{"id":3309,"date":"2015-11-04T11:06:13","date_gmt":"2015-11-04T09:06:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/?p=3309"},"modified":"2015-12-09T17:36:31","modified_gmt":"2015-12-09T15:36:31","slug":"enjeux-libertaires-pour-le-xxie-siecle-par-un-anarchiste-neophyte-philippe-corcuff","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/?p=3309","title":{"rendered":"Enjeux libertaires pour le XXIe si\u00e8cle par un anarchiste n\u00e9ophyte &#8211; Philippe Corcuff"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Introduction en \u00ab\u00a0bonnes feuilles\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>L\u2019int\u00e9gral de l\u2019introduction <\/em>d\u2019Enjeux libertaires pour le XXI<sup>e <\/sup>si\u00e8cle par un anarchiste n\u00e9ophyte<em> (Paris, \u00c9ditions du Monde libertaire, octobre 2015, pp. 3-20) est publi\u00e9 ici en \u00ab\u00a0bonnes feuilles\u00a0\u00bb pour le site Grand Angle.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><strong>Introduction\u00a0: M\u00e9thodologie pragmatique pour un anarchisme pragmatiste<\/strong><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ab\u00a0Le genre humain s\u2019est toujours acharn\u00e9 \u00e0 trouver un concept unique capable de tout expliquer\u00a0: religion, visites d\u2019extraterrestres, marxisme, th\u00e9orie des cordes, psychologie\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">James Sallis, <em>Salt River<\/em>, 2007<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ab\u00a0La malth\u00e9orie est comme la malbouffe\u00a0: elle ne nourrit pas, elle ne fait que distraire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Sous-commandant Marcos, \u00ab\u00a0De la r\u00e9flexion critique, individus et collectifs\u00a0\u00bb, avril 2011, repris dans <em>\u00c9thique et politique<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/enjeux-libertaires-couv.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3320\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/enjeux-libertaires-couv.jpg?resize=200%2C287&#038;ssl=1\" alt=\"enjeux libertaires couv\" width=\"200\" height=\"287\" \/><\/a>C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un mec qui a commenc\u00e9 comme \u00ab\u00a0social-tra\u00eetre\u00a0\u00bb (au Parti socialiste) \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 et qui au bout de presque 40 ans de militantisme se retrouve dans une organisation anarchiste, la F\u00e9d\u00e9ration anarchiste (FA)\u2026 C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un mec qui a fait de la sociologie et de la philosophie politique les deux cordes de son m\u00e9tier, et qui s\u2019efforce de relier p\u00e9niblement critique sociale et \u00e9mancipation, en nouant un dialogue entre exp\u00e9riences militantes et outils intellectuels. \u00c1 cause de cette \u00e9trange lubie, il est souvent mal vu \u00e0 la fois par ses coll\u00e8gues universitaires et par ses camarades militants. Et en plus quand ce mec \u00e9crit \u00e9pisodiquement dans <em>Le Monde<\/em> ou <em>Lib\u00e9ration<\/em>, c\u2019est la cata de \u00ab\u00a0l\u2019intellectuel m\u00e9diatique pourri\u00a0\u00bb. Il est balourd ce keum\u00a0! Un peu gauche\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<h5><em>M\u00e9lancolie pour le XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, entre puanteurs et renaissance \u00e9mancipatrice<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sur le temps long, des senteurs m\u00e9lancoliques s\u2019exhalent de la critique sociale. Des espoirs de sortie du capitalisme ont commenc\u00e9 \u00e0 se faire jour au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et n\u2019ont toujours pas r\u00e9ussi \u00e0 se concr\u00e9tiser durablement. Les mots \u00ab\u00a0socialisme\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0communisme\u00a0\u00bb ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 ab\u00eem\u00e9s par des logiques autoritaires, voire totalitaires. Des am\u00e9liorations de la condition humaine ont, certes, \u00e9t\u00e9 conquises de hautes luttes, mais pas un cadre postcapitaliste plus favorable \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation individuelle et collective. Pourtant, \u00e0 la fin du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et au d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, des amorces de renaissance critique pointent le bout de leur nez\u00a0: d\u2019altermondialisme en processus r\u00e9volutionnaires arabes inachev\u00e9s, d\u2019<em>Indignados<\/em> espagnols et grecs en <em>Occupy Wall Street<\/em> am\u00e9ricain, de Wikileaks en Anonymous parmi les hacktivistes d\u2019internet, d\u2019AMAP (associations pour le maintien d&rsquo;une agriculture paysanne) en ZAD (Zones \u00e0 d\u00e9fendre), des mobilisations climatiques \u00e0 \u00ab\u00a0la simplicit\u00e9 volontaire\u00a0\u00bb, etc. On ne doit pas, pour autant, c\u00e9der \u00e0 l\u2019obsession m\u00e9diatique du \u00ab\u00a0nouveau\u00a0\u00bb toujours plus \u00ab\u00a0nouveau\u00a0\u00bb, et qui change sans arr\u00eat dans l\u2019illusionnisme de l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9, comme nous y incite prudemment le travail sociologique de Lilian Mathieu <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Dans le m\u00eame temps, en Europe, et en France tout particuli\u00e8rement, des tentations \u00ab\u00a0postfascistes\u00a0\u00bb et des humeurs id\u00e9ologiques x\u00e9nophobes et nationalistes se consolident comme pr\u00e9tendues r\u00e9ponses \u00e0 la triple crise du capitalisme mondialis\u00e9, de l\u2019\u00c9tat-nation et de la politique repr\u00e9sentative-professionnelle, en cr\u00e9ant m\u00eame des brouillages suppl\u00e9mentaires \u00e0 gauche <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au croisement des r\u00eaves et des d\u00e9senchantements d\u2019hier comme des bribes \u00e9mancipatrices et des inqui\u00e9tudes d\u2019aujourd\u2019hui, il peut sembler opportun de mieux localiser les ressources disponibles en mati\u00e8re de critique et d\u2019\u00e9mancipation afin de les red\u00e9ployer dans un nouveau contexte socio-historique pour r\u00e9pondre \u00e0 des enjeux renouvel\u00e9s. Il s\u2019agit tout \u00e0 la fois des outils critiques que nous avons \u00e0 notre disposition pour d\u00e9crypter le monde, mais aussi pour le transformer et, partant, pour penser les r\u00e9sistances \u00e0 ces vis\u00e9es transformatrices inscrites dans ledit monde (et en nous, parties prenantes et transformateurs potentiels du monde). Si nous voulons prendre en compte ces trois dimensions dans une critique \u00e9largie, il nous faut plut\u00f4t parler de <em>critique sociale \u00e9mancipatrice<\/em>, et pas seulement de critique sociale. D\u2019autant plus que les id\u00e9ologues x\u00e9nophobes d\u2019aujourd\u2019hui, les Soral et autres Zemmour, ont promu une critique tournant sur elle-m\u00eame car d\u00e9tach\u00e9e de ses appuis \u00e9mancipateurs sous la modalit\u00e9 envo\u00fbtante du \u00ab\u00a0politiquement incorrect\u00a0\u00bb, machine de guerre contre les valeurs historiques de gauche et rapt peu