la mani\u00e8re de poser la question\u2009: partant d\u2019un mod\u00e8le de changement social qui est celui des partis, Michels semble demander \u00e0 ces diff\u00e9rentes alternatives si elles parviendraient \u00e0 atteindre les buts des partis mais sans les partis, ce qui est une impasse \u2013 c\u2019est peut-\u00eatre ici tout le lexique de la prophylaxie qui est en cause.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Actualit\u00e9 de la <\/b><i><b>Sociologie du parti<\/b><\/i><b>, de Foucault \u00e0 Bourdieu<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00c9tant donn\u00e9 ce qui pr\u00e9c\u00e8de, on pourrait consid\u00e9rer le livre comme dat\u00e9 historiquement, faible th\u00e9oriquement, et peu utilisable politiquement. C\u2019est pourtant dans le d\u00e9tail de la mati\u00e8re qu\u2019il utilise, dans les analyses souvent tr\u00e8s fines qu\u2019il d\u00e9veloppe \u00e0 son propos que le livre a encore une valeur. On peut mentionner, parmi tant d\u2019autres, le passage sur la m\u00e9tamorphose psychologique de la direction (cf. SP 299-309).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais je voudrais \u00e9voquer deux prolongements possibles aux consid\u00e9rations de Michels sur les partis politiques, deux prolongements qui ont pour particularit\u00e9 d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 amorc\u00e9s \u00e0 peu pr\u00e8s simultan\u00e9ment quoique sans rapports entre eux, au tournant des ann\u00e9es 1970-80, par Michel Foucault et Pierre Bourdieu. Ce moment n\u2019est sans doute pas anodin\u2009: c\u2019est celui de la d\u00e9confiture des organisations gauchistes (notamment mao\u00efstes) et d\u2019une tentation de reconversion dans la politique classique, avec la perspective d\u2019une victoire de la gauche en 1981.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Je commence par Foucault, parce que c\u2019est \u00e0 partir de lui que, pour ma part, j\u2019en suis arriv\u00e9 \u00e0 Michels \u2013 \u00e0 un moment de mon parcours militant o\u00f9 j\u2019avais envie de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la question des organisations. Cependant, chez Foucault, on ne trouve pas de mention explicite ni implicite de l\u2019ouvrage de Michels. C\u2019est par d\u2019autres biais que l\u2019on peut l\u2019aborder\u2009: celui de l\u2019attention accord\u00e9e \u00e0 la question de la gouvernementalit\u00e9 (du mode de gouvernement des conduites humaines) propre aux partis politiques, ou plut\u00f4t \u00e0 un certain type de parti \u2013 et m\u00eame plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce qui est identifi\u00e9 comme le l\u00e9ninisme. C\u2019est dans deux cours au Coll\u00e8ge de France (en 1978<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\">6<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"> et 1979<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\">7<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">) que Foucault \u00e9voque une gouvernementalit\u00e9 sp\u00e9cifique aux partis politiques, et cela dans l\u2019horizon d\u2019un questionnement sur l\u2019origine du totalitarisme \u2013 avec cette hypoth\u00e8se provocatrice\u2009: ce n\u2019est dans une expansion de l\u2019hydre \u00e9tatique (comme le pensent les lib\u00e9raux et certains libertaires) que cette origine serait \u00e0 chercher, mais dans le type de gouvernement des hommes que constituent les partis, tout du moins ceux qui d\u00e9rivent des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes \u00e0 but politique (et non ceux qui constituent un simple marchepied vers le pouvoir). En somme, Foucault invitait \u00e0 repenser l\u2019articulation entre ce qui se produit dans les organisations politiques et les transformations politiques plus g\u00e9n\u00e9rales qu\u2019on observait \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un \u00c9tat. Foucault n\u2019a pas poursuivi le programme de recherche qu\u2019il avait pourtant annonc\u00e9 \u00e0 ce propos, et c\u2019est ce qui m\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 aller voir ceux qui, dans l\u2019histoire de la sociologie et de la pens\u00e9e politiques, s\u2019\u00e9taient int\u00e9ress\u00e9s aux rapports de pouvoir au sein des organisations \u2013 et dans ce cas, on retombe toujours sur l\u2019ouvrage de Michels.