{"id":2891,"date":"2015-01-22T18:18:52","date_gmt":"2015-01-22T16:18:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/?p=2891"},"modified":"2015-06-02T18:26:15","modified_gmt":"2015-06-02T16:26:15","slug":"hommage-libertaire-au-sous-commandant-marcos-auto-ironie-dun-porte-parole-a-lecart-des-aspirants-caudillos-par-philippe-corcuff","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/?p=2891","title":{"rendered":"Hommage libertaire au sous-commandant Marcos : auto-ironie d\u2019un porte-parole \u00e0 l\u2019\u00e9cart des aspirants caudillos &#8211; par Philippe Corcuff"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><strong>Avant-propos (janvier 2015)<\/strong><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ab\u00a0Si vous me permettez de d\u00e9finir Marcos, le personnage, alors je dirais sans h\u00e9siter que c&rsquo;\u00e9tait un h\u00e9t\u00e9roclite.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ab\u00a0Derni\u00e8res paroles publiques\u00a0\u00bb du sous-commandant Marcos, 25 mai 2014, La Realidad (Chiapas, Mexique, Monde)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 25 mai 2014 a arr\u00eat\u00e9 \u00ab\u00a0d&rsquo;exister le Sous-commandant Insurg\u00e9 Marcos\u00a0\u00bb (1). S\u2019il s\u2019est ainsi retir\u00e9 de la sc\u00e8ne politique active, il pourrait nourrir encore longtemps les imaginaires \u00e9mancipateurs de ceux qui sont en qu\u00eate d\u2019une politique radicalement renouvel\u00e9e, et pas de la \u00e9ni\u00e8me resuc\u00e9e du marketing de \u00ab\u00a0la politique autrement\u2026comme avant\u00a0\u00bb. En des temps particuli\u00e8rement troubl\u00e9s, o\u00f9 le n\u00e9oconservatisme et l\u2019extr\u00eame droite prosp\u00e8rent en France et, plus largement, en Europe (2), apr\u00e8s l\u2019assassinat de nos amis de <em>Charlie Hebdo<\/em> (3) et les crimes antis\u00e9mites de ce tragique mois de janvier 2015, il appara\u00eet particuli\u00e8rement important de c\u00e9l\u00e9brer la figure h\u00e9r\u00e9tique de Marcos dans la perspective que \u00ab\u00a0le c\u00f4t\u00e9 obscur de la force\u00a0\u00bb ne finisse pas par recouvrir la promesse d\u2019\u00e9mancipation. Et l\u2019on peut souhaiter aux gauches radicales, si elles veulent sortir de leurs impasses respectives et conjugu\u00e9es, la r\u00e9invention d\u00e9mocratique de porte-parole introduisant des grains de sable libertaires dans la domination politique qui s\u2019insinue sans cesse dans les m\u00e9canismes de repr\u00e9sentation, comme a commenc\u00e9 \u00e0 le dessiner le sous-commandant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><em>Mirages de la Gr\u00e8ce et de l\u2019Espagne\u00a0?<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La voix de Marcos, celle d\u2019un porte-parole qui descend de son pi\u00e9destal, ironise sur lui-m\u00eame et contribue \u00e0 introduire le jeu de la fragilit\u00e9 dans les rapports repr\u00e9sentants\/repr\u00e9sent\u00e9s, va \u00e0 l\u2019encontre des aspirants <em>caudillos<\/em> actuels au sein des gauches radicales. Je pense \u00e0 notre Jean-Luc M\u00e9lenchon national, \u00e0 Alexis Tsipras de Syriza en Gr\u00e8ce ou \u00e0 Pablo Iglesias de Podemos au sein de l\u2019\u00c9tat espagnol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu\u2019on ne se m\u00e9prenne pas\u00a0! Je suis suffisamment pragmatique pour consid\u00e9rer que si Syriza, Podemos ou le Front de gauche arrivaient un jour au pouvoir dans le cadre des institutions existantes par voie \u00e9lectorale, ce serait un mieux par rapport \u00e0 la situation actuelle. Par exemple, la victoire \u00e9lectorale de Syriza en Gr\u00e8ce pourrait contribuer \u00e0 am\u00e9liorer les rapports de force dans l\u2019Union Europ\u00e9enne pour des politiques davantage sociales en desserrant un peu l\u2019\u00e9tau n\u00e9olib\u00e9ral dans une perspective internationaliste, et non celle d\u2019un repli national \u00e9triqu\u00e9 port\u00e9e par les nouveaux nationalistes de gauche aux pulsions germanophobes \u00e0 la Fr\u00e9d\u00e9ric Lordon (4).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, apporter un mieux par rapport aux contraintes n\u00e9olib\u00e9rales, cela n\u2019ouvre pas une transformation radicale du rapport tut\u00e9laire \u00e0 la politique, ni une mise en cause de l\u2019\u00e9tatisme, ni une rupture avec le capitalisme. Du r\u00e9formisme toujours bon \u00e0 prendre si l\u2019on ne se situe pas dans les vaines illusions identitaires d\u2019une \u00ab\u00a0puret\u00e9\u00a0\u00bb fantasmatique ou dans la logique de la politique suicidaire du pire. Pourtant les principaux n\u0153uds de la domination sociale et politique seraient toujours en place. Un simple adoucissement, non n\u00e9gligeable, des rigueurs n\u00e9olib\u00e9rales du temps. Mais dans l\u2019ind\u00e9niable mieux se niche aussi un mensonge\u00a0: la reproduction des politiques tut\u00e9laires, autour d\u2019un \u00ab\u00a0homme providentiel\u00a0\u00bb au sommet de la pyramide de la d\u00e9l\u00e9gation, repeintes aux couleurs \u00ab\u00a0d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des aspirations d\u00e9mocratiques et libertaires \u00e0\u00a0 l\u2019autogouvernement de soi et des collectivit\u00e9s dont nous sommes parties-prenantes. Et quand un mouvement social \u00e9merge spontan\u00e9ment face \u00e0 l\u2019horreur comme le r\u00e9cent \u00ab\u00a0Je suis Charlie\u00a0\u00bb, certes impur, imparfait, charriant des ambivalences, des ambigu\u00eft\u00e9s et des contradictions, comme chacun d\u2019entre nous ou comme la vie en g\u00e9n\u00e9ral, une part importante des animateurs locaux et nationaux de \u00ab\u00a0la gauche de la gauche\u00a0\u00bb et des organisations libertaires se pin\u00e7ait le nez, voire stigmatisait les \u00e9motions populaires publiques mises en mouvement (5). Des figures de la gauche radicale pr\u00e9f\u00e8rent les fuites imaginaires vers la Gr\u00e8ce et l\u2019Espagne que de se coltiner les fragilit\u00e9s et les incertitudes du mouvement r\u00e9el. Ces \u00e9chapp\u00e9es dans le fantasme sont fort distinctes de la n\u00e9cessaire solidarit\u00e9 internationaliste (6). Quant aux organisations anarchistes, elles ont du mal \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 l\u2019enfermement dans un m\u00e9lange de chaleurs et d\u2019aigreurs ritualis\u00e9es propre \u00e0 l\u2019entre soi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout cela appara\u00eet si loin de l\u2019iconoclaste Marcos, de ses p\u00e9tards r\u00e9jouissants dans les m\u00e9canismes de d\u00e9l\u00e9gation comme de sa radicalit\u00e9 pragmatique face aux indispensables insertions ordinaires de l\u2019\u00e9mancipation\u2026 C\u2019est pourquoi je republie aujourd\u2019hui un texte de 2006 qui mettait l\u2019accent sur les ressources subversives du langage politique du sous-commandant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><em>D\u00e9placements politiques depuis 2006<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je dois pr\u00e9ciser que, lors de la publication initiale de ce texte, j\u2019\u00e9tais militant de la Ligue Communiste R\u00e9volutionnaire et que je croyais (encore\u00a0!) \u00e0 la r\u00e9novation de la