souvent per\u00e7u de la posture critique. L\u2019\u00e9mancipation peut \u00eatre entendue aujourd\u2019hui comme la perspective, en jeu d\u00e8s l\u2019ici et maintenant sans attendre d\u2019hypoth\u00e9tiques \u00ab\u00a0lendemains qui chantent\u00a0\u00bb, d\u2019une sortie des dominations \u00e0 travers la construction d\u2019une autonomie individuelle et collective dans un horizon postcapitaliste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nous sommes situ\u00e9s \u00e0 un moment charni\u00e8re, o\u00f9 nous devons dans le m\u00eame temps r\u00e9sister \u00e0 la possibilit\u00e9 du pire <em>et<\/em> recomposer un imaginaire \u00e9mancipateur cosmopolitique largement parti en lambeaux. Et cela dans un choc des temporalit\u00e9s, entre les urgences face aux puanteurs de l\u2019extr\u00eame droitisation et le temps moyen de la reconstruction. En sachant que la reconstitution d\u2019une boussole \u00e9mancipatrice peut \u00eatre utile pour donner plus de force aux r\u00e9sistances du court terme, en les r\u00e9ins\u00e9rant dans un cadre globalisant. C\u2019est justement \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019instant du danger\u00a0\u00bb que Walter Benjamin situait la n\u00e9cessit\u00e9 de se retourner vers le pass\u00e9 enfoui de \u00ab\u00a0la tradition des opprim\u00e9s\u00a0\u00bb afin d\u2019y puiser des ressources pour rouvrir des chemins \u00e9mancipateurs d\u2019avenir via l\u2019action pr\u00e9sente. Il le faisait dans ses th\u00e8ses \u00ab\u00a0Sur le concept d\u2019histoire\u00a0\u00bb de 1940 <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, alors que juif il fuyait la mont\u00e9e du nazisme en Europe, quelques mois avant de se suicider \u00e0 la fronti\u00e8re franco-espagnole.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour r\u00e9agir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ce moment particulier, ce livre a un cadre limit\u00e9\u00a0: celui d\u2019une philosophie politique \u00e9mancipatrice, c\u2019est-\u00e0-dire r\u00e9explorant ce que pourrait \u00eatre les probl\u00e8mes et les rep\u00e8res d\u2019une cit\u00e9 d\u00e9mocratique-libertaire favorisant l\u2019\u00e9mancipation individuelle et collective. Partant, il peut \u00eatre vu comme le compl\u00e9ment d\u2019un ouvrage ant\u00e9rieur, <em>O\u00f9 est pass\u00e9e la critique sociale\u00a0? <\/em><a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, principalement situ\u00e9 sous l\u2019angle d\u2019une sociologie critique, \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans un rapport privil\u00e9gi\u00e9 avec des instruments de mise en cause des ordres sociaux dominants. Toutefois les deux livres m\u00e9nagent chacun des intersections et des dialogues entre sociologie critique et philosophie politique \u00e9mancipatrice. Par ailleurs, on trouvera dans cet ouvrage comme dans d\u2019autres quelques zones d\u2019\u00e9change avec les cultures ordinaires (chansons, polars, cin\u00e9ma, s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, etc.), parties-prenantes des sociabilit\u00e9s quotidiennes, principalement dans ce cas avec le registre chansonnant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><em>Un anarchisme pragmatiste\u00a0?<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La double r\u00e9\u00e9valuation et relance d\u2019une critique sociale \u00e9mancipatrice pour le XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle a tout particuli\u00e8rement \u00e0 faire son miel des actions et des r\u00e9flexions anarchistes, souvent et longtemps marginalis\u00e9es dans le mouvement ouvrier et socialiste. Or, les pratiques et les pens\u00e9es anarchistes connaissent aujourd\u2019hui un certain regain dans le monde. Sur le premier plan, l\u2019effervescence grecque appara\u00eet comme une des exp\u00e9riences en pointe, comme le montre le beau film de Yannis Youlountas, <em>Ne vivons plus comme des esclaves<\/em> (2013) <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Sur le second plan, la partie \u00e9merg\u00e9e de l\u2019iceberg est constitu\u00e9e par la nouvelle anthropologie anarchiste nord-am\u00e9ricaine, avec les figures de David Graeber <a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> et de James C. Scott <a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Cependant, en France l\u2019anarchisme, et tout particuli\u00e8rement les organisations libertaires, appara\u00eet nettement plus atone.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais qu\u2019est ce que signifie dans ce livre l\u2019anarchie ainsi revendiqu\u00e9e\u00a0? Je l\u2019entends, en premier lieu, non pas comme un d\u00e9sordre \u2013 contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue fort pr\u00e9gnante \u2013 mais, selon la formule de Philippe Pelletier, comme \u00ab\u00a0l\u2019absence d\u2019un principe directeur unique, ce qui n\u2019exclut pas l\u2019existence de r\u00e8gles sociales librement d\u00e9finies\u00a0\u00bb et suppose, par contre, \u00ab\u00a0la pluralit\u00e9 des principes\u00a0\u00bb <a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Puis, j\u2019envisage les qualificatifs \u00ab\u00a0anarchiste\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0libertaire\u00a0\u00bb dans leurs intersections avec des id\u00e9aux de d\u00e9mocratie radicale, ce qui est loin de faire l\u2019unanimit\u00e9 dans les galaxies anarchiste et d\u00e9mocratique\u00a0: en ce qu\u2019ils sont susceptibles d\u2019associer la vis\u00e9e d\u2019autogouvernement de soi et celle d\u2019autogouvernement des collectivit\u00e9s humaines (ou du \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb comme produit d\u2019un processus d\u2019autoconstitution, et surtout pas comme une \u00ab\u00a0essence\u00a0\u00bb \u00e0 la mani\u00e8re des usages x\u00e9nophobes, nationalistes et n\u00e9oconservateurs en cours). Cela implique de valoriser les dispositifs d\u2019auto-organisation et d\u2019auto-\u00e9mancipation. Ce qui va \u00e0 rebours des tendances dominantes historiquement \u00e0 gauche, de social-d\u00e9mocratie en social-lib\u00e9ralisme, de l\u00e9ninisme en stalinisme, de r\u00e9publicanisme en gauche radicale actuelle, c\u2019est-\u00e0-dire une politique tut\u00e9laire, de mise sous tutelle plus ou moins <em>soft<\/em> des opprim\u00e9s en leur nom. On n\u2019est pas n\u00e9cessairement conduit, pour autant, \u00e0 tirer un trait sur les indispensables minorit\u00e9s actives, militants sur la dur\u00e9e ou mobilis\u00e9s plus occasionnels. C\u2019est cependant une invitation \u00e0 ne plus promouvoir ces minorit\u00e9s \u00e0 l\u2019avant-garde des opprim\u00e9s, comme si elles menaient un troupeau, mais comme ayant \u00e0 fabriquer une politique \u00e9mancipatrice <em>avec<\/em> les opprim\u00e9s <em>\u00e0 partir de<\/em> leur vie quotidienne, et non pas par en haut et \u00e0 leur place en r\u00e9p\u00e9tant des mots d\u2019ordre g\u00e9n\u00e9raux descendus des milieux dirigeants ou de penseurs suppos\u00e9s omniscients.