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il y a quelque chose de d\u00e9cevant toutefois dans cette g\u00e9n\u00e9alogie du parti et du totalitarisme chez Foucault\u2009: simplement esquiss\u00e9e, elle repose en outre sur une division sommaire des partis entre des partis qui sont de simples marchepieds vers le pouvoir et des partis totalitaires (o\u00f9 classer d\u00e8s lors un parti comme le SPD d\u2019avant 1914, qui va donner naissance par la suite aux deux formes de partis\u2009?). En outre, elle ne prend pas la peine de proposer une extension de l\u2019interrogation sur la gouvernementalit\u00e9 des organisations politiques \u00e0 celles qui ne correspondent pas au mod\u00e8le l\u00e9niniste. Inversement, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle il \u00e9crit, on ne trouve rien chez Michels sur le fascisme et le l\u00e9ninisme \u2013 les quelques allusions dans la seconde \u00e9dition consistent \u00e0 dire que cela devrait faire l\u2019objet d\u2019un nouveau travail. D\u2019o\u00f9 l\u2019utilit\u00e9 d\u2019aller voir chez Bourdieu, qui a men\u00e9 \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque une r\u00e9flexion sur les partis qui prend en compte leurs diff\u00e9rentes dimensions, mais chez qui, de surcro\u00eet, la continuit\u00e9 avec la perspective ouverte par Michels appara\u00eet plus clairement.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Avant de voir cependant comment Bourdieu se situe dans une certaine continuit\u00e9 avec les analyses de Michels, comment il entend, pour une part, en reprendre la dimension critique, il importe de signaler les passages par lesquels il marque explicitement sa distance avec le sociologue germano-italien. Dans Choses dites, ainsi que dans Questions de sociologie, il range Michels (avec Gaetano Mosca) parmi les n\u00e9o-machiav\u00e9liens \u00e0 qui il reproche \u00ab\u00a0leur philosophie essentialiste de l\u2019histoire qui inscrit dans la nature des \u201cmasses\u201d la propension \u00e0 se laisser d\u00e9poss\u00e9der au profit de meneurs\u00a0\u00bb<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\">8<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">, tout en soulignant que son propos est de permettre la reprise de certaines de leurs analyses. Dans Questions de sociologie, il reproche de m\u00eame aux \u00ab\u00a0lois d\u2019airain des oligarchies des n\u00e9o-machiav\u00e9liens, Michels ou Mosca\u00a0\u00bb de comprendre les lois sociologiques \u00ab\u00a0comme un destin, une fatalit\u00e9 inscrite dans la nature sociale\u00a0\u00bb<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\">9<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">. Et de m\u00eame, dans un texte \u00e9dit\u00e9 dans le recueil Propos sur le champ politique, Bourdieu discute de la th\u00e8se suivant laquelle il y aurait des \u00ab\u00a0lois d\u2019airain des appareils politiques\u00a0\u00bb en soulignant que son principal tort est de naturaliser un fait, alors que \u00ab\u00a0c\u2019est une des grandes t\u00e2ches permanentes de la sociologie, de remettre l\u2019histoire au principe de diff\u00e9rences qui sont spontan\u00e9ment trait\u00e9es comme des diff\u00e9rences naturelles\u00a0\u00bb<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\">10<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">. On trouve \u00e9galement une allusion \u00e0 Michels dans les cours sur l\u2019\u00c9tat. Dans un contexte o\u00f9 il est question de la \u00ab\u00a0loi des monopoles\u00a0\u00bb de Norbert Elias, la simple mention de la \u00ab\u00a0loi d\u2019airain des oligarchies\u00a0\u00bb semble renvoyer chez Bourdieu au fait d\u2019apercevoir un probl\u00e8me (celui de la concentration du pouvoir) mais de lui fournir une solution purement tautologique<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\">11<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">. La critique est donc claire\u2009: sur la base d\u2019un essentialisme d\u00e9shistoricis\u00e9, Michels et l\u2019\u00e9cole \u00e9litiste italienne naturalisent les faits sociaux et con\u00e7oivent les lois sociologiques comme un destin, une fatalit\u00e9, de sorte que sous couvert