forme parti dans un processus \u00e9mancipateur. Apr\u00e8s un long parcours militant et l\u2019\u00e9chec r\u00e9cent du Nouveau Parti Anticapitaliste (7), aujourd\u2019hui membre de la F\u00e9d\u00e9ration Anarchiste, je suis devenu nettement plus sceptique quant \u00e0 la forme parti, en tant que trop cal\u00e9e sur les logiques oligarchiques travaillant l\u2019\u00c9tat-nation moderne, y compris ceux se parant des atours d\u00e9mocratiques (8). La forme parti a peut-\u00eatre un avenir du c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0postfasciste\u00a0\u00bb, avec des groupes comme le Front national, mais peu probablement du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019auto-\u00e9mancipation des opprim\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m\u2019inscris actuellement dans l\u2019exploration de l\u2019hypoth\u00e8se provisoire de la possibilit\u00e9 d\u2019<em>organisations politiques<\/em> renouvel\u00e9es qui ne seraient pas \u00e0 proprement parler des <em>partis<\/em>, au sens o\u00f9 elles ne seraient pas orient\u00e9es vers la prise du pouvoir d\u2019\u00c9tat, dans une modalit\u00e9 \u00e9lectorale ou dite \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb. Des organisations politiques, lieux de m\u00e9moire critique du pass\u00e9 \u00e9mancipateur, de mutualisation des exp\u00e9riences et de formulation de rep\u00e8res strat\u00e9giques (le niveau du \u00ab\u00a0comment\u00a0\u00bb de la transformation sociale), qui seraient susceptibles de jouer un r\u00f4le (secondaire, mais utile) dans un processus pluridimensionnel d\u2019\u00e9mancipation individuelle et collective par-del\u00e0 les cha\u00eenes du capitalisme et de l\u2019\u00c9tat-nation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, je n\u2019avais pas lu en 2006 les ouvrages principaux de John Holloway, mais seulement des textes courts, et je restais tributaire de la lecture trop biais\u00e9e par sa culture \u00ab\u00a0trotskyste\u00a0\u00bb de mon ami Daniel Bensa\u00efd (9). Depuis, j\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9 une vue plus inform\u00e9e et nuanc\u00e9e des apports des \u00e9crits r\u00e9cents d\u2019Holloway (10).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces pr\u00e9cisions sur mes d\u00e9placements entre 2006 et janvier 2015 renforcent le caract\u00e8re d\u2019hommage de ce texte vis-\u00e0-vis de la figure militante du sous-commandant Marcos. Car le potentiel subversif de la geste politique n\u00e9ozapatiste de Marcos exc\u00e9dait largement en 2006 mes capacit\u00e9s de probl\u00e9matisation\u2026 et les exc\u00e8de encore aujourd\u2019hui, comme d\u2019ailleurs il le fait des proclamations arrogantes d\u2019une insurrection qui serait en train de venir ou qui serait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, mais qui ne serait perceptible qu\u2019aux yeux suppos\u00e9s \u00e9clair\u00e9s d\u2019une avant-garde qu\u2019il ne faudrait surtout pas appeler avant-garde\u2026 Comme on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 vu pr\u00e9c\u00e9demment, la vieille politique tut\u00e9laire revient pas mal aujourd\u2019hui par la voie de sa critique et par la pr\u00e9tention d\u2019un \u00ab\u00a0nouveau\u00a0\u00bb qui aurait magiquement fait table rase des probl\u00e8mes\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sp\u00e9ciale d\u00e9dicace \u00e0 l\u2019ami Charb\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Charb-Marcos.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-2892\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Charb-Marcos.jpg?resize=450%2C425&#038;ssl=1\" alt=\"Charb-Marcos\" width=\"450\" height=\"425\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Charb-Marcos.jpg?w=694&amp;ssl=1 694w, https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Charb-Marcos.jpg?resize=300%2C284&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<br \/>\n___________________________________<br \/>\n<strong>Notes de l\u2019avant-propos de janvier 2015\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>(1) \u00ab\u00a0Extrait du dernier communiqu\u00e9 du SCI Marcos\u00a0\u00bb (25 mai 2014), [<a href=\"http:\/\/espoirchiapas.blogspot.fr\/2014\/05\/extraits-du-dernier-communique-du-sci.html\" target=\"_blank\">http:\/\/espoirchiapas.blogspot.fr\/2014\/05\/extraits-du-dernier-communique-du-sci.html<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(2) Voir P. Corcuff, <em>Les ann\u00e9es 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, collection \u00ab\u00a0Petite Encyclop\u00e9die Critique\u00a0\u00bb, 2014\u00a0; voir sur Gand Angle\u00a0: \u00ab\u00a0Les ann\u00e9es 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard &#8211; Bonnes feuilles et entretien vid\u00e9o\u00a0\u00bb, 7 octobre 2014, [<a href=\"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/les-annees-30-reviennent-et-la-gauche-est-dans-le-brouillard-philippe-corcuff\/\" target=\"_blank\">https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/les-annees-30-reviennent-et-la-gauche-est-dans-le-brouillard-philippe-corcuff\/<\/a>].<\/p>\n<p>(3) Voir P. Corcuff, \u00ab\u00a0Mon ami Charb\u00a0: les salauds, les cons, l\u2019\u00e9motion ordinaire et la tendresse\u00a0\u00bb, 8 janvier 2014, Mediapart, [<a href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/philippe-corcuff\/080115\/mon-ami-charb-les-salauds-les-cons-l-emotion-ordinaire-et-la-tendresse\" target=\"_blank\">http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/philippe-corcuff\/080115\/mon-ami-charb-les-salauds-les-cons-l-emotion-ordinaire-et-la-tendresse<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(4) Voir F. Lordon, \u00ab\u00a0L\u2019alternative Syrisa\u00a0: passer sous la table ou la renverser\u00a0\u00bb, blog \u00ab\u00a0La pompe \u00e0 phynance\u00a0\u00bb, Les blogs du Diplo, 19 janvier 2015, [<a href=\"http:\/\/blog.mondediplo.net\/2015-01-19-L-alternative-de-Syriza-passer-sous-la-table-ou\" target=\"_blank\">http:\/\/blog.mondediplo.net\/2015-01-19-L-alternative-de-Syriza-passer-sous-la-table-ou<\/a>]\u00a0; pour une critique plus large du nouveau nationalisme de gauche (incluant les points de vue r\u00e9cents de F. Lordon), voir P. Corcuff, <em>Les ann\u00e9es 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, pp.100-116.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(5) Voir P. Corcuff, \u00ab\u00a0Apr\u00e8s Charlie\u00a0: bal tragi-comique \u00e0 gauche radicale-sur-Seine\u00a0\u00bb, Rue 89, 19 janvier 2015, [<a href=\"http:\/\/rue89.nouvelobs.com\/2015\/01\/19\/apres-charlie-bal-tragi-comique-a-gauche-radicale-seine-257188\" target=\"_blank\">http:\/\/rue89.nouvelobs.com\/2015\/01\/19\/apres-charlie-bal-tragi-comique-a-gauche-radicale-seine-257188<\/a>], ainsi que l\u2019entretien avec Laure Adler sur France Culture, \u00e9mission Hors-champs, 20 janvier 2015, \u00e0 \u00e9couter sur\u00a0: [<a href=\"http:\/\/www.franceculture.fr\/emission-hors-champs-philippe-corcuff-2015-01-20\" target=\"_blank\">http:\/\/www.franceculture.fr\/emission-hors-champs-philippe-corcuff-2015-01-20<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(6) Voir, par exemple, la p\u00e9tition \u00ab\u00a0Gr\u00e8ce\u00a0: Rendons-leur la d\u00e9mocratie\u00a0! (Tro\u00efka basta\u00a0!)