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si l\u2019intellectuel professionnel que je suis aussi veut prendre vraiment au s\u00e9rieux le double id\u00e9al libertaire-d\u00e9mocratique d\u2019autogouvernement de soi et d\u2019autogouvernement du peuple, il ne peut pas proposer des \u00ab\u00a0solutions\u00a0\u00bb que les militants et plus largement les opprim\u00e9s n\u2019auraient plus qu\u2019\u00e0 adopter. Il peut tout au plus fournir un <em>appui m\u00e9thodologique<\/em> dans la formulation des questions et des probl\u00e8mes. Il s\u2019agit modestement de mettre \u00e0 disposition des outillages susceptibles d\u2019aider des individus et des groupes \u2013 ceux qui souhaitent s\u2019en saisir \u2013 \u00e0 b\u00e2tir leurs propres r\u00e9ponses. Cela d\u00e9sappointera ceux qui sont en qu\u00eate de r\u00e9ponses simples et rassurantes, passant par des hommes politiques providentiels ou par des penseurs providentiels. C\u2019est dans une logique principalement m\u00e9thodologique d\u2019\u00e9tayage possible d\u2019une autonomie individuelle et collective sur le plan conceptuel que cet ouvrage a ainsi \u00e9t\u00e9 con\u00e7u. L\u2019artisan sociologue et philosophe se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un plombier de la critique sociale \u00e9mancipatrice\u00a0: nettoyant certaines canalisations encrass\u00e9es, donnant quelques coups de marteau sur des tuyaux caboss\u00e9s ou d\u00e9sajust\u00e9s, rempla\u00e7ant certaines pi\u00e8ces trop usag\u00e9es, tentant de nouveaux embranchements \u00e0 la place d\u2019autres abandonn\u00e9s afin d\u2019am\u00e9liorer la fluidit\u00e9\u2026Cet essai de philosophie politique peut alors \u00eatre \u00e9galement compris comme un manuel de plomberie et de tuyauterie en mati\u00e8re de pens\u00e9e anarchiste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cela a des cons\u00e9quences quant au statut des intellectuels professionnels dans les processus \u00e9mancipateurs. Ils ont une place, mais seconde, ce qui met \u00e0 distance tout \u00e0 la fois l\u2019arrogance intellectualiste et la stigmatisation anti-intellectualiste. Cela participe de l\u2019\u00e9mergence possible de ce que j\u2019appelle une <em>intellectualit\u00e9 d\u00e9mocratique<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire la mise en place d\u2019espaces pluriels de dialogues, de coop\u00e9rations, de tensions et de confrontations entre mouvements sociaux, praticiens d\u2019exp\u00e9rimentations alternatives, organisations politiques, intellectuels professionnels, journalisme ind\u00e9pendant, artistes subversifs et personnes ordinaires, dans la perspective de la production d\u2019id\u00e9es critiques et \u00e9mancipatrices globalisantes renouvel\u00e9es, et cela \u00e0 partir des traditions h\u00e9rit\u00e9es <a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce livre aura d\u2019abord une tonalit\u00e9 th\u00e9orique, en se coltinant des concepts (le capitalisme, le couple libert\u00e9\/\u00e9galit\u00e9 ou la d\u00e9croissance), des auteurs (Proudhon, Marx, Bakounine, Rosa Luxemburg, Emmanuel Levinas, Andr\u00e9 Gorz, Michel Foucault, etc.), le rep\u00e9rage de probl\u00e8mes (comme les liens et les tensions entre singularit\u00e9 individuelle et justice sociale) et l\u2019\u00e9nonciation de questions (par exemple\u00a0: peut-on envisager des institutions sans \u00c9tat\u00a0?). Il s\u2019agira de th\u00e9orie en un sens donc m\u00e9thodologique, ayant affaire \u00e0 des outils destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9s dans des pratiques \u00e0 travers la confrontation au r\u00e9el. C\u2019est en ce premier sens que l\u2019on peut parler ici de pragmatisme dans la d\u00e9marche suivie. Un pragmatisme qui emprunte \u00e0 Foucault la vision de \u00ab\u00a0la th\u00e9orie comme bo\u00eete \u00e0 outils\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Car les discussions th\u00e9oriques men\u00e9es ne le seront pas dans l\u2019univers \u00e9th\u00e9r\u00e9 du \u00ab\u00a0ciel pur des id\u00e9es\u00a0\u00bb. Elles viennent d\u2019une certaine fa\u00e7on des rugosit\u00e9s de la pratique et ont vocation \u00e0 y retourner. Ici le pragmatisme d\u2019une figure pionni\u00e8re de l\u2019anarchisme, Pierre-Joseph Proudhon, nous sert de poteau indicateur\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0L\u2019id\u00e9e, avec ses cat\u00e9gories, na\u00eet de l\u2019action et doit revenir \u00e0 l\u2019action, \u00e0 peine de d\u00e9ch\u00e9ance pour l\u2019agent.\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les questionnements conceptuels poursuivis dans ce livre sont bien issus de l\u2019action\u00a0: ils ont une insertion dans une biographie militante et un essai d\u2019\u00e9valuation critique de ce parcours cahoteux (dans le premier chapitre), mais, plus largement, ils sont h\u00e9rit\u00e9s de l\u2019histoire du mouvement ouvrier et socialiste, de ses esp\u00e9rances, de ses embellies, de ses \u00e9cueils et de ses impasses. Ensuite, ils sont mis en rapport avec des caract\u00e9ristiques socio-historiques de la p\u00e9riode, empoignent certains aspects du monde de ce d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, plut\u00f4t que de r\u00e9p\u00e9ter ind\u00e9finiment des recettes ou des dogmes suppos\u00e9s intemporels ind\u00e9pendamment des moments et des lieux o\u00f9 vivent les opprim\u00e9s. Et, enfin, ils sont mis \u00e0 disposition afin de pouvoir renouer avec des actions, si des lecteurs se les approprient pragmatiquement, \u00e0 leurs fa\u00e7ons. Dans ce processus, le moment intellectuel de r\u00e9flexivit\u00e9 et de reformulation, avec l\u2019aide de la sociologie et de la philosophie, est second et la pratique premi\u00e8re. Cependant, il n\u2019est pas inutile, pragmatiquement, que quelques-uns au moins se pr\u00e9occupent du secondaire, surtout dans un contexte d\u2019une certaine d\u00e9sintellectualisation \u00e0 gauche <a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ma d\u00e9marche est en un second sens, convergent, pragmatiste, parce qu\u2019elle s\u2019efforce de trouver des hybridations entre l\u2019anarchisme et le pragmatisme philosophique am\u00e9ricain, c\u2019est-\u00e0-dire un courant ayant \u00e9merg\u00e9 \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> et au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, avec Charles Sanders Peirce, William James ou John Dewey (voir plus particuli\u00e8rement les chapitres 9 et 12). Dans cette perspective, je me situe dans le sillage du d\u00e9frichage de ce terrain op\u00e9r\u00e9 par Ir\u00e8ne Pereira <a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Le pragmatisme s\u2019int\u00e9resse de mani\u00e8re privil\u00e9gi\u00e9e aux effets de l\u2019action. Un anarchisme pragmatiste s\u2019int\u00e9ressera surtout, plut\u00f4t qu\u2019aux vaines et d\u00e9risoires rh\u00e9toriques ou aux postures identitaires anarchistes, aux <em>effets \u00e9mancipateurs, individuels et collectifs, de l\u2019action sur le r\u00e9el<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/emancipation2.