de fournir des causes (techniques, psychologiques, intellectuelles) du ph\u00e9nom\u00e8ne oligarchique, ils font l\u2019impasse sur toute la causalit\u00e9 historique qui d\u00e9termine ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Cette critique, quel que soit son bien-fond\u00e9, d\u00e9finit aussi en creux un programme, dont on peut en partie suivre la r\u00e9alisation chez Bourdieu\u2009: il s\u2019agit de r\u00e9historiciser les analyses de Michels et ainsi de leur redonner un potentiel critique. On peut pour cela se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 deux passages du recueil Langage et pouvoir symbolique dans lesquels Michels est mis \u00e0 contribution<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\">12<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Le premier, c\u2019est l\u2019article sur \u00ab\u00a0La repr\u00e9sentation politique\u00a0\u00bb<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\">13<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">, dont une premi\u00e8re version avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e en f\u00e9vrier-mars 1981. \u00c0 cette \u00e9poque, Bourdieu (avec d\u2019autres, comme Gilles Deleuze, F\u00e9lix Guattari ou Alain Touraine) a apport\u00e9 son soutien \u00e0 la candidature de Coluche (ce que certains, quinze ans apr\u00e8s sa mort, ne lui ont toujours pas pardonn\u00e9<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\">14<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">), donc \u00e0 une candidature radicalement ext\u00e9rieure non seulement aux partis politiques, mais au jeu politique institutionnel en g\u00e9n\u00e9ral, puisque Coluche se pr\u00e9sente comme le candidat de \u00ab\u00a0ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques\u00a0\u00bb<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\">15<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"> (finalement, Coluche renoncera au mois de mars). Le second passage, qui contient des allusions transparentes \u00e0 Michels sans toutefois le mentionner, est celui qui suit imm\u00e9diatement dans Langage et pouvoir symbolique, il s\u2019agit du texte \u00ab\u00a0La d\u00e9l\u00e9gation et le f\u00e9tichisme politique\u00a0\u00bb<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\">16<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">. Dans cet article (initialement une communication devant des \u00e9tudiants protestants en 1983), c\u2019est notamment la critique de la figure du porte-parole<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\">17<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"> et de son identification magique avec l\u2019organisation qui fait songer \u00e0 Michels \u2013 et notamment au chap. 3 de la 3<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">e<\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"> partie de la Sociologie du parti qui porte sur l\u2019identification du parti et de la personne, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment encore \u00e0 ce passage\u2009: \u00ab\u00a0\u00e0 un stade plus hautement d\u00e9velopp\u00e9 de l\u2019oligarchie d\u2019une organisation, la direction commence \u00e0 identifier non seulement les orientations, mais m\u00eame les biens et les avoirs de l\u2019organisation au sommet de laquelle elle se trouve avec ses propres biens et avoirs\u00a0\u00bb (SP\u00a0323-324). Plus encore, c\u2019est tout le passage conclusif de cet article sur les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de l\u2019appareil<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\">18<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"> qui reprend l\u2019analyse de Michels sur le lien entre d\u00e9pendance par rapport au parti et conservatisme, et \u00e9voque une \u00ab\u00a0loi d\u2019airain des appareils\u00a0\u00bb<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\">19<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">, qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre rapproch\u00e9 de Michels. Il faut souligner encore que dans ces deux textes, Bourdieu s\u2019int\u00e9resse de pr\u00e8s au conflit entre Marx et Bakounine dans l\u2019Association Internationale des Travailleurs, et cite assez avantageusement le second.