\u00a0\u00bb, [<a href=\"http:\/\/troikabasta.wesign.it\/fr\" target=\"_blank\">http:\/\/troikabasta.wesign.it\/fr<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(7) Voir P. Corcuff, \u00ab\u00a0Enjeux pour la gauche de gauche en France en 2013\u00a0: \u00e9clairages autobiographiques\u00a0\u00bb, Mediapart, 27 mai 2013, [<a href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/philippe-corcuff\/270513\/enjeux-pour-la-gauche-de-gauche-en-france-en-2013-eclairages-autobiographiques\" target=\"_blank\">http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/philippe-corcuff\/270513\/enjeux-pour-la-gauche-de-gauche-en-france-en-2013-eclairages-autobiographiques<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(8) Voir P. Corcuff, \u00ab\u00a0Nos pr\u00e9tendues \u00ab\u00a0d\u00e9mocraties\u00a0\u00bb en questions (libertaires). Entre philosophie politique \u00e9mancipatrice et sociologie critique\u00a0\u00bb, Grand Angle, 5 mai 2014, [<a href=\"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/nos-pretendues-democraties-en-questions-libertaires-philippe-corcuff\/\" target=\"_blank\">https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/nos-pretendues-democraties-en-questions-libertaires-philippe-corcuff\/<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(9) Voir notamment D. Bensa\u00efd, \u00ab\u00a0La R\u00e9volution sans prendre le pouvoir\u00a0? \u00c1 propos d\u2019un r\u00e9cent livre de John Holloway\u00a0\u00bb, revue <em>ContreTemps<\/em>, n\u00b06, f\u00e9vrier 2003\u00a0; repris sur le site Daniel Bensa\u00efd\u00a0: [<a href=\"http:\/\/danielbensaid.org\/La-Revolution-sans-prendre-le\" target=\"_blank\">http:\/\/danielbensaid.org\/La-Revolution-sans-prendre-le<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(10) Voir P. Corcuff, \u00ab\u00a0Holloway ou une ouverture stimulante de la pens\u00e9e critique et \u00e9mancipatrice au XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e0\u2026ouvrir un peu plus\u00a0\u00bb (s\u00e9minaire ETAPE du 14 mai 2014), Grand Angle, 5 juin 2014, [<a href=\"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/holloway-ou-une-ouverture-stimulante-de-la-pensee-critique-et-emancipatrice-pour-le-xxie-siecle-a-ouvrir-un-petit-peu-plus-philippe-corcuff\/\" target=\"_blank\">https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/holloway-ou-une-ouverture-stimulante-de-la-pensee-critique-et-emancipatrice-pour-le-xxie-siecle-a-ouvrir-un-petit-peu-plus-philippe-corcuff\/<\/a>].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Sous-commandant Marcos, une fragilit\u00e9 radicale (2006)<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paru dans <em>La plan\u00e8te altermondialiste \u2013 Guide critique de la pens\u00e9e<\/em>, Chiara Bonfiglioli et S\u00e9bastien Budgen (\u00e9ds.), Paris, \u00e9ditions Textuel, collection \u00ab\u00a0La Discorde\u00a0\u00bb, 2006, pp.149-160<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">____________________<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 1<sup>er<\/sup> janvier 1994, entre en vigueur l\u2019Accord de libre-\u00e9change nord-am\u00e9ricain (ALENA) entre les \u00c9tats-Unis, le Canada et le Mexique. Le m\u00eame jour, l\u2019Arm\u00e9e Zapatiste de Lib\u00e9ration Nationale (EZLN) occupe plusieurs villes de la r\u00e9gion du Chiapas au Mexique, dans le but de braquer les projecteurs sur la cause indig\u00e8ne. Ignacio Ramonet qualifie cet \u00e9v\u00e9nement de \u00ab\u00a0premi\u00e8re protestation contre la globalisation\u00a0\u00bb (1). C\u2019est pourquoi on fait souvent du n\u00e9ozapatisme (2) une des sources de la galaxie altermondialiste. Porte-parole de ce n\u00e9ozapatisme : le d\u00e9sormais l\u00e9gendaire sous-commandant Marcos, la pipe au bec et le visage masqu\u00e9 par un passe-montagne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les autorit\u00e9s mexicaines ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 en 1995 le nom de celui qui se cache derri\u00e8re le passe-montagne n\u00e9ozapatiste\u00a0: Rafael Sebasti\u00e1n Guill\u00e9n Vicente, n\u00e9 le 19 juin 1957 \u00e0 Tampico. Rafael Guill\u00e9n a effectu\u00e9 des \u00e9tudes de philosophie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 nationale autonome de Mexico (UNAM) \u00e0 partir de 1977. Son m\u00e9moire de licence porte sur <em>Philosophie et \u00e9ducation \u2013 Pratiques discursives et pratiques id\u00e9ologiques \u2013 Sujet et changement historiques dans les livres scolaires officiels pour l\u2019enseignement primaire au Mexique<\/em> (octobre 1980), et se nourrit principalement de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des philosophes fran\u00e7ais\u00a0: Louis Althusser, Jacques Derrida et Michel Foucault. Il commence \u00e0 enseigner \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 autonome m\u00e9tropolitaine (UAM), en tant qu\u2019assistant \u00e0 la facult\u00e9 des sciences et des arts graphiques d\u00e8s 1979. Admirateur de Che Guevara, il quitte l\u2019enseignement en 1984 pour rejoindre l\u2019EZLN, cr\u00e9\u00e9e en novembre 1983 au c\u0153ur de la for\u00eat Lacandone, au Chiapas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jusqu&rsquo;en 1994, le sous-commandant Marcos (surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0el Sub\u00a0\u00bb) restera dans l\u2019ombre. Les initiatives n\u00e9ozapatistes, m\u00e9diatis\u00e9es \u00e0 partir de cette p\u00e9riode, eurent des hauts et des bas, des avanc\u00e9es et des reculs, des h\u00e9sitations. Du 27 juillet au 3 ao\u00fbt 1996 est ainsi organis\u00e9e la premi\u00e8re Rencontre intercontinentale (intergalactique) pour l\u2019humanit\u00e9 et contre le n\u00e9olib\u00e9ralisme, des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du monde entier se r\u00e9unissant au Chiapas. Du 24 f\u00e9vrier au 11 mars 2001, 23 commandants de l\u2019EZLN et le sous-commandant Marcos parcourent 12 \u00c9tats du Mexique pour venir d\u00e9fendre devant le Parlement une loi en faveur de la reconnaissance de la culture et des droits indig\u00e8nes. C\u2019est la \u00ab\u00a0Marche de la dignit\u00e9 indig\u00e8ne\u00a0\u00bb. La loi vot\u00e9e le 28 avril 2001 ne r\u00e9pond pas aux attentes et l\u2019EZLN la rejette. En ao\u00fbt 2003, sont cr\u00e9\u00e9s dans les zones contr\u00f4l\u00e9es par les n\u00e9ozapatistes des \u201c\u00a0caracoles\u00a0\u201d (escargots) et des \u00ab\u00a0conseils de bon gouvernement\u00a0\u00bb, exp\u00e9rience de d\u00e9mocratie participative (3). Le 1<sup>er<\/sup> janvier 2006 a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e \u00ab\u00a0l\u2019Autre Campagne\u00a0\u00bb devant se clore en juin de la m\u00eame ann\u00e9e, avant l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle mexicaine de juillet. Marcos, devenu \u00ab\u00a0le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 z\u00e9ro\u00a0\u00bb, parcourt le Mexique pour faire na\u00eetre une nouvelle gauche \u00ab\u00a0antin\u00e9olib\u00e9rale et anticapitaliste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le n\u00e9ozapatisme se pr\u00e9sente comme l\u2019\u00e9mergence