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3325\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/emancipation2.jpg?resize=500%2C373&#038;ssl=1\" alt=\"emancipation2\" width=\"500\" height=\"373\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/emancipation2.jpg?w=500&amp;ssl=1 500w, https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/emancipation2.jpg?resize=300%2C224&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><em>Une m\u00e9thodologie pragmatique inspir\u00e9e de Michel Foucault<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Promouvoir une d\u00e9marche pragmatiste implique, si l\u2019on veut avoir de la coh\u00e9rence intellectuelle, de fabriquer aussi de mani\u00e8re pragmatique les \u00e9nonc\u00e9s d\u2019une th\u00e9orie pragmatiste, \u00e0 la diff\u00e9rence d\u2019un certain pragmatisme acad\u00e9mique en vogue aujourd\u2019hui en France, paradoxalement effray\u00e9 par l\u2019action politique et conformiste dans la mani\u00e8re m\u00eame d\u2019\u00e9laborer des discours pragmatistes. L\u2019inspiration pragmatiste de ce livre appelait une m\u00e9thodologie pragmatique pour travailler des auteurs et des concepts. Je l\u2019ai trouv\u00e9 chez Foucault. Cela consiste \u00e0 tirer des indications de m\u00e9thode de certains de ses \u00e9crits. Dans des textes de 1969\u00a0&#8211; l\u2019ouvrage <em>L\u2019arch\u00e9ologie du savoir <\/em><a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a> et la conf\u00e9rence \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019un auteur\u00a0?\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a> -, le philosophe nous invite \u00e0 une interrogation critique quant au pr\u00e9suppos\u00e9 d\u2019unit\u00e9 n\u00e9cessaire des \u00ab\u00a0\u0153uvres\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0auteurs\u00a0\u00bb, qui conduit \u00e0 les f\u00e9tichiser. Il parle \u00e0 ce propos de \u00ab\u00a0synth\u00e8ses toutes faites\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0continuit\u00e9s irr\u00e9fl\u00e9chies\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un tel pr\u00e9suppos\u00e9 appara\u00eet largement dominant dans l\u2019histoire universitaire des id\u00e9es et de la philosophie, mais aussi dans les milieux militants comme parmi les penseurs critiques (anarchistes, marxistes ou autres). Ce type d\u2019a priori porte une lecture implicitement <em>id\u00e9aliste<\/em> et <em>subjectiviste<\/em> des id\u00e9es et des textes, qui va d\u2019ailleurs souvent \u00e0 l\u2019encontre des affirmations explicitement mat\u00e9rialistes et sociales des lecteurs radicaux. Car cela tend \u00e0 donner une toute-puissance aux id\u00e9es (sous la forme de \u00ab\u00a0l\u2019\u0153uvre\u00a0\u00bb) et au sujet individuel (sous la forme de \u00ab\u00a0l\u2019auteur\u00a0\u00bb), au lieu de pointer les fragilit\u00e9s des id\u00e9es (fussent-elles anarchistes ou marxistes) et des sujets individuels (fussent-ils des \u00ab\u00a0auteurs\u00a0\u00bb) vis-\u00e0-vis des circonstances historiques et des contraintes propres aux rapports sociaux. \u00c1 l\u2019inverse, la distanciation foucaldienne, sans r\u00e9cuser d\u00e9finitivement les notions d\u2019\u00ab\u00a0\u0153uvre\u00a0\u00bb et d\u2019\u00ab\u00a0auteur\u00a0\u00bb, nous invite \u00e0 \u00eatre davantage sensible \u00e0 la diversit\u00e9 des fils qui tissent une \u00ab\u00a0\u0153uvre\u00a0\u00bb et un \u00ab\u00a0auteur\u00a0\u00bb, comme aux tensions et aux impens\u00e9s qui les traversent. Diversit\u00e9 qui n\u2019est pas sans lien avec les vicissitudes de la vie\u00a0: vie individuelle inscrite dans une vie historique et sociale. Au bout du compte, on est conduit \u00e0 se d\u00e9tacher de la tyrannie de la coh\u00e9rence dans la lecture des \u00ab\u00a0auteurs\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0\u0153uvres\u00a0\u00bb, sans pour autant abandonner le terrain de la connaissance et de l\u2019argumentation raisonn\u00e9es. Il ne s\u2019agit surtout pas de rejoindre l\u2019\u00e9clatement des significations propre aux miroitements dits \u00ab\u00a0postmodernes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un tel pragmatisme m\u00e9thodologique incite \u00e0 d\u00e9membrer les concepts des \u00ab\u00a0\u0153uvres\u00a0\u00bb dont ils sont issus, et dont la coh\u00e9rence est souvent trop vite accept\u00e9e comme allant de soi. C\u2019est un des cheminements possibles de l\u2019intelligibilit\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9cart des autoroutes acad\u00e9miques et militantes les plus emprunt\u00e9es. Ce qui permet, ensuite, par exemple, de frotter un silex emprunt\u00e9 \u00e0 tel \u00ab\u00a0auteur\u00a0\u00bb (par exemple, Marx) avec un silex extrait d\u2019un autre \u00ab\u00a0auteur\u00a0\u00bb (par exemple, Bakounine) afin de cr\u00e9er des \u00e9tincelles inhabituelles de connaissance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans ma lecture pragmatique de textes classiques et contemporains, Proudhon aura un statut particulier, dans la mesure o\u00f9 sa figure de \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9quilibration des contraires\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a> tend \u00e0 constituer un rep\u00e8re transversal \u00e0 l\u2019ouvrage. Cela ne veut pas dire que j\u2019adh\u00e8re \u00e0 ses \u00e9crits en bloc et que je suis insensible \u00e0 leurs failles et \u00e0 leurs impens\u00e9s. Bien au contraire. C\u2019est particuli\u00e8rement le cas de textes sexistes et de quelques traces d\u2019antis\u00e9mitisme inacceptables que l\u2019on trouve chez lui <a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Ce sont des empreintes des faiblesses d\u2019un esprit humain, m\u00eame particuli\u00e8rement lucide, des limites de toute \u00ab\u00a0\u0153uvre\u00a0\u00bb, m\u00eame la plus riche, devant le poids des st\u00e9r\u00e9otypes d\u2019une \u00e9poque. Cela nous enjoint \u00e0 relativiser un peu plus encore les coh\u00e9rences largement fantasmatiques, qu\u2019elles soient positives ou n\u00e9gatives d\u2019ailleurs (la coh\u00e9rence positive de Proudhon pour un anarchiste et de Marx pour un marxiste comme la coh\u00e9rence n\u00e9gative de Proudhon pour un marxiste et de Marx pour un anarchiste), port\u00e9es par les notions d\u2019\u00ab\u00a0auteur\u00a0\u00bb et d\u2019 \u00ab\u00a0\u0153uvre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><em>Un individualisme associatif plut\u00f4t qu\u2019un communisme libertaire<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La double question de l\u2019individualit\u00e9 et de l\u2019individualisme occupera une place de choix dans l\u2019ouvrage (notamment dans les chapitres 6, 8, 10, 11 et 12). C\u2019est parce qu\u2019elle se situe \u00e0 un croisement entre\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">1) une pr\u00e9occupation historiquement maintenue dans la galaxie anarchiste alors qu\u2019elle \u00e9tait progressivement marginalis\u00e9e au cours du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00e0 la diff\u00e9rence du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, dans nombre de secteurs du mouvement ouvrier et socialiste, sous l\u2019effet du poids d\u2019un \u00ab\u00a0logiciel collectiviste\u00a0\u00bb donnant la pr\u00e9dominance