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Il est possible de dresser la liste de ce que reprend Bourdieu \u00e0 Michels\u2009: l\u2019id\u00e9e d\u2019une fid\u00e9lit\u00e9 au parti de ceux qui lui doivent tout<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote20sym\" name=\"sdfootnote20anc\">20<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">, ce qui est rendu possible par la constitution d\u2019une caste de permanents (Beamte en allemand, et fonctionnaires dans la traduction PP 105 \u2013 cf. SP 187). Ce th\u00e8me de la d\u00e9pendance de l\u2019individu par rapport au parti est approfondi au moyen d\u2019une comparaison avec la religion, et sans doute en ayant en t\u00eate ce qui se passait au PCF\u2009: le parti \u00e9tant le lieu de la socialisation, tendant \u00e0 valoir comme institution totale prenant en charge la plupart des aspects de la vie des individus, s\u2019en \u00e9loigner, c\u2019est \u00eatre banni de toute une sociabilit\u00e9. Il est possible \u00e9galement de proposer un rapprochement avec la critique par Michels des illusions du syndicalisme \u2013 mais Bourdieu m\u00e8ne cette critique \u00e0 partir de Gramsci<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote21sym\" name=\"sdfootnote21anc\">21<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">. M\u00eame si c\u2019est moins central, est aussi reprise l\u2019id\u00e9e d\u2019une diff\u00e9rence qui s\u2019instaure, m\u00eame dans un syst\u00e8me de d\u00e9mocratie directe, entre ceux qui ont le temps et ceux qui n\u2019ont pas le temps de participer \u00e0 une entreprise politique \u2013 en lien avec le constat d\u2019une r\u00e9gression des capacit\u00e9s scientifiques chez ceux qui s\u2019engagent dans un parti (PP 155, SP 302). Mais c\u2019est l\u2019indice d\u2019un int\u00e9r\u00eat plus g\u00e9n\u00e9ral pour les transfuges de la bourgeoisie qui rejoignent les partis ouvriers, int\u00e9r\u00eat qui transpire de ces pages<\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote22sym\" name=\"sdfootnote22anc\">22<\/a><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Bourdieu reprend encore ce que disait Michels sur le go\u00fbt des dirigeants de parti pour la terminologie militaire, le r\u00f4le qu\u2019ils jouent dans la mise en place d\u2019une discipline de parti et leur appel \u00e0 la n\u00e9cessaire coh\u00e9sion face \u00e0 l\u2019ennemi (respectivement PP 129, 144, 163 et SP 281, 267, 318). Cette analyse se trouve appliqu\u00e9e par Bourdieu au stalinisme. Le sociologue fran\u00e7ais consid\u00e8re en effet que la militarisation est la seule contribution originale de Staline au bolchevisme. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, l\u2019ombre de Staline plane sur ces pages parce qu\u2019il est aussi une figure d\u00e9nu\u00e9e de charisme, qui doit tout au parti, donc l\u2019exemple de quelqu\u2019un qui est investi par le parti parce qu\u2019il a tout investi en lui. Enfin, on l\u2019a vu \u00e0 partir de l\u2019article sur le f\u00e9tichisme politique, Bourdieu mobilise les analyses de Michels sur l\u2019identification du dirigeant au parti.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Quelques mots de conclusion<\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\">Il y a peut-\u00eatre une contradiction nich\u00e9e au sein de toute critique du ph\u00e9nom\u00e8ne partisan qui a pour horizon la d\u00e9mocratie. L\u2019enjeu serait alors de rechercher d\u2019autres voies pour le changement social que celle qui passe par les partis, la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, etc. Ce serait peut-\u00eatre cela, rompre avec ce que Bourdieu appelle le f\u00e9tichisme politique. On peut aussi peut-\u00eatre discuter la lecture que propose Bourdieu de Michels lorsqu\u2019il met dans le m\u00eame sac \u00ab\u00a0n\u00e9o-machiav\u00e9lien\u00a0\u00bb Michels et Mosca (cit\u00e9s ensemble, mais \u00e0 propos de ce que le premier a \u00e9crit). On notera encore que le projet, dessin\u00e9 en creux, de redonner un contenu historique \u00e0 l\u2019\u00e9tiologie propos\u00e9e dans la Sociologie du parti en reste sous la plume de Bourdieu \u00e0 l\u2019\u00e9tat de projet. Il y aurait donc lieu de prolonger encore cette