d\u2019une radicalit\u00e9 renouvel\u00e9e \u00e0 travers des t\u00e2tonnements pratiques, des \u00e9checs, des innovations, des formes plus traditionnelles. Les textes de Marcos (communiqu\u00e9s, articles, contes, interviews, etc.) rev\u00eatent des tonalit\u00e9s litt\u00e9raires et po\u00e9tiques ind\u00e9niables qui font de lui un \u00e9crivain de talent. Il a d\u2019ailleurs collabor\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture d\u2019un polar avec le romancier mexicain Paco Ignacio Taibo II (4). Certes les discours de Marcos connaissent des d\u00e9calages in\u00e9vitables avec les pratiques politiques concr\u00e8tes des n\u00e9ozapatistes, qu\u2019on ne doit pas mythifier (5). Mais ils dessinent pourtant les lin\u00e9aments d\u2019une nouvelle pens\u00e9e politique, puisant dans les traditions marxistes, indig\u00e8nes et libertaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><em>Ironie libertaire et politique de la fragilit\u00e9<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi Marcos exp\u00e9rimente une subversion du langage politique, en s\u2019affrontant directement aux contradictions de l\u2019\u00e9mancipation individuelle et collective des \u00eatres humains dans une \u00e8re de globalisation capitaliste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marcos exerce d\u2019abord son ironie contre les puissants, tant \u00ab\u00a0la citadelle de l&rsquo;argent\u00a0\u00bb que le politique \u00ab\u00a0arrogant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0du haut de son pouvoir\u00a0\u00bb. Ce sont notamment les d\u00e9r\u00e8glements conjoints de l\u2019argent-roi et de la politique professionnalis\u00e9e qui sont vis\u00e9s. Par exemple\u00a0: \u00ab\u00a0Veufs et orphelins, les politiques traditionnels, et leurs intellectuels se gominent les cheveux (ceux qui leur restent) et cherchent de nouvelles hardes \u00e0 offrir sur le march\u00e9 des id\u00e9es. C\u2019est inutile\u00a0: il y a d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 plus de vendeurs qu\u2019il n\u2019en faut, et pas d\u2019acheteurs\u00a0\u00bb (6). Si Marcos a remis \u00e0 l&rsquo;honneur l&rsquo;ironie, il ne s&rsquo;agit pas de l&rsquo;ironie chic des relativismes dits \u00ab\u00a0postmodernes\u00a0\u00bb, pour laquelle tout se vaut et donc rien ne vaut, dans un scepticisme g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. L&rsquo;ironie de Marcos fait corps avec l&rsquo;engagement, et a donc le sens des valeurs, m\u00eame si leur port\u00e9e demeure incertaine et pr\u00e9caire. C\u2019est ce qu\u2019exprime fort justement Camille de Toledo\u00a0: \u00ab\u00a0Au-del\u00e0 du simulacre, au-del\u00e0 de la fiction, au-del\u00e0 de l\u2019image, la lucidit\u00e9 candide du verbe zapatiste d\u00e9montrait qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9sormais possible de rire des rires, de moquer la moquerie, et, par cette ironie, d\u2019agir pour un id\u00e9al branlant\u00a0\u00bb (7).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le recours \u00e0 l\u2019humour contre \u00ab\u00a0ceux d\u2019en haut\u00a0\u00bb trouve une l\u00e9gitimit\u00e9 suppl\u00e9mentaire dans son retournement contre Marcos lui-m\u00eame. L&rsquo;expression m\u00eame \u00ab\u00a0sous-commandant\u00a0\u00bb, celle plus r\u00e9cente de \u00ab\u00a0d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 z\u00e9ro\u00a0\u00bb ou le texte appel\u00e9 \u00ab\u00a0auto-interview de Marcos\u00a0\u00bb &#8211; laissant aux journalistes le choix notamment entre les qualificatifs suivants\u00a0: \u00ab\u00a0un professionnel de la violence\/un symbole sexuel\/un transgresseur de la loi\/un rebelle\/un clown\/un leader charismatique\/un enfoir\u00e9\u00a0\u00bb (8) &#8211; sont particuli\u00e8rement significatifs. La parole de Marcos rompt avec la dissym\u00e9trie classique de \u00ab\u00a0la parole pamphl\u00e9taire\u00a0\u00bb, o\u00f9 celui qui \u00e9nonce la critique se met \u00e0 l&rsquo;abri de celle-ci, comme l&rsquo;a point\u00e9 Marc Angenot dans une \u00e9tude linguistique et historique du genre \u00ab\u00a0pamphlet\u00a0\u00bben France de 1868 \u00e0 1968 (9). Pour Angenot, manich\u00e9isme, autojustification et fermeture du discours seraient trois caract\u00e9ristiques tendancielles de l&rsquo;ironie pamphl\u00e9taire, se pr\u00e9sentant \u00ab\u00a0comme un discours oppos\u00e9 \u00e0 celui de l&rsquo;Autorit\u00e9 et du Pouvoir tout en reproduisant de fa\u00e7on terroriste leurs traits\u00a0\u00bb (10). Or, Marcos expose \u00e0 la critique tout en s&rsquo;exposant \u00e0 (l\u2019) la (auto-)critique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les discours de Marcos, c&rsquo;est donc la figure m\u00eame du porte-parole rebelle qui est interrog\u00e9e. Pourtant la fonction de porte-parole, qui inclut la possibilit\u00e9 de la confiscation de la parole, constitue souvent un point aveugle des r\u00e9flexions militantes, encore plus dans les situations de lutte arm\u00e9e, o\u00f9 le vocabulaire viriliste vient serrer les boulons face aux urgences et aux p\u00e9rils de l&rsquo;action. Alors que le langage des armes porte le plus souvent \u00e0 la sacralisation des chefs gu\u00e9rilleros, Marcos s\u2019efforce, non sans difficult\u00e9s, de s&rsquo;\u00e9manciper de la logique du discours d&rsquo;importance v\u00e9hicul\u00e9e par tant de porte-parole. L&rsquo;humour serait d&rsquo;ailleurs, selon R\u00e9gis Debray, un \u00e9l\u00e9ment distinguant Marcos de Che Guevara\u00a0: \u00ab\u00a0Un chercheur d&rsquo;absolu poss\u00e9d\u00e9 par la Cause supr\u00eame ne peut envisager de la voir relativis\u00e9e par un bon mot. Du sacr\u00e9, nul ne peut s&rsquo;\u00e9carter et encore moins s&rsquo;esclaffer\u00a0\u00bb (11). L\u2019ironie humanise, en pointant ses fragilit\u00e9s, le combat h\u00e9ro\u00efque, mais encore trop enserr\u00e9 dans les filets de la recherche d\u2019absolu et de puret\u00e9, de r\u00e9volutionnaires comme Guevara.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s les multiples d\u00e9sillusions vis-\u00e0-vis de ceux qui annon\u00e7aient des \u00ab\u00a0jours radieux\u00a0\u00bb, qu\u2019il s\u2019agisse des crimes des communismes totalitaires, des \u00e9checs des gu\u00e9rillas classiques ou des palinodies de la gauche noy\u00e9e dans le march\u00e9, le retour critique sur soi est devenu une exigence politique pour Marcos. Narquois, il d\u00e9crit son arriv\u00e9e dans les villages indiens du Chiapas muni d&rsquo;un \u00ab\u00a0baratin politique\u00a0\u00bb de type \u00ab\u00a0marxiste-l\u00e9niniste\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0les absurdit\u00e9s qu&rsquo;on avait apprises&#8230;des trucs que personne ne comprenait\u00a0\u00bb (12). C\u2019est pourquoi \u00ab\u00a0il fallait chercher d&rsquo;autres mots, apprendre \u00e0 parler avec la population\u00a0\u00bb, et donc \u00ab\u00a0nous avons appris \u00e0 \u00e9couter; avant, on avait appris \u00e0 parler, comme toute la gauche (13). \u00ab\u00a0Nous avions une conception tr\u00e8s carr\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9. Lorsque nous nous sommes heurt\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, ce carr\u00e9 s\u2019est trouv\u00e9 tout caboss\u00e9. Comme cette roue qui se trouve l\u00e0. Et il commence \u00e0 rouler et \u00e0 se polir au contact des communaut\u00e9s.