au collectif sur l\u2019individuel <a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>\u00a0;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">2) une tendance importante, mais non exclusive, des soci\u00e9t\u00e9s contemporaines, allant au-del\u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s occidentales <a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">et 3) mon domaine principal de recherche en sociologie et en philosophie politique depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es <a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette question vient m\u00eame percuter mon parcours militant, en lui donnant une tournure inattendue. Venant d\u2019une formation marxiste dans ma jeunesse militante (au sein du courant CERES du PS) et ayant longtemps milit\u00e9, bien apr\u00e8s, dans une organisation marxiste (la Ligue communiste r\u00e9volutionnaire), on aurait pu s\u2019attendre \u00e0 ce que je me d\u00e9finisse comme \u00ab\u00a0marxiste libertaire\u00a0\u00bb, dans la mouvance allant de Daniel Gu\u00e9rin dans l\u2019apr\u00e8s 1968 <a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a> \u00e0 Olivier Besancenot et Michael L\u00f6wy aujourd\u2019hui <a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>, ou tout du moins que je me caract\u00e9rise comme \u00ab\u00a0communiste libertaire\u00a0\u00bb. Or, mon Marx <a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>, composite et contradictoire comme mon Proudhon, appara\u00eet assez distinct de celui de nombre de marxistes, en particulier \u00e0 cause de ses fortes composantes individualistes. Et les \u00ab\u00a0marxismes libertaires\u00a0\u00bb sont fr\u00e9quemment trop timides vis-\u00e0-vis de l\u2019individu et de l\u2019individualisme \u00e0 mon go\u00fbt, tent\u00e9s par la simple juxtaposition pacifi\u00e9e des traditions marxiste et anarchiste plut\u00f4t que par un travail sur leurs intersections inaper\u00e7ues et leurs tensions productives. Quant aux \u00ab\u00a0communistes libertaires\u00a0\u00bb, ils tendent fr\u00e9quemment \u00e0 faire pr\u00e9dominer, dans le couple de leur d\u00e9nomination, le mot \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb, et donc la r\u00e9f\u00e9rence au moins implicite au collectif. En t\u00e9moigne notamment un texte de 1926, important pour les courants communistes libertaires\u00a0: la <em>Plate-forme d\u2019organisations communistes libertaires<\/em>. On y lit, par exemple, une double d\u00e9nonciation de \u00ab\u00a0l\u2019individualisme irresponsable\u00a0\u00bb et du principe de \u00ab\u00a0responsabilit\u00e9 personnelle\u00a0\u00bb, au profit de \u00ab\u00a0la responsabilit\u00e9 collective\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. Or, Proudhon a fourni des arguments d\u00e9cisifs contre \u00ab\u00a0le communisme\u00a0\u00bb au sens large, c\u2019est-\u00e0-dire une vue de la cit\u00e9 privil\u00e9giant le collectif \u00a0ou le commun en association avec l\u2019\u00e9tatisme\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0La puissance de l\u2019\u00c9tat est une puissance de concentration\u00a0; donnez-lui l\u2019essor, et toute l\u2019individualit\u00e9 dispara\u00eetra bient\u00f4t, absorb\u00e9e dans la collectivit\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le renouveau dans la galaxie de la pens\u00e9e radicale de discours \u00e0 la mode sur \u00ab\u00a0le commun\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0les communs\u00a0\u00bb proc\u00e8de encore largement d\u2019un tel impens\u00e9 \u00ab\u00a0collectiviste\u00a0\u00bb. C\u2019est pourquoi on verra dans le douzi\u00e8me et dernier chapitre que c\u2019est plut\u00f4t le philosophe contemporain Emmanuel Levinas qui nous aidera le mieux \u00e0 formuler le probl\u00e8me de la tension entre singularit\u00e9 individuelle et justice sociale, dans ce que j\u2019appelle provisoirement \u00ab\u00a0social-d\u00e9mocratie libertaire\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0social-d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb \u00e9tant entendue en un sens historique anticapitaliste. Je dois pr\u00e9ciser ici que la notion d\u2019individu ne renvoie pas, dans mes r\u00e9flexions, \u00e0 une entit\u00e9 isol\u00e9e, mais de mani\u00e8re <em>relationnaliste<\/em> et historique \u00e0 un processus pris dans le cours de relations sociales. Et que l\u2019individualisme est davantage polyphonique et ambivalent que les registres de l\u2019\u00e9go\u00efsme et du narcissisme auxquels il est souvent r\u00e9duit. Se dessine alors la possibilit\u00e9 postcapitaliste d\u2019un <em>individualisme associatif et solidaire<\/em>. La forme \u00ab\u00a0association\u00a0\u00bb, envisag\u00e9e \u00e0 la mani\u00e8re de Martin Breaugh comme \u00ab\u00a0lien politique\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>, y relierait des individus eux-m\u00eames fabriqu\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 chaque fois singuli\u00e8re \u00e0 partir de rapports sociaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la vis\u00e9e de constitution d\u2019un tel individualisme associatif et solidaire, le cadre \u00ab\u00a0synth\u00e9siste\u00a0\u00bb, qui est par exemple celui de la F\u00e9d\u00e9ration Anarchiste fran\u00e7aise, en tant qu\u2019il accueille une pluralit\u00e9 de sensibilit\u00e9s anarchistes au sein d\u2019une m\u00eame organisation, des plus individualistes aux plus communistes en passant par l\u2019anarcho-syndicalisme et l\u2019anarchisme social, appara\u00eet plus adapt\u00e9 que le cadre \u00ab\u00a0plateformiste\u00a0\u00bb (dans le sillage de la Plate-forme de 1926), privil\u00e9giant le communisme libertaire et excluant les courants individualistes <a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>. Une organisation \u00ab\u00a0synth\u00e9siste\u00a0\u00bb est alors susceptible de fonctionner comme un espace d\u2019\u00ab\u00a0\u00e9quilibration des contraires\u00a0\u00bb d\u2019inspiration proudhonienne, mieux \u00e0 m\u00eame de travailler les tensions et les articulations entre le p\u00f4le collectif et le p\u00f4le individuel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si l\u2019individualit\u00e9 et l\u2019individualisme sont investigu\u00e9s de mani\u00e8re approfondie dans le livre, d\u2019autres enjeux libertaires importants de ce d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sont seulement pr\u00e9sents \u00e0 sa p\u00e9riph\u00e9rie, comme la question f\u00e9ministe-genre et la question antiraciste-postcoloniale. Ce n\u2019est pas par sous-estimation de leur acuit\u00e9, mais par d\u00e9faut de travaux, de comp\u00e9tences et de connaissances de l\u2019auteur que je suis. Il faut savoir reconna\u00eetre les limites de chaque pens\u00e9e, et donc aussi de la sienne. L\u2019ouvrage n\u2019a donc pas de vis\u00e9e d\u2019exhaustivit\u00e9, y compris en ce qui concerne des probl\u00e8mes principaux dans une perspective \u00e9mancipatrice.