piste. Mais il est aussi possible de faire un usage critique de Michels, y compris dans ce qu\u2019il peut avoir de plus fixiste. Ce que lui reproche Bourdieu, c\u2019est finalement d\u2019\u00eatre quelqu\u2019un qui a int\u00e9r\u00eat au laisser-faire \u2013 de fait, ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait le cas (pour Michels, le combat contre les d\u00e9rives oligarchiques est sans cesse \u00e0 reprendre), mais surtout on pourrait aussi se dire que la solution aux probl\u00e8mes pos\u00e9s par l\u2019organisation partisane ne peuvent se r\u00e9soudre dans l\u2019organisation partisane \u2013 ce qui serait si l\u2019on veut la r\u00e9ponse anarchiste, consistant \u00e0 rendre \u00e0 l\u2019anarchisme ce que Michels lui doit. Reste n\u00e9anmoins chez ce dernier cette id\u00e9e forte que le renoncement \u00e0 la lutte pour l\u2019\u00e9mancipation s\u2019observe d\u2019abord dans le renoncement \u00e0 une organisation vraiment d\u00e9mocratique, de sorte que la d\u00e9mocratie devient pour les partis, m\u00eame les plus radicaux, un simple produit d\u2019exportation (cf. SP 89 sur l\u2019impossibilit\u00e9 que, dans un parti politique, la d\u00e9mocratie soit \u00e0 usage interne).<\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><strong>Jean-Christophe Angaut<\/strong> <em>est ma\u00eetre de conf\u00e9rences de philosophie \u00e0 l\u2019ENS Lyon\u00a0et membre du collectif de r\u00e9daction de la revue anarchiste <\/em>R\u00e9fractions<em>. Il a r\u00e9alis\u00e9 la premi\u00e8re traduction int\u00e9grale en fran\u00e7ais et la pr\u00e9sentation du classique de Robert Michels datant de 1911, <\/em>Sociologie du parti dans la d\u00e9mocratie moderne. Enqu\u00eate sur les tendances oligarchiques de la vie des groupes<em> (Paris, Gallimard, collection \u00ab\u00a0Folio in\u00e9dit essais\u00a0\u00bb, 2015).<\/em><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Une premi\u00e8re version de ce texte a servi de support \u00e0 mon intervention au Premier Forum de l\u2019\u00e9mancipation de N\u00eemes, co-organis\u00e9 le 21\u00a0janvier 2017 par l\u2019Universit\u00e9 Critique et Citoyenne de N\u00eemes, la F\u00e9ria du livre de la critique sociale et des \u00e9mancipations de N\u00eemes et ATTAC N\u00eemes. Ce Forum \u00e9tait consacr\u00e9 au th\u00e8me\u2009: \u00ab\u00a0Les partis politiques sont-ils utiles aux \u00e9mancipations\u2009?\u00a0\u00bb. Ma conf\u00e9rence avait pour titre \u00ab\u00a0Critique sociologique des partis politiques depuis Robert Michels\u00a0\u00bb. Les vid\u00e9os du Forum sont consultables sur Mediapart\u2009: <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000080;\"><u><a href=\"https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-club-mediapart\/blog\/270117\/les-partis-politiques-sont-ils-utiles-pour-les-emancipations\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">https:\/\/blogs.mediapart.fr\/le-club-mediapart\/blog\/270117\/les-partis-politiques-sont-ils-utiles-pour-les-emancipations<\/span><\/span><\/span><\/a><\/u><\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> .<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Dans ce qui suit, je me r\u00e9f\u00e8re \u00e0 ma traduction (Robert Michels, <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial-ItalicMT, cursive;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"><i>Sociologie du parti dans la d\u00e9mocratie moderne<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">, Paris, Gallimard, 2015) par le sigle SP suivi du num\u00e9ro de page. Au besoin, je cite la pr\u00e9c\u00e9dente traduction de 1914 (dans sa r\u00e9\u00e9dition\u2009: Robert Michels, Les partis politiques, Paris, Flammarion, 1971) avec le sigle PP suivi du num\u00e9ro de page.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Voir \u00e0 ce propos Aur\u00e9lien Berlan, <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial-ItalicMT, cursive;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"><i>La fabrique des derniers hommes<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">, Paris, La D\u00e9couverte, 2012.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Marianne Enckell, Le refus de parvenir, Paris, Indig\u00e8nes, 2014.