\u00a0\u00bb (14), m\u00e9taphorise Marcos. Ce nouveau porte-parole appara\u00eet conscient de ses faiblesses et accepte alors de s\u2019inscrire dans une dynamique continue d\u2019apprentissage\u00a0: \u00ab\u00a0Nous sommes le produit d&rsquo;une hybridation ou d&rsquo;une confrontation, dont nous sommes, et c&rsquo;est tant mieux, sortis vaincus\u00a0\u00bb (15). C\u2019est ce qui fait dire \u00e0 l\u2019historien J\u00e9r\u00f4me Baschet que \u00ab\u00a0le zapatisme appara\u00eet comme une critique en acte des exp\u00e9riences r\u00e9volutionnaires du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, en particulier de l\u2019h\u00e9ritage l\u00e9niniste et gu\u00e9variste\u00a0\u00bb (16).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le langage n\u00e9ozapatiste vise \u00e9galement une d\u00e9mocratisation \u2013 \u00ab\u00a0On voulait que n&rsquo;importe quel zapatiste, et en particulier la 2<sup>\u00e8me<\/sup> ou la 3<sup>\u00e8me<\/sup> t\u00eate, le moment venu, puisse mettre un passe-montagne et dire : \u00ab\u00a0c&rsquo;est moi Marcos\u00a0\u00bb (&#8230;) que chacun puisse \u00eatre Marcos\u00a0\u00bb (17) &#8211; et une d\u00e9sacralisation \u2013 \u00ab\u00a0Que diriez-vous d&rsquo;un <em>streap-tease<\/em> (\u00e7a s&rsquo;\u00e9crit comme \u00e7a\u00a0?) de passe-montagne ?\u00a0\u00bb (18). Les effets sont loin d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la hauteur des ambitions\u00a0: \u00e0 l&rsquo;encontre des vis\u00e9es initiales \u00ab\u00a0Marcos est aussi individualis\u00e9, ou plus, que s&rsquo;il n&rsquo;avait pas de passe-montagne (&#8230;) je veux dire que la nouveaut\u00e9, apparemment n&rsquo;est pas qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de \u00ab\u00a0caudillo\u00a0\u00bb (un chef), c&rsquo;est qu&rsquo;il y a un \u00ab\u00a0caudillo\u00a0\u00bb sans visage&#8230;\u00a0\u00bb (19). Il reste donc lucide sur les limites de la tentative. Toutefois ce discours donne quelques armes imparfaites contre les dangers de monopolisation de la parole et du pouvoir par ceux qui animent les luttes contre les oppressions sociales et \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marcos inscrit ainsi au c\u0153ur du langage politique la tension, tant refoul\u00e9e, entre la n\u00e9cessit\u00e9 du porte-parole pour faire exister les sans voix dans l&rsquo;espace public et les risques de la confiscation de la parole par les politiques lib\u00e9rateurs. Le principe n\u00e9ozapatiste \u00ab\u00a0mandar obedeciendo\u00a0\u00bb (commander en ob\u00e9issant) synth\u00e9tise ce paradoxe. On rejoint une tension in\u00e9vitable identifi\u00e9e par Pierre Bourdieu\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a une sorte d\u2019antinomie inh\u00e9rente au politique qui tient au fait que les individus &#8211; et cela d\u2019autant plus qu\u2019ils sont d\u00e9munis &#8211; ne peuvent se constituer (ou \u00eatre constitu\u00e9s) en tant que groupes, c\u2019est-\u00e0-dire en tant que force capable de se faire entendre et de parler et d\u2019\u00eatre \u00e9cout\u00e9e, qu\u2019en se d\u00e9poss\u00e9dant au profit d\u2019un porte-parole. Il faut toujours risquer l\u2019ali\u00e9nation politique pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019ali\u00e9nation politique\u00a0\u00bb (20). Point de solution d\u00e9finitive vis-\u00e0-vis de cette contradiction, nous disent Bourdieu et Marcos\u00a0: lucidit\u00e9 auto-critique, \u00e9ducation d\u00e9mocratique et dispositifs de contr\u00f4le collectif des porte-parole ne constituent que des outils partiels dans un \u00e9quilibre n\u00e9cessairement instable au milieu des impuret\u00e9s de la vie. Certains anarchistes pensent qu\u2019on peut r\u00e9soudre compl\u00e8tement cette contradiction en supprimant un de ses termes (les porte-parole). Pour Bourdieu et Marcos, le combat entre les d\u00e9rives de l\u2019institutionnalisation et l\u2019indispensable critique libertaire de ces d\u00e9rives appara\u00eet infini, m\u00eame s\u2019il peut prendre des formes historiques diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui dit lutte arm\u00e9e, ne dit pas fatalement, non plus, valeurs mortif\u00e8res. On s&rsquo;\u00e9loigne avec Marcos du classique \u00ab\u00a0la patrie ou la mort\u00a0\u00bb des gu\u00e9rillas classiques. On engage bien sa vie dans la lutte, mais cet h\u00e9ro\u00efsme quotidien, toujours ironique par rapport \u00e0 lui-m\u00eame, est un h\u00e9ro\u00efsme de vie : \u00ab\u00a0Nous ne voulons pas qu&rsquo;on h\u00e9rite de nous le culte de la mort. On veut laisser en h\u00e9ritage le culte de la lutte. Et comme on dit ici, pour lutter il faut \u00eatre en vie\u00a0; morts, on ne peut pas lutter.\u00a0\u00bb (21) Cet h\u00e9ro\u00efsme de vie, adoss\u00e9 \u00e0 une reconnaissance ironique des faiblesses humaines (et d\u2019abord celles du \u00ab\u00a0chef\u00a0\u00bb rebelle lui-m\u00eame), esquisse quelque chose comme un h\u00e9ro\u00efsme de la fragilit\u00e9. La figure admir\u00e9e de Che Guevara demeure un rep\u00e8re, mais ses vis\u00e9es d\u2019absolu et de puret\u00e9 sont d\u00e9plac\u00e9es pour donner une forme plus humaine \u00e0 la r\u00e9volte. On se rapproche de certains traits perceptibles dans la correspondance de Rosa Luxemburg. Le 2 mai 1917, la r\u00e9volutionnaire \u00e9crit de prison \u00e0 une amie\u00a0: \u00ab\u00a0au fond de moi, je me sens beaucoup plus chez moi dans un bout de jardin comme ici ou dans la campagne, sur l\u2019herbe, entour\u00e9e de bourdons que&#8230; dans un congr\u00e8s du parti\u00a0\u00bb, tout en ajoutant\u00a0: \u00ab\u00a0Vous le savez, j&rsquo;esp\u00e8re malgr\u00e9 tout que je mourrai \u00e0 mon poste, dans une bataille de rues ou au bagne. Mais mon moi le plus profond appartient plus \u00e0 mes m\u00e9sanges charbonni\u00e8res qu&rsquo;aux \u201ccamarades\u201c\u00a0\u00bb (22). \u00ab\u00a0Rosa la Rouge\u00a0\u00bb mourut d\u2019ailleurs assassin\u00e9e par des militaires en janvier 1919. Comme Marcos, Rosa est consciente de ses faiblesses, pleine du sentiment de son \u00ab\u00a0infime petitesse\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0au total je ne me consid\u00e8re pas plus importante que cette petite coccinelle\u00a0\u00bb, \u00e9crit-elle encore (23). Une diff\u00e9rence, cependant, entre Marcos et Rosa\u00a0: encore soumise au mod\u00e8le d\u2019un sacrifice militant totalisateur, \u00e9crasant l\u2019intime au profit du politique, elle exprime seulement sa fragilit\u00e9 dans des lettres priv\u00e9es, pas dans ses textes politiques. En faisant de la fragilit\u00e9 une mati\u00e8re et un th\u00e8me du langage politique, Marcos ouvre, en revanche, une nouvelle \u00e8re pour une politique de la fragilit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><em>Chevauchements spatio-temporels<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les rapports entre le local et le global tendent \u00e0 \u00eatre boulevers\u00e9s par Marcos. Il ne s\u2019agit pas seulement du \u00ab\u00a0penser globalement, agir localement\u00a0\u00bb mis \u00e0 