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><em>Plan du livre et affinit\u00e9s libertaires<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le livre se d\u00e9compose en deux parties d\u2019in\u00e9gale longueur. La premi\u00e8re partie propose un regard critique sur une s\u00e9rie d\u2019exp\u00e9riences politiques et surtout d\u2019auteurs. La seconde partie, beaucoup plus longue, dessine une s\u00e9rie de rep\u00e8res critiques et \u00e9mancipateurs pour le XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Douze chapitres d\u00e9veloppent alors des pistes dot\u00e9es d\u2019intersections et d\u2019interf\u00e9rences dans un ensemble \u00e0 tonalit\u00e9 kal\u00e9idoscopique\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 1 revient sur ma biographie militante d\u2019anarchiste n\u00e9ophyte.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 2 prend \u00e0 parti les simplifications et les \u00e9cueils d\u2019une critique des m\u00e9dias populaire dans les milieux radicaux et libertaire (Theodor Adorno, Guy Debord, Noam Chomsky, etc.).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 3 questionne l\u2019\u00e9cologie politique et la d\u00e9croissance.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 4 dialogue avec le sociologue britannique vivant au Mexique John Holloway, tr\u00e8s discut\u00e9 dans la galaxie altermondialiste.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 5 pose des questions au \u00ab\u00a0postanarchisme\u00a0\u00bb de Michel Onfray.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 6 s\u2019interroge sur \u00ab\u00a0la responsabilit\u00e9\u00a0\u00bb dans la production de la situation actuelle\u00a0: collective, individuelle&#8230;\u00a0?<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 7, le premier de la partie reconstructrice, se penche sur le couple libert\u00e9\/\u00e9galit\u00e9 chez Bakounine.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 8 rep\u00e8re des r\u00e9sonances et des tensions entre Marx et des penseurs anarchistes, en un sens qui n\u2019est pas celui du \u00ab\u00a0marxisme libertaire\u00a0\u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 9 pointe des ressources libertaires chez des penseurs ne se r\u00e9clamant pas de l\u2019anarchisme\u00a0: Rosa Luxemburg, John Dewey et Andr\u00e9 Gorz.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 10 dresse un tableau des rapports entre capitalisme, individualit\u00e9s et individualisme dans une optique \u00e9mancipatrice.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 11 se sert des \u00e9crits de Michel Foucault comme d\u2019une bo\u00eete \u00e0 outils pour la pens\u00e9e anarchiste.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Le chapitre 12 d\u00e9veloppe les notions d\u2019anarchisme pragmatiste, de social-d\u00e9mocratie libertaire et d\u2019anarchisme institutionnaliste.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Enfin le livre se conclue et s\u2019ouvre sur une r\u00e9flexion quant \u00e0 certaines possibilit\u00e9s actuelles d\u2019une F\u00e9d\u00e9ration anarchiste par rapport \u00e0 la FA existante.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cet ouvrage s\u2019est construit au sein d\u2019une galaxie affinitaire \u00e0 entr\u00e9es multiples et strates temporelles diverses, faites de lectures et de contacts directs, dont je ne citerai que les principaux. Il y a eu la belle aventure de la SELS (Sensibilit\u00e9 Libertaires Ecologiste et radicalement Libertaire) lanc\u00e9e en d\u00e9cembre 1997, avec notamment Claire Le Strat, Lilian Mathieu, Willy Pelletier et Guillaume Dautel, ou l\u2019enthousiasme qu\u2019elle a suscit\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 belge chez Bruno Fr\u00e8re. Daniel Colson a contribu\u00e9 \u00e0 me faire conna\u00eetre Proudhon et nos divergences conviviales m\u2019ont ouvert de nouvelles interrogations. Ir\u00e8ne Pereira m\u2019a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de mani\u00e8re solide dans le dialogue anarchisme\/pragmatisme. Mes amis Mohamed Amami et Luc Boltanski ont connu des \u00e9volutions libertaires analogues aux miennes, et nous nous sommes ainsi accompagn\u00e9s dans ce trajet. La revue <em>R\u00e9fractions<\/em> (<a href=\"http:\/\/refractions.plusloin.org\/\" target=\"_blank\">http:\/\/refractions.plusloin.org\/<\/a>) et le site RA.forum (<a href=\"http:\/\/raforum.info\/\" target=\"_blank\">http:\/\/raforum.info\/<\/a>), initi\u00e9 par Ronald Creagh, offrent des ressources substantielles. Mes compagnons de la F\u00e9d\u00e9ration anarchiste m\u2019enrichissent de leurs analyses et de nos diff\u00e9rences, et en particulier Ren\u00e9 Berthier, Paul Boino, Gilles Durand, Philippe Pelletier, Jean-Pierre Tertrais, Hugues Lenoir, Guillaume Goutte ainsi que Monique et Serge, cr\u00e9ateurs de l\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0Trous noirs\u00a0\u00bb sur Radio libertaire (<a href=\"http:\/\/trousnoirs-radio-libertaire.org\/\" target=\"_blank\">http:\/\/trousnoirs-radio-libertaire.org\/<\/a>). J\u2019ai crois\u00e9 le chemin d\u2019anarchistes ind\u00e9pendants stimulants, comme Jean-Christophe Angaut, le qu\u00e9b\u00e9cois Francis Dupuis-D\u00e9ri, Thierry Le Roy (animateur de la web t\u00e9l\u00e9 \u00e9mancipatrice <a href=\"http:\/\/www.tseweb.tv\/\" target=\"_blank\">http:\/\/www.tseweb.tv\/<\/a>), Michel Onfray (c\u00f4toy\u00e9 au sein des universit\u00e9s populaires alternatives, alors que j\u2019ai cofond\u00e9 l\u2019Universit\u00e9 Populaire de Lyon et l\u2019Universit\u00e9 Critique et Citoyenne de N\u00eemes dans le sillage de l\u2019exp\u00e9rience de Caen), Mimmo Pucciarelli, Audric Vitiello ou d\u2019un anarcho-syndicaliste pr\u00e9cieux comme Pierre Bance. Il y a ceux qui d\u00e9veloppent des facettes libertaires sans se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un cadre global anarchiste, tels que Miguel Abensour, J\u00e9r\u00f4me Baschet, Martin Breaugh, Judith Butler, Philippe Chanial, Patrick Cingolani, Nancy Fraser, Nacira Gu\u00e9nif-Souilamas, John Holloway, Sandra Laugier, Richard Mons\u00e9gu, Albert Ogien, Ruwen Ogien, Edwy Plenel, Fran\u00e7ois de Singly ou Sophie Wahnich. J\u2019ai rencontr\u00e9 aussi lors de ma p\u00e9riode LCR, puis NPA des points de vue int\u00e9ressants \u00e0 tonalit\u00e9s libertaires, comme ceux d\u2019Olivier Besancenot, Fr\u00e9d\u00e9ric Burnel, Philippe Caumi\u00e8res, Manolo Cervera-Marzal, Yohan Dubigeon, Didier Eckel, Laurence Espinosa et Michael L\u00f6wy. Nathalie McGrath est l\u2019\u00e2me f\u00e9\u00e9rique du site de r\u00e9flexions libertaires Grand Angle (<a href=\"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/\" target=\"_blank\">https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/<\/a>). Le s\u00e9minaire de recherche libertaire et militante ETAPE (Explorations Th\u00e9oriques Anarchistes Pragmatistes pour l\u2019Emancipation, <a href=\"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/etape-explorations-theoriques-anarchistes-pragmatistes-pour-lemancipation\/\" target=\"_blank\">https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/etape-explorations-theoriques-anarchistes-pragmatistes-pour-lemancipation\/<\/a>) que je coanime avec Wil Saver, militant anarchiste fort curieux