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> CIRA (coord.), Refuser de parvenir, Paris, Nada, 2016 (voir notamment ma contribution \u00ab\u00a0D\u00e9classement et r\u00e9volution chez Bakounine\u00a0\u00bb).<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> M. Foucault, Le\u00e7on du 1<\/span><\/span><\/span><sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: xx-small;\"><span lang=\"en-US\">e<\/span><\/span><\/span><\/sup><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">r mars 1978, dans S\u00e9curit\u00e9, territoire, population. Cours au Coll\u00e8ge de France, 1977-1978, Paris, Gallimard-Seuil, collection \u00ab\u00a0Hautes \u00c9tudes\u00a0\u00bb, 2004, pp. 202-203.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> M. Foucault, Le\u00e7on du 7 mars 1979, dans Naissance de la biopolitique. Cours au Coll\u00e8ge de France, 1978-1979, Paris, Gallimard-Seuil, collection \u00ab\u00a0Hautes \u00c9tudes\u00a0\u00bb, 2004, pp. 196-197.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> P. Bourdieu, Choses dites, Paris, Minuit, 1987.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> P. Bourdieu, Questions de sociologie, Paris, Minuit, 1980, p. 45.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> P. Bourdieu, Propos sur le champ politique, Lyon, PUL, 2000, pp. 54 sq.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> P. Bourdieu, Sur l\u2019\u00c9tat. Cours au Coll\u00e8ge de France (1989-1992), Paris, Seuil, 2012, p. 397.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> P. Bourdieu, Langage et pouvoir symbolique, Paris, Seuil, 2001. M\u00eame si la r\u00e9f\u00e9rence n\u2019est pas indiqu\u00e9e en note, Bourdieu cite l\u2019\u00e9dition 1971 de la traduction r\u00e9alis\u00e9e en 1914 par Samuel Jank\u00e9l\u00e9vitch.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Ibid., pp. 213-258 et plus particuli\u00e8rement p. 246 et pp. 253-256 pour les mentions explicites de Michels.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Voir par exemple Guillaume Erner, \u00ab\u00a0Le mal que Bourdieu a fait \u00e0 la gauche\u00a0\u00bb, <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial-ItalicMT, cursive;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"><i>Huffington Post<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">, 22\/01\/2012 (disponible en ligne\u2009: <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000080;\"><u><a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.fr\/guillaume-erner\/anniversaire-bourdieu-gauche_b_1213907.html\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">http:\/\/www.huffingtonpost.fr\/guillaume-erner\/anniversaire-bourdieu-gauche_b_1213907.html<\/span><\/span><\/span><\/a><\/u><\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">), qui s\u2019ach\u00e8ve par cette tirade h\u00e9ro\u00efque\u2009: \u00ab\u00a0Le grand soir ou rien, telle est finalement la maxime de ces intellectuels de gauche devenus nihiliste [sic] par incapacit\u00e9 \u00e0 dig\u00e9rer leur marxisme. Cette passion pour le nihilisme est parfaitement symbolis\u00e9e par le soutien que Pierre Bourdieu apporta, parmi d\u2019autres intellectuels de gauche, \u00e0 la candidature de Coluche en 1981. Coluche plut\u00f4t que Mitterrand, car Mitterrand, c\u2019\u00e9tait \u00e9videmment Giscard\u2009: voil\u00e0 ce que fut aussi la contribution de Pierre Bourdieu \u00e0 l\u2019histoire de la gauche fran\u00e7aise.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Rappelons le texte de l\u2019affiche qui annonce la candidature de Coluche\u2009: \u00ab\u00a0J\u2019appelle les fain\u00e9ants, les crasseux, les drogu\u00e9s, les alcooliques, les p\u00e9d\u00e9s, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les pi\u00e9tons, les Arabes, les Fran\u00e7ais, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques \u00e0 voter pour moi, \u00e0 s\u2019inscrire dans leurs mairies et \u00e0 colporter la nouvelle. Tous ensemble pour leur foutre au cul avec Coluche.\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> P. Bourdieu, Langage et pouvoir symbolique, <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial-ItalicMT, cursive;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"><i>op. cit.<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">, pp. 259-279.