l\u2019honneur par les \u00e9cologistes, mais \u00e9merge quelque chose comme un double mouvement plus complexe\u00a0: \u00ab\u00a0agir localement, penser globalement\/agir globalement, penser localement\u00a0\u00bb. Le langage n\u00e9ozapatiste et ses m\u00e9taphores activent un potentiel d&rsquo;universalisation, ancr\u00e9 dans des exp\u00e9riences particuli\u00e8res, allant des communaut\u00e9s indiennes au Mexique, du Mexique au Monde, via notamment Internet. Le chevauchement des valeurs communautaires, de l&rsquo;identit\u00e9 mexicaine et de l\u2019adresse internationaliste au nom de l\u2019humanit\u00e9 marque un va-et-vient entre la r\u00e9invention de traditions ancr\u00e9es g\u00e9ographiquement et l&rsquo;aspiration \u00e0 une modernit\u00e9 transnationale. La lutte se d\u00e9ploie sur diff\u00e9rents espaces\u00a0: locaux (le Chiapas), nationaux (le Mexique) et mondiaux. On n&rsquo;a pas affaire \u00e0 un combat qui se perdrait dans les accusations crois\u00e9es de localisme, de nationalisme ou d&rsquo;internationalisme abstrait. Il prend \u00e0 bras le corps, sans pr\u00e9tendre d&rsquo;ailleurs le r\u00e9soudre, le probl\u00e8me des articulations entre des groupes humains de tailles diff\u00e9rentes. \u00ab\u00a0Le zapatisme ne signifie pas fermeture et ne veut nullement reconstruire les compartiments \u00e9tanches qui s\u00e9paraient les peuples les uns des autres. Il ne veut pas non plus que les nations indiennes redeviennent ce qu\u2019elles furent avant la d\u00e9couverte et la conqu\u00eate des territoires. Ce qu\u2019il cherche, c\u2019est une fa\u00e7on de s\u2019int\u00e9grer dans les soci\u00e9t\u00e9s nationales, et au sein de la soci\u00e9t\u00e9 internationale, sans perdre son identit\u00e9, ni ses valeurs culturelles et, surtout, sans perdre la richesse de l\u2019\u00e9change d\u2019exp\u00e9riences diff\u00e9rentes\u00a0\u00bb, avance Marcos (24). Identit\u00e9s ouvertes et en mouvement, dialogue et m\u00e9tissage des dissemblances dans une dynamique d\u2019universalisation non uniformisatrice\u00a0: telle est une autre \u00e9quation difficile, \u00ab\u00a0sur le fil d\u2019un rasoir\u00a0\u00bb, du r\u00eave n\u00e9ozapatiste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette dialectique spatiale et culturelle s&rsquo;articule \u00e0 des r\u00e9f\u00e9rents \u00e9galement dispers\u00e9s dans le temps, \u00e0 partir desquels perce la possibilit\u00e9 d\u2019un \u00e0-venir ouvert. Le mouvement n\u00e9ozapatiste prend appui sur l&rsquo;effet r\u00e9trospectif-prospectif de traditions indiennes, mexicaines et internationalistes. \u00ab\u00a0De m\u00eame qu&rsquo;Alice d\u00e9couvre que pour atteindre la Reine Rouge, elle doit repartir en arri\u00e8re, nous aussi devons-nous retourner vers le pass\u00e9 pour pouvoir avancer et devenir meilleurs. Dans le pass\u00e9, nous trouverons des chemins pour l&rsquo;avenir. Et nous, vous, n&rsquo;avons pas d&rsquo;aspiration plus grande que l&rsquo;avenir. C&rsquo;est pour cela que le pass\u00e9 est important. Si quelque chose de nouveau na\u00eet, c&rsquo;est parce que meurt quelque chose de vieux. Mais dans le neuf, le vieux se prolonge et peut d\u00e9vorer l&rsquo;avenir si nous ne savons pas le contenir, le conna\u00eetre, lui parler, l&rsquo;\u00e9couter, en somme, si nous continuons d&rsquo;en avoir peur\u00a0\u00bb, explique Marcos (25). Contre la pr\u00e9tention \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9 du pr\u00e9sent n\u00e9olib\u00e9ral, un rapport critique au pass\u00e9 livrerait des ressources pour provoquer un avenir diff\u00e9rent. Cette \u00ab\u00a0affirmation d\u2019une alliance n\u00e9cessaire entre le pass\u00e9 et le futur\u00a0\u00bb (26) rejoint l\u2019inspiration m\u00e9lancolique de Walter Benjamin dans ses th\u00e8ses \u00ab\u00a0Sur le concept d\u2019histoire\u00a0\u00bb (1940), au croisement d\u2019un messianisme juif la\u00efcis\u00e9 et d\u2019un marxisme h\u00e9t\u00e9rodoxe (27). Benjamin nous invitait \u00e0 aller chercher dans le pass\u00e9 les voix recouvertes et oubli\u00e9es des vaincu-e-s afin de nous aider \u00e0 rep\u00e9rer de nouvelles bifurcations \u00e9mancipatrices.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><em>La question de la prise du pouvoir<\/em><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les n\u00e9ozapatistes ont souvent affirm\u00e9 que leur objectif \u00ab\u00a0n\u2019est pas de conqu\u00e9rir le pouvoir\u00a0\u00bb (28). Ce point a suscit\u00e9 des enthousiasmes (29) comme des critiques (30). Cependant le th\u00e8me de l\u2019antipouvoir d\u00e9fendu par John Holloway se pr\u00e9sente comme une th\u00e9orisation trop syst\u00e9matique, en d\u00e9calage avec les complexit\u00e9s et les t\u00e2tonnements de Marcos et des n\u00e9ozapatistes \u00e0 l\u2019\u00e9gard du probl\u00e8me.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout d\u2019abord, c\u2019est seulement la conqu\u00eate militaire du pouvoir qui est nettement r\u00e9cus\u00e9e : \u00ab\u00a0Tu ne peux pas, comme personne, aspirer \u00e0 ce que le monde que tu veux, le tien, ta patrie, soit dirig\u00e9 par des gens arm\u00e9s. Ce n&rsquo;est pas possible qu&rsquo;un militaire, m\u00eame tr\u00e8s gentil, tr\u00e8s sympa, tr\u00e8s beau et qui \u00e9crit bien, dirige les destins d&rsquo;une nation, pas plus qu&rsquo;un groupe de gens arm\u00e9s, m\u00eame un collectif. Quelqu&rsquo;un qui a d\u00fb recourir \u00e0 l&rsquo;argument des armes ne saurait conduire un pays avec justice. Il faut un civil\u00a0\u00bb (31). Les n\u00e9ozapatistes prennent acte du fait qu&rsquo;ils doivent agir dans un monde marqu\u00e9 par des rapports de force, sans pour autant f\u00e9tichiser les armes, en se d\u00e9fiant m\u00eame des armes. \u00ab\u00a0Si le but est la d\u00e9mocratie, le zapatisme arm\u00e9 n\u2019est pas une alternative de gouvernement\u00a0\u00bb, ajoute Marcos (32).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensuite, la distance critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la d\u00e9l\u00e9gation politique se prolonge dans une distance critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard des risques de la prise du pouvoir politique. Car le pouvoir menace de prendre ceux qui croient le prendre, comme l\u2019ont montr\u00e9 sous des formes diverses nombre de tentatives, qu\u2019elles aient \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9es de \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaires\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0r\u00e9formistes\u00a0\u00bb. Or l\u2019objectif principal des n\u00e9ozapatistes est plut\u00f4t de \u00ab\u00a0subvertir la relation de pouvoir\u00a0\u00bb, en allant \u00ab\u00a0vers une \u00ab\u00a0citoyennisation\u00a0\u00bb de la politique\u00a0\u00bb (33). Et prendre le pouvoir pour le transformer\u00a0? La question demeure en suspens chez les n\u00e9ozapatistes, qui manifestent davantage une m\u00e9fiance libertaire \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la prise du pouvoir qu\u2019un refus d\u00e9finitif, \u00e0 la diff\u00e9rence d\u2019Holloway. Leur prudence nous signale opportun\u00e9ment que prendre le pouvoir n\u2019est pas le seul moyen de changer radicalement une soci\u00e9t\u00e9. Est-ce \u00e0 dire qu\u2019il ne constitue plus un moyen important de transformation sociale\u00a0? On peut en douter. \u00c1 suivre\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Marcos.jpg?ssl=1\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-2894\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Marcos.jpg?resize=400%2C226&#038;ssl=1\" alt=\"Marcos\" width=\"400\" height=\"226\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Marcos.jpg?w=717&amp;ssl=1 717w, https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Marcos.