en divers sens du terme, est une source renouvel\u00e9e de questionnements. Les \u00e9changes avec ses participants, dont, parmi ceux qui n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 cit\u00e9s \u00e0 d\u2019autres titres, Nicolas Auray, Jos\u00e9 Chatroussat, Herv\u00e9 Guyon, Guy Lagrange, l\u2019\u00e9crivain ouvrier de l\u2019automobile Silien Larios (son nom de plume\u00a0!), Rafael Perez, C\u00e9cile Poncet et Ivan Sainsaulieu, alimentent mes interrogations. Mon entr\u00e9e dans la famille anarchiste a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisive, et je la dois principalement \u00e0 l\u2019accueil des membres de mon Groupe Gard-Vaucluse (GGV) de la FA, et en particulier \u00e0 Daniel, Marc, Muriel et Tristan. Sans Guy Lagrange au d\u00e9part de ce projet et \u00e0 son amicale vigilance, ce livre n\u2019existerait pas. Je remercie Herv\u00e9 Guyon et Daniel Vidal pour leur relecture corrective respective. Mais, bien s\u00fbr, les imperfections de l\u2019ouvrage ne rel\u00e8vent que de ma responsabilit\u00e9, et surtout pas de celles et de ceux qui ont contribu\u00e9 \u00e0 le nourrir directement ou indirectement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">__________________________________<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><strong>Sommaire <em>d\u2019Enjeux libertaires pour le XXI<sup>e <\/sup>si\u00e8cle par un anarchiste n\u00e9ophyte<\/em><\/strong><\/h5>\n<p><strong>Par Philippe Corcuff<\/strong><\/p>\n<p>Paris, \u00c9ditions du Monde libertaire, octobre 2015, 296 p., 14 euros<\/p>\n<p>ISBN 9782915514667<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On peut, entre autres, commander le livre \u00e0 la librairie parisienne de la F\u00e9d\u00e9ration Anarchiste, Publico (145 rue Amelot \u2013 75011 Paris)\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.librairie-publico.com\/\" target=\"_blank\">http:\/\/www.librairie-publico.com\/<\/a> (email\u00a0: librairie-publico@sfr.fr &#8211; t\u00e9l.\u00a0: 01-48-05-34-08)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Introduction\u00a0: M\u00e9thodologie pragmatique pour un anarchisme pragmatiste<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Partie I\u00a0: Le travail de la critique<\/strong><\/p>\n<p>1\u00a0&#8211; Autobiographie critique d\u2019un anarchiste n\u00e9ophyte\u00a0: parcours et errements d\u2019un militant<\/p>\n<p>2\u00a0&#8211; De la diabolisation des m\u00e9dias (Adorno, Debord, Chomsky, etc.) \u00e0 une critique pragmatiquement radicale<\/p>\n<p>3\u00a0&#8211; Questionnements \u00e9cologistes, d\u00e9croissance et pluralisme libertaire<\/p>\n<p>4 &#8211; Questions de\/\u00e0 l\u2019altermondialiste John Holloway<\/p>\n<p>5 &#8211; Questions du\/au \u00ab\u00a0postanarchisme\u00a0\u00bb de Michel Onfray<\/p>\n<p>6\u00a0&#8211; Qui\/quoi est responsable de la panade actuelle\u00a0: la soci\u00e9t\u00e9, les autres ou moi\u00a0?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Partie II\u00a0: Exploration de sentiers libertaires h\u00e9r\u00e9tiques<\/strong><\/p>\n<p>7\u00a0&#8211; Libert\u00e9 et \u00e9galit\u00e9\u00a0: Bakounine r\u00e9\u00e9quilibr\u00e9 par Proudhon<\/p>\n<p>8 &#8211; Marx et les anarchistes\u00a0: r\u00e9sonances partielles, liaisons iconoclastes, tensions<\/p>\n<p>9 &#8211; \u00c9clats libertaires hors de l\u2019anarchisme\u00a0: interf\u00e9rences entre Rosa Luxemburg, John Dewey et Andr\u00e9 Gorz<\/p>\n<p>10\u00a0&#8211; Critique sociale, capitalisme, individualit\u00e9s et individualisme<\/p>\n<p>11 &#8211; Apports de Michel Foucault \u00e0 la bo\u00eete \u00e0 outils libertaire<\/p>\n<p>12\u00a0&#8211; La double hypoth\u00e8se d\u2019un anarchisme pragmatiste et d\u2019une social-d\u00e9mocratie libertaire<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En guise d\u2019ouverture\u00a0: Actualit\u00e9 d\u2019une F\u00e9d\u00e9ration Anarchiste<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Philippe Corcuff<\/strong> est enseignant-chercheur en science politique \u00e0 l\u2019IEP de Lyon et militant du Groupe Gard-Vaucluse de la F\u00e9d\u00e9ration Anarchiste. Il a publi\u00e9, entre autres\u00a0: <em>Bourdieu autrement<\/em> (2003), <em>O\u00f9 est pass\u00e9e la critique sociale\u00a0?<\/em> (2012) et <em>Polars, philosophie et critique sociale<\/em> (2013).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Notes<\/span> :<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Dans L. Mathieu, <em>La d\u00e9mocratie protestataire. Mouvements sociaux et politique en France aujourd\u2019hui<\/em>, Paris, Les Presses de SciencesPo, 2011, p. 45-77.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Voir Luc Boltanski et Arnaud Esquerre, <em>Vers l\u2019extr\u00eame. Extension des domaines de la droite<\/em>, Bellevaux, \u00c9ditions Dehors, 2014, et P. Corcuff, <em>Les ann\u00e9es 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard<\/em>, Paris, Textuel, collection \u00ab\u00a0Petite Encyclop\u00e9die Critique\u00a0\u00bb, 2014.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> W. Benjamin, \u00ab\u00a0Sur le concept d\u2019histoire\u00a0\u00bb (manuscrit de 1940), repris dans <em>\u0152uvres III<\/em>, Paris, Gallimard, collection \u00ab\u00a0Folio Essais\u00a0\u00bb, 2000, p. 427-443.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> P. Corcuff, <em>O\u00f9 est pass\u00e9e la critique sociale\u00a0? Penser le global au croisement des savoirs<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, collection \u00ab\u00a0Biblioth\u00e8que du MAUSS\u00a0\u00bb, 2012.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Voir le site du film sur lequel <em>Ne vivons plus comme des esclaves<\/em> peut \u00eatre visionn\u00e9 gratuitement\u00a0: <a href=\"http:\/\/nevivonspluscommedesesclaves.net\/\" target=\"_blank\">http:\/\/nevivonspluscommedesesclaves.net\/<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Voir, entre autres, en langue fran\u00e7aise D. Graeber, <em>Pour une anthropologie anarchiste<\/em> (1<sup>\u00e9re<\/sup> \u00e9d.\u00a0: 2004), Montr\u00e9al, Lux \u00c9diteur, 2006.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Voir notamment en langue fran\u00e7aise J. C. Scott, <em>Petit \u00e9loge de l\u2019anarchisme<\/em> (1<sup>re<\/sup> \u00e9d.\u00a0: 2012), Montr\u00e9al, Lux \u00c9diteur, 2013<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> P. Pelletier, <em>G\u00e9ographie et anarchie. \u00c9lis\u00e9e Reclus, Pierre Kropotkine, L\u00e9on Metchnikoff et d\u2019autres<\/em>, Paris\/ Saint-Georges-d\u2019Ol\u00e9ron, \u00c9ditions du Monde libertaire\/\u00c9ditions libertaires, 2013, p. 19.