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Ibid., p. 265. Voir \u00e0 ce propos les analyses de Claude Gautier, \u00ab\u00a0La voix des sans-voix\u2009: condamn\u00e9s \u00e0 \u00eatre parl\u00e9s\u2009? La condition du porte-parole\u00a0\u00bb, <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial-ItalicMT, cursive;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"><i>in<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> R. Descendre et J.-L. Fournel\u00a0(dir.), Langages, politique, histoire\u2009: avec Jean-Claude Zancarini, Lyon, ENS \u00c9ditions, Hors collection, 2015, pp.\u00a0587-598, et \u00ab\u00a0La repr\u00e9sentation chez Pierre Bourdieu\u2009: de la d\u00e9l\u00e9gation comme d\u00e9cision \u00e0 la d\u00e9l\u00e9gation comme d\u00e9possession. Hypoth\u00e8ses de lecture\u00a0\u00bb, Cit\u00e9s, 2012, n\u1d52\u00a051, pp. 65-77, <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000080;\"><u><a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-cites-2012-3-page-65.htm\"><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">https\u2009:\/\/www.cairn.info\/revue-cites-2012-3-page-65.htm<\/span><\/span><\/span><\/a><\/u><\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> .<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Langage et pouvoir symbolique, <\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial-ItalicMT, cursive;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"><i>op. cit.<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">, pp. 275 sq.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Ibid., p.\u00a0277.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote20\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote20anc\" name=\"sdfootnote20sym\">20<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Ibid., p.\u00a0246. La phrase cit\u00e9e (renvoyant \u00e0 PP 101) n\u2019existe pas dans le texte allemand \u2013 mais on trouve une d\u00e9claration analogue sous la plume de Michels (SP 196).<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote21\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: MinionPro-Regular;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote21anc\" name=\"sdfootnote21sym\">21<\/a> <span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\"> Ibid., p.\u00a0249.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote22\">\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote22anc\" name=\"sdfootnote22sym\">22<\/a> <span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">Ibid<\/span><span style=\"font-family: ArialMT, sans-serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><span lang=\"en-US\">., pp. 253-255.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<p lang=\"fr-FR\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong><em>Les commentaires sont mod\u00e9r\u00e9s (les points de vue non argument\u00e9s et\/ou agressifs ne sont pas retenus).<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Jean-Christophe Angaut1 Lorsqu\u2019on s\u2019interroge sur les ressources sociologiques dont on dispose pour mener une critique des partis (qui n\u2019implique pas imm\u00e9diatement une condamnation) du point de vue de leur apport aux luttes d\u2019\u00e9mancipation, il est &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":3956,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[61,47],"tags":[],"class_list":["post-3950","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-critique","category-histoire-des-idees"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Bob.Michels.jpg?fit=218%2C178&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pc9uqr-11I","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3950","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3950"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3950\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3962,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3950\/revisions\/3962"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3956"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3950"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3950"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3950"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}