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>_____________________<\/p>\n<p><strong>Notes du texte de 2006\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(1) Ignacio Ramonet, <em>Marcos. La dignit\u00e9 rebelle. Conversations avec le sous-commandant Marcos<\/em>, Paris, Galil\u00e9e, 2001, p.29.<\/p>\n<p>(2) Emiliano Zapata (1879-1919) a \u00e9t\u00e9 une des grandes figures de la R\u00e9volution mexicaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(3) Voir l\u2019article du sociologue mexicain Pablo Gonzalez Casanova, \u00ab\u00a0Les \u00ab\u00a0Escargots\u00a0\u00bb zapatistes\u00a0\u00bb, revue <em>ContreTemps<\/em>, n\u00b010, mai 2004, [<a href=\"http:\/\/www.contretemps.eu\/sites\/default\/files\/Contretemps%2010.pdf\" target=\"_blank\">http:\/\/www.contretemps.eu\/sites\/default\/files\/Contretemps%2010.pdf<\/a>].<\/p>\n<p>(4) Paco Ignacio Taibo II, sous-commandant Marcos, <em>Des morts qui d\u00e9rangent<\/em> (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.\u00a0: 2005), trad. fran\u00e7., Paris, Rivages, coll. \u00ab\u00a0Thriller\u00a0\u00bb, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(5) Bernard Duterme, dans une mise en parall\u00e8le des limites respectives des lectures d\u2019inspiration marxiste et de celles d\u00e9riv\u00e9es de la sociologie d\u2019Alain Touraine, pointe ainsi le risque pour une sociologie du mouvement n\u00e9ozapatiste de se limiter aux \u00e9crits de Marcos (dans \u00ab\u00a0Chiapas\u00a0: quelles lunettes pour des cagoules\u00a0?\u00a0\u00bb, <em>La Revue nouvelle<\/em>, Bruxelles, n\u00b04, avril 2005).<\/p>\n<p>(6) Marcos, \u00ab\u00a0Sept consid\u00e9rations de mai 2003\u00a0\u00bb, revue <em>ContreTemps<\/em>, n\u00b08, septembre 2003, p.145.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(7) Camille de Toledo, <em>Archimondain, jolipunk. Confessions d\u2019un jeune homme \u00e0 contretemps \u2013 Du cynisme \u00e0 l\u2019innocence<\/em>, Paris, Calmann-L\u00e9vy, 2002, pp.177-178.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(8) Marcos, <em>Ya Basta<\/em>, tome 1 : <em>Les insurg\u00e9s zapatistes racontent un an de r\u00e9volte aux Chiapas<\/em> (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d.\u00a0: 1994), texte annot\u00e9 par Maurice Lemoine et Tessa Brisac, r\u00e9\u00e9dition de 1996, pp.371-375.<\/p>\n<p>(9) Marc Angenot, <em>La parole pamphl\u00e9taire<\/em>, Paris, Payot, 1982.<\/p>\n<p>(10) <em>Ibid.<\/em>, p. 337.<\/p>\n<p>(11) R\u00e9gis Debray, <em>Lou\u00e9s soient nos seigneurs. Une \u00e9ducation politique<\/em>, Paris, Gallimard, 1996, p.170.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(12) Marcos, dans le film de Tessa Brisac et Carmen Castillo, <em>La v\u00e9ridique l\u00e9gende du sous-commandant Marcos<\/em>, 1994 (diffus\u00e9 sur Arte, le 8 mars 1995).<\/p>\n<p>(13)<em> Ibid.<\/em><\/p>\n<p>(14)<em> Ibid.<\/em><\/p>\n<p>(15) <em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(16) J\u00e9r\u00f4me Baschet, <em>L\u2019\u00e9tincelle zapatiste. Insurrection indienne et r\u00e9sistance plan\u00e9taire<\/em>, Paris, Deno\u00ebl, 2002, p.97 (r\u00e9\u00e9dition en format de poche sous le titre <em>La r\u00e9bellion, zapatiste<\/em>, Paris, Flammarion, collection \u00ab\u00a0Champs\u00a0\u00bb, 2005)<\/p>\n<p>(17) Marcos dans le film de T. Brisac et C. Castillo.<\/p>\n<p>(18) Marcos, <em>Ya Basta<\/em>, tome 1, <em>op. cit.<\/em>, p. 181.<\/p>\n<p>(19) Marcos dans le film de T. Brisac et C. Castillo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(20) Pierre Bourdieu, \u00ab\u00a0La d\u00e9l\u00e9gation et le f\u00e9tichisme politique\u00a0\u00bb (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d. : 1984), repris dans <em>Langage et pouvoir symbolique<\/em>, Paris, Seuil, coll. \u00ab\u00a0Points\u00a0\u00bb, 2001, pp.260-261.<\/p>\n<p>(21) Marcos dans le film de T. Brisac et C. Castillo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(22) Rosa Luxemburg, lettre de prison du 15 avril 1917, dans <em>J\u2019\u00e9tais, je suis, je serai! Correspondance 1914-1919<\/em>, trad. fran\u00e7., Paris, Fran\u00e7ois Maspero, 1977, p.232.<\/p>\n<p>(23)<em> Ibid.<\/em>, p.213.<\/p>\n<p>(24) Marcos, dans Ignacio Ramonet, <em>op. cit<\/em>., p.44.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(25) Marcos, \u00ab\u00a0Appel \u00e0 la cinqui\u00e8me rencontre europ\u00e9enne de solidarit\u00e9 avec la r\u00e9bellion zapatiste\u00a0\u00bb, janvier 1996, [<a href=\"http:\/\/palabra.ezln.org.mx\/comunicados\/1996\/1996_01_30.htm\" target=\"_blank\">http:\/\/palabra.ezln.org.mx\/comunicados\/1996\/1996_01_30.htm<\/a>].<\/p>\n<p>(26) Selon l\u2019expression de J\u00e9r\u00f4me Baschet, <em>op. cit.<\/em>, p.189.<\/p>\n<p>(27) Voir Michael L\u00f6wy, <em>Walter Benjamin\u00a0: Avertissement d\u2019incendie. Une lecture des th\u00e8ses <\/em>\u201c<em>Sur le concept d\u2019histoire<\/em>\u201c, Paris, PUF, 2001.<\/p>\n<p>(28) Marcos, dans Ignacio Ramonet, <em>op. cit.<\/em>, p.65.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(29) Pour une th\u00e9matisation positive de \u00ab\u00a0l\u2019anti-pouvoir\u00a0\u00bb, voir le politiste britannique John Holloway, <em>Change the World Without Taking Power<\/em>, Londres, Pluto Press, 2002 (traduction fran\u00e7aise en 2008 chez Syllepse et Lux, sous la titre <em>Changer le monde sans prendre le pouvoir. Le sens de la r\u00e9volution aujourd\u2019hui<\/em>), ainsi que \u00ab\u00a0Douze th\u00e8ses sur l\u2019anti-pouvoir\u00a0\u00bb, trad. fran\u00e7., revue <em>ContreTemps<\/em>, n\u00b06, f\u00e9vrier 2003, [<a href=\"http:\/\/www.contretemps.eu\/sites\/default\/files\/Contretemps%2006.pdf\" target=\"_blank\">http:\/\/www.contretemps.eu\/sites\/default\/files\/Contretemps%2006.pdf<\/a>].<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(30) Sur les risques de \u00ab\u00a0l\u2019anti-politique\u00a0\u00bb dans le n\u00e9ozapatisme, voir le sociologue argentin Atilio Bor\u00f3n, \u00ab\u00a0La montagne et la ville\u00a0\u00bb (1<sup>\u00e8re<\/sup> \u00e9d. en juin 2001), trad. fran\u00e7., revue <em>ContreTemps<\/em>, n\u00b06, f\u00e9vrier 2003, [<a href=\"http:\/\/www.contretemps.eu\/sites\/default\/files\/Contretemps%2006.pdf\" target=\"_blank\">http:\/\/www.contretemps.eu\/sites\/default\/files\/Contretemps%2006.pdf<\/a>].<\/p>\n<p>(31) Marcos dans le film de T. Brisac et C. Castillo.<\/p>\n<p>(32) Sous-commandant Marcos, Yvon Le Bot, <em>Le r\u00eave zapatiste<\/em>, Paris, Seuil, 1997, p.218.<\/p>\n<p>(33) Marcos, dans Ignacio Ramonet, <em>op. cit.<\/em>, p.66 et p.67.