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Voir P. Corcuff, \u00ab\u00a0Intellectuels, militants et intellectualit\u00e9 d\u00e9mocratique\u00a0: vues critiques sur quelques exp\u00e9riences pass\u00e9es\u00a0\u00bb (intervention \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Citoyenne d\u2019Attac, N\u00eemes, 29 juillet 2013), Mediapart, 5 septembre 2013, [<a href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/philippe-corcuff\/050913\/intellectuels-militants-et-intellectualite-democratique-vues-critiques-sur-quelques-experience\" target=\"_blank\">http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/philippe-corcuff\/050913\/intellectuels-militants-et-intellectualite-democratique-vues-critiques-sur-quelques-experience<\/a>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> M. Foucault, \u00ab\u00a0Pouvoirs et strat\u00e9gies\u00a0\u00bb (entretien avec J. Ranci\u00e8re publi\u00e9 en 1977), repris dans <em>Dits et \u00e9crits II, 1976-1988<\/em>, Paris, Gallimard, collection \u00ab\u00a0Quarto\u00a0\u00bb, 2001, p. 427.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> P. J. Proudhon, <em>De la justice dans la r\u00e9volution et dans l\u2019\u00e9glise<\/em> (1<sup>re<\/sup> \u00e9d.\u00a0: 1858), Paris, Fayard, collection \u00ab\u00a0Corpus des \u0153uvres de philosophie en langue fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, tome 3, 1990, p. 1038.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Voir P. Corcuff, <em>La gauche est-elle en \u00e9tat de mort c\u00e9r\u00e9brale\u00a0?<\/em>, Paris, Textuel, collection \u00ab\u00a0Petite Encyclop\u00e9die Critique<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Voir notamment I. Pereira, <em>Peut-on \u00eatre radical et pragmatique\u00a0?<\/em>, Paris, Textuel, collection \u00ab\u00a0Petite Encyclop\u00e9die Critique\u00a0\u00bb, 2010.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> M. Foucault, <em>L\u2019arch\u00e9ologie du savoir<\/em>, Paris, Gallimard, 1969, p. 31-43.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> M. Foucault, \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019un auteur\u00a0?\u00a0\u00bb (conf\u00e9rence de 1969), repris dans <em>Dits et \u00e9crits I, 1954-1975<\/em>, Paris, Gallimard, collection \u00ab\u00a0Quarto\u00a0\u00bb, 2001, p. 817-849.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> <em>L\u2019arch\u00e9ologie du savoir<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 32 et 36.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Dans P.-J. Proudhon, <em>Th\u00e9orie de la propri\u00e9t\u00e9<\/em> (1<sup>re<\/sup> \u00e9d.\u00a0: 1866), Paris, L\u2019Harmattan, collection \u00ab\u00a0Les introuvables\u00a0\u00bb, 1997, p. 206.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Sur les st\u00e9r\u00e9otypes antis\u00e9mites et sexistes chez Proudhon, voir Michel Dreyfus<em>, L\u2019antis\u00e9mitisme \u00e0 gauche. Histoire d\u2019un paradoxe, de 1830 \u00e0 nos jours<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, p. 28-32<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Voir P. Corcuff, \u00ab\u00a0Individualisme\u00a0\u00bb, dans Alain Caill\u00e9 et Roger Sue (\u00e9ds.), <em>De gauche\u00a0?<\/em>, Paris, Fayard, 2009, p. 199-208.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Sur la diversit\u00e9 des modalit\u00e9s non occidentales de l\u2019individualisation, voir la somme dirig\u00e9e par Emmanuel Lozerand, <em>D\u00f4les d\u2019individus. De la singularit\u00e9 individuelle dans le Reste-du-monde<\/em>, Paris, Klincksieck, 2014.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Pour un panorama synth\u00e9tique des travaux actuels sur l\u2019individu et l\u2019individualisme et mon positionnement dans cet espace, voir Philippe Corcuff, Christian Le Bart et Fran\u00e7ois de Singly (\u00e9ds.), <em>L\u2019individu aujourd\u2019hui. D\u00e9bats sociologiques et contrepoints philosophiques<\/em>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Voir en particulier D. Gu\u00e9rin, \u00ab\u00a0Pourquoi \u00ab\u00a0communiste libertaire\u00a0\u00bb\u00a0?\u00a0\u00bb (1<sup>re<\/sup> \u00e9d.\u00a0: 1969) et \u00ab\u00a0Fr\u00e8res jumeaux, fr\u00e8res ennemis\u00a0\u00bb (1<sup>re<\/sup> \u00e9d.\u00a0: 1969), repris dans <em>Pour un communisme libertaire<\/em>, Paris, Spartacus, 2003.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Dans O. Besancenot et M. L\u00f6wy, <em>Affinit\u00e9s r\u00e9volutionnaires. Nos \u00e9toiles rouges et noires. Pour une solidarit\u00e9 entre marxistes et libertaires<\/em>, Paris, Mille et un nuits\/Fayard, 2014.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Voir P. Corcuff, <em>Marx XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Textes comment\u00e9s<\/em>, Paris, Textuel, collection \u00ab\u00a0Petite Encyclop\u00e9die Critique\u00a0\u00bb, 2012.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> <em>Plate-forme d\u2019organisations communistes libertaires<\/em>, par Dielo Trouda, (Archinov, Linski, Makhno, Mett et Valevski), 1926, repris sur le site The Nestor Makhno Archive, [<a href=\"http:\/\/www.nestormakhno.info\/french\/platform\/org_plat.htm\" target=\"_blank\">http:\/\/www.nestormakhno.info\/french\/platform\/org_plat.htm<\/a>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> P.-J. Proudhon, <em>Th\u00e9orie de la propri\u00e9t\u00e9<\/em>, <em>op. cit.<\/em> p. 144.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Sur \u00ab\u00a0l\u2019association comme lien politique\u00a0\u00bb, voir M. Breaugh, <em>L\u2019exp\u00e9rience pl\u00e9b\u00e9ienne. Une histoire discontinue de la libert\u00e9 politique<\/em>, Paris, Payot, collection \u00ab\u00a0Critique de la politique\u00a0\u00bb, 2007, p. 368-372.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Sur l\u2019opposition entre \u00ab\u00a0plateformistes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0synth\u00e9sistes\u00a0\u00bb dans le mouvement anarchiste, voir Philippe Pelletier, <em>L\u2019Anarchisme<\/em>, Paris, Le Cavalier Bleu, collection \u00ab\u00a0Id\u00e9es re\u00e7ues\u00a0\u00bb, 2010, p. 85-86.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Introduction en \u00ab\u00a0bonnes feuilles\u00a0\u00bb &nbsp; L\u2019int\u00e9gral de l\u2019introduction d\u2019Enjeux libertaires pour le XXIe si\u00e8cle par un anarchiste n\u00e9ophyte (Paris, \u00c9ditions du Monde libertaire, octobre 2015, pp. 3-20) est publi\u00e9 ici en \u00ab\u00a0bonnes feuilles\u00a0\u00bb pour le &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":3319,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[28,61,47,31],"tags":[199,276,78,76,86,39],"class_list":["post-3309","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-analyses","category-critique","category-histoire-des-idees","category-la-pensee-libertaire-philosophie","tag-emancipation-2","tag-enjeux-libertaires","tag-philippe-corcuff","tag-philosophie-pragmatiste","tag-pratiques-libertaires","tag-slide"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/anarchiste-neophyte-accueil-e1446628490933.jpg?fit=175%2C127&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pc9uqr-Rn","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3309","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3309"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3309\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3319"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3309"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3309"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3309"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}