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6>Bibliographie en fran\u00e7ais (2006)<\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Le sous-commandant Marcos par lui-m\u00eame<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sous-commandant Marcos, <em>Ya Basta<\/em>, tome 1 : <em>Les insurg\u00e9s zapatistes racontent un an de r\u00e9volte aux Chiapas<\/em>, texte annot\u00e9 par Maurice Lemoine et Tessa Brisac, 1994 (r\u00e9\u00e9dition 1996)\u00a0; tome 2 : <em>Vers l\u2019internationale zapatiste<\/em>, texte annot\u00e9 par T. Brisac\u00a0; trad. fran\u00e7., Paris, Dagorno, 1996<\/p>\n<p>Sous-commandant Marcos, Yvon Le Bot, <em>Le r\u00eave zapatiste<\/em>, Paris, Seuil, 1997<\/p>\n<p>Ignacio Ramonet, <em>Marcos. La dignit\u00e9 rebelle. Conversations avec le sous-commandant Marcos<\/em>, Paris, Galil\u00e9e, 2001<\/p>\n<p>Paco Ignacio Taibo II, sous-commandant Marcos, <em>Des morts qui d\u00e9rangent<\/em> (1<sup>e<\/sup> \u00e9d.\u00a0: 2005), trad. fran\u00e7., Paris, Rivages, coll. \u00ab\u00a0Thriller\u00a0\u00bb, 2006<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Essais et commentaires<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Philippe Corcuff, \u00c9ric Doidy, Domar Idrissi, \u00ab\u00a0S\u2019\u00e9manciper des langues de bois\u00a0: originalit\u00e9 du langage zapatiste\u00a0\u00bb, dans Club Merleau-Ponty, <em>La pens\u00e9e confisqu\u00e9e<\/em>, Paris, la D\u00e9couverte, 1997, pp.273-287 (r\u00e9\u00e9dition dans la revue <em>Nord-Sud XXI<\/em>, Gen\u00e8ve, n\u00b016, 2001)<\/p>\n<p>J\u00e9r\u00f4me Baschet, <em>L\u2019\u00e9tincelle zapatiste \u2013 Insurrection indienne et r\u00e9sistance plan\u00e9taire<\/em>, Paris, Deno\u00ebl, 2002 (r\u00e9\u00e9d. en poche sous le titre <em>La r\u00e9bellion, zapatiste<\/em>, Paris, Flammarion, coll. \u00ab\u00a0Champs\u00a0\u00bb, 2005)<\/p>\n<p>Philippe Corcuff, \u00ab\u00a0L\u2019auto-ironie d\u2019un gu\u00e9rillero\u00a0: le sous-commandant Marcos\u00a0\u00bb, dans <em>La soci\u00e9t\u00e9 de verre \u2013 Pour une \u00e9thique de la fragilit\u00e9<\/em>, Paris, Armand Colin, 2002, pp.228-231<\/p>\n<p><em>Contretemps<\/em> n\u00b06,\u00a0 f\u00e9vrier 2003\u00a0: \u00ab\u00a0Changer le monde sans prendre le pouvoir\u00a0? Nouveaux libertaires, nouveaux communistes\u00a0\u00bb, [<a href=\"http:\/\/www.contretemps.eu\/sites\/default\/files\/Contretemps%2006.pdf\" target=\"_blank\">http:\/\/www.contretemps.eu\/sites\/default\/files\/Contretemps%2006.pdf<\/a>]<\/p>\n<p>Bernard Duterme, \u00ab\u00a0Chiapas\u00a0: quelles lunettes pour des cagoules\u00a0?\u00a0\u00bb, <em>La Revue nouvelle<\/em> (Bruxelles), n\u00b04, avril 2005, [<a href=\"http:\/\/www.revuenouvelle.be\/Chiapas-Quelles-lunettes-pour-des-cagoules\" target=\"_blank\">http:\/\/www.revuenouvelle.be\/Chiapas-Quelles-lunettes-pour-des-cagoules<\/a>]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Compl\u00e9ments bibliographiques 2014<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sous-commandant Marcos (avec la participation de la\u00a0 Commandante Hortensia et du Lieutenant-Colonel Mois\u00e9s), <em>Saisons de la digne rage<\/em>, pr\u00e9sentation de J\u00e9r\u00f4me Baschet, Paris, Climats\/Flammarion, 2009<\/p>\n<p>Sous-commandant Marcos, <em>Eux &amp; nous<\/em>, pr\u00e9face de J\u00e9r\u00f4me Baschet, \u00c9ditions de l\u2019Escargot, 2013<\/p>\n<p>Sous-commandant Marcos, <em>\u00c9thique et politique<\/em>, pr\u00e9face de J\u00e9r\u00f4me Baschet, \u00c9ditions de l\u2019Escargot, 2013<\/p>\n<p>J\u00e9r\u00f4me Baschet, <em>Adieux au capitalisme. Autonomie, soci\u00e9t\u00e9 du bien vivre et multiplicit\u00e9 des mondes<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, 2014<\/p>\n<p>Antonio Fuentes D\u00edaz, Francisco Javier G\u00f3mez Carpinteiro, John Holloway, Fernando Matomoros Ponce, Vittorio Sergi et Sergio Tischler, <em>N\u00e9ozapatisme : \u00c9chos et traces des r\u00e9voltes indig\u00e8nes<\/em>, Paris, \u00c9ditions Syllepse, 2012<\/p>\n<p>Guillaume Goutte, <em>Tout pour tous\u00a0! L\u2019exp\u00e9rience zapatiste, une alternative concr\u00e8te au capitalisme<\/em>, Paris, Libertalia, 2014<\/p>\n<p><em>Zapatisme\u00a0: la r\u00e9bellion qui dure. Points de vue du Sud<\/em>, revue <em>Alternatives Sud<\/em> (Louvain-la-Neuve et Paris, Centre Tricontinental et \u00c9ditions Syllepse), volume 21, 2014, n\u00b02<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>&#8211; Documentaire &#8211;<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>La v\u00e9ridique l\u00e9gende du sous-commandant Marcos<\/em>, un film de Tessa Brisac et Carmen Castillo, 1994, diffus\u00e9 sur Arte, le 8 mars 1995.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>&#8211; Sites Internet &#8211;<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>En fran\u00e7ais<\/strong><\/p>\n<p>Site du Comit\u00e9 de solidarit\u00e9 avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL)\u00a0: <a href=\"http:\/\/cspcl.ouvaton.org\/\" target=\"_blank\">http:\/\/cspcl.ouvaton.org\/<\/a><\/p>\n<p>Site La voie du jaguar\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.lavoiedujaguar.net\/\" target=\"_blank\">http:\/\/www.lavoiedujaguar.net\/<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>En espagnol<\/strong><\/p>\n<p>Site officiel de l\u2019EZLN\u00a0: <a href=\"http:\/\/enlacezapatista.ezln.org.mx\/\" target=\"_blank\">http:\/\/enlacezapatista.ezln.org.mx\/<\/a><\/p>\n<p>Revue n\u00e9ozapatiste <em>Rebeldia<\/em>\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.revistarebeldia.org\/\" target=\"_blank\">http:\/\/www.revistarebeldia.org\/<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Avant-propos (janvier 2015) &nbsp; &nbsp; \u00ab\u00a0Si vous me permettez de d\u00e9finir Marcos, le personnage, alors je dirais sans h\u00e9siter que c&rsquo;\u00e9tait un h\u00e9t\u00e9roclite.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Derni\u00e8res paroles publiques\u00a0\u00bb du sous-commandant Marcos, 25 mai 2014, La Realidad (Chiapas, &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":2892,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[28,31],"tags":[235,234,238,241,237,78,240,236,239],"class_list":["post-2891","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-analyses","category-la-pensee-libertaire-philosophie","tag-charb","tag-charlie-hebdo","tag-espagne","tag-front-de-gauche","tag-grece","tag-philippe-corcuff","tag-podemos","tag-sous-commandant-marcos","tag-syriza"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.grand-angle-libertaire.net\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Charb-Marcos.jpg?fit=694%2C656&ssl=1","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/pc9uqr-KD","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2891","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2891"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2891\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2892"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2891"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2891